On voit ici une photo du projet de conversion de lampadaires aux DEL réalisé par Énergère à Blainville en 2015.

Des lampadaires intelligents à Bromont

Bromont s’apprête à convertir l’ensemble de ses lampadaires aux diodes électroluminescentes (DEL). Un projet estimé à près d’un demi-million de dollars. Outre la diminution de la pollution lumineuse et des factures d’énergie et d’entretien, cette initiative permettra à la municipalité de pousser un cran plus loin le concept de « ville intelligente ».

D’ici l’automne, Bromont devrait remplacer jusqu’à 838 lampadaires au sodium haute pression sur son territoire. La Ville économiserait annuellement entre 50 000 $ et 60 000 $. « En tant que municipalité qui se veut plus écologique et intelligente, le remplacement de tout l’éclairage de rues par des DEL est une approche tout à fait logique », a indiqué en entrevue le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, précisant que seuls quelques luminaires « décoratifs » avaient déjà été convertis.

Bromont a décidé d’effectuer cette transformation à grande échelle après avoir été approchée par Énergère, une firme spécialisée dans les « services éconergétiques ». En fait, la proposition découle d’un programme chapeauté par la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Lancé en février dernier au terme d’un vaste appel d’offres remporté par Énergère, ce nouveau service est ouvert à l’ensemble des villes à travers la province, leur permettant de bénéficier de « conditions préférentielles pour la modernisation de leur réseau d’éclairage de rues. »

Selon le président de la FQM, Jacques Demers, « on parle de 70 % d’économie d’énergie en moyenne grâce aux DEL. » Notons que le programme concerne uniquement les lampadaires de type « cobra », dont la majorité est fixée aux poteaux d’Hydro-Québec.

Clé en main
À Bromont, la facture pour la conversion des lampadaires avoisine 450 000 $. Or, la municipalité n’assumera pas de frais d’entretien durant les huit prochaines années. « L’entente prévoit qu’Énergère garantit les nouveaux luminaires pièces et main-d’œuvre durant cette période, a expliqué le directeur des travaux publics, David Charbonneau. [...] C’est majeur quand on pense que la Ville allouait entre 25 000 $ à 40 000 $ par an pour des réparations, entre autres des luminaires brûlés. » Notons que le contrat avec Énergère, qui complète actuellement l’analyse du dossier, devra au préalable avoir l’aval des membres du conseil. Si tout se déroule comme prévu, les travaux devraient s’amorcer à la mi-septembre et s’échelonner sur près d’un mois, a mentionné M. Charbonneau.

De plus, soulignons que Bromont a opté pour un système à 3000 kelvins (K). « C’est une lumière beaucoup mieux adaptée pour diminuer la pollution lumineuse », a indiqué Éric Sévigny. Rappelons que des équipements aux DEL plus puissants (4000 K), et diffusant des rayons bleutés, ont été retirés des quartiers résidentiels par plusieurs municipalités au Québec. Plusieurs spécialistes ont évoqué que ce type d’éclairage a une incidence sur la santé publique, car il perturbe notamment la production de mélatonine, qui intervient dans le cycle du sommeil.

Applications
Un des volets du programme intéressant particulièrement Bromont tient au fait que les nouveaux équipements seront dotés d’un système de gestion « intelligent » de l’éclairage. « Ça va nous permettre de mettre en place plusieurs applications liées à notre concept proposé pour le Défi des villes intelligentes [NDLR : les finalistes du Défi seront dévoilés cet été]. »

Chacun des luminaires devient une espèce d’antenne capable de relayer de l’information, a imagé le DG, faisant le parallèle avec les systèmes « wi-fi ». « Dans le fond, a renchéri David Charbonneau, c’est comme si on se dotait d’une plateforme intelligente. Et le réseau de lampadaires sert de passerelles. Autant avec le réseau cellulaire qu’avec d’autres systèmes. »

Les nouvelles interfaces permettraient à Bromont de tamiser la lumière de certaines rues après 23 h et ainsi réduire considérablement la consommation d’électricité, a cité en exemple Éric Sévigny. « On pourrait aussi installer des capteurs sur des poubelles de la rue Shefford. Les lampadaires nous transmettraient le signal lorsque l’une d’elles serait pleine. Ça éviterait d’avoir à envoyer systématiquement un employé pour faire une tournée », a ajouté David Charbonneau.

Comme chaque lampadaire serait géolocalisé, ils pourront jouer le rôle de station météorologique. La détection d’un problème sur un équipement dans le réseau sera aussi beaucoup plus rapide, a fait valoir le directeur des travaux publics.