L'homme a notamment admis « avoir dans son véhicule des jumelles et des lampes de poche ». Il a aussi reconnu « avoir vu [Christine] avec ses enfants se baigner et qu'ils sont venus en VTT » dans un lac aménagé sur le terrain de plusieurs acres appartenant au couple.

Des jours d'angoisse pour une famille de Shefford

Un homme condamné il y a une vingtaine d'années pour contacts sexuels avec des mineurs vient d'être reconnu coupable de harcèlement criminel envers une famille de Shefford. Normand Blampin, 63 ans, est passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 10 ans. Il reviendra devant la cour pour sa sentence le 3 février.
Le couple et ses trois enfants ont vécu des heures d'angoisse, se sentant sur le qui-vive durant plusieurs mois en raison du harcèlement de l'accusé à leur endroit. David, le conjoint de Christine (noms fictifs), a accepté de parler de cette épreuve à La Voix de l'Est
« La famille, c'est ce qu'il y a de plus important. Quand tu vois quelqu'un de louche espionner ta femme et tes enfants à répétition, c'est normal d'avoir peur pour leur sécurité. C'est comme si quelque chose de dangereux [planait] toujours au-dessus de nous. Ça nous a pas mal ébranlés, cette histoire. Maintenant, j'espère qu'on va pouvoir passer à autre chose ». 
Les faits reprochés se sont déroulés d'avril à août 2015. « À compter du printemps 2015, [Christine] et son conjoint, de même que leurs enfants remarquent que vers 20 h, ou vers le coucher du soleil, un véhicule passe devant la résidence et poursuit sa route jusqu'à une petite halte attenante à la piste cyclable. À cet endroit, une personne, l'accusé selon eux, sort de son véhicule et s'installe à la table à pique-nique d'où il semble observer la maison. Après y être demeuré ce qui semble de très nombreuses minutes selon la plaignante, entre 30 minutes à 1 heure, l'accusé remonte dans son véhicule et repart lentement », peut-on lire dans le jugement.
Inquiets, le père de famille et sa conjointe sont allés à la rencontre de Normand Blampin. « Je l'ai intercepté la première fois de nuit. On n'a pas de rideaux chez nous, alors c'est très facile de voir dans la maison. Dès que j'ai commencé à lui poser des questions, il est devenu agressif, s'est remémoré David. Il avait une longue-vue, une lampe de poche et il était habillé en noir. Il disait qu'il ne faisait rien de mal, qu'il relaxait en regardant le ciel. C'était évident qu'il ne disait pas la vérité, alors on a averti la police. »
Surveillance
Le sexagénaire a été interpellé une première fois par les forces de l'ordre le 17 avril 2015. « Normand Blampin est très nerveux, sa voix tremble. L'accusé indique aux policiers être venu voir les étoiles. Les policiers constatent qu'il y a des vêtements sombres dans son véhicule. Quant aux étoiles, les policiers notent que le ciel est couvert et qu'il n'y a donc vraisemblablement pas d'étoile à regarder. Ils informent l'accusé qu'ils considèrent son comportement bizarre, indiquent qu'ils surveilleront le secteur et qu'ils s'inquiètent de sa présence », mentionne le document de la Cour du Québec.
Après cet épisode avec les agents de la paix, l'homme aurait diminué la fréquence de ses visites dans le secteur, sans toutefois y mettre un terme. « Je l'ai vu plusieurs fois nous espionner avec ses jumelles. Je savais que ce n'était pas pour moi qu'il venait, raconte David. Quand les enfants étaient seuls à la maison, ils nous appelaient pour nous dire qu'ils voyaient le véhicule dans le coin. Ça ne pouvait plus durer. Il fallait que quelque chose se passe. »
Cette affaire de harcèlement a culminé le 25 août, lorsque Normand Blampin a été arrêté par les policiers après une altercation avec les plaignants à proximité de leur résidence.
Lourd passé
L'accusé n'en était pas à sa première offense. Une recherche au plumitif a révélé que le résident de Warden a un lourd passé en matière d'actes criminels. À ce chapitre, on dénombre pas moins de 19 inscriptions au registre : possession de drogue, vente frauduleuse d'un bien immeuble, voies de fait graves causant des lésions, non-respect de ses engagements à plusieurs reprises et possession d'armes illégales, entre autres. Il a également plaidé coupable, en juillet 1992, à deux chefs d'accusation de contacts sexuels avec des mineurs. Il a alors écopé de 10 jours d'emprisonnement discontinus et de 120 heures de travaux communautaires.
Crédibilité
Le verdict du juge Serge Champoux est sans équivoque. Il a rejeté du revers de la main la défense de l'accusé, qui a tenté de démontrer que son comportement n'avait rien de harcelant. Or, l'homme a notamment admis « avoir dans son véhicule des jumelles et des lampes de poche ». Il a aussi reconnu « avoir vu [Christine] avec ses enfants se baigner et qu'ils sont venus en VTT » dans un lac aménagé sur le terrain de plusieurs acres appartenant au couple. « La première question à trancher est de savoir si je crois l'accusé. En un mot, la réponse est non. [...] Je ne retiens pas sa version, qui n'est aucunement crédible et qui ne soulève pas non plus de doute raisonnable dans mon esprit. [...] Il n'y a pas un iota de preuve qui suggère un but innocent à la conduite de l'accusé. Normand Blampin a été rencontré par les policiers dans le mois d'avril 2015 et connaissait très bien le désir de [Christine] d'être laissée tranquille », a fait valoir le magistrat.
Il n'a pas été possible d'obtenir les propos de la procureure de la Couronne, Me Geneviève Crépeau. De son côté, Me Élise Henderson à la défense a refusé de commenter le dossier.