Armés de tam-tams, d’instruments de musique et de pancartes aux slogans écologistes faites de matières recyclées, les quelque 250 marcheurs ont scandé « Sauvons la planète » avec énergie.

Des jeunes marchent pour la planète

Ils étaient plus de 250 à s’être donné rendez-vous au parc Davignon, à Cowansville, avec pour mission d’offrir une planète plus saine à leurs enfants.

Armés de tam-tams, d’instruments de musique et de pancartes aux slogans écologistes faites de matières recyclées, les marcheurs ont scandé « Sauvons la planète » avec énergie.

La jeune Eve Larocque, 12 ans, incarnait l’essence du mouvement international initié par la Suédoise Greta Thunberg.

« Les enfants de mon âge et ceux qui nous suivront n’auront pas la vie facile. Il y a plus d’arbres qui tombent dans nos forêts que d’arbres qui restent debout, grands et forts. Il y a des bateaux en mer qui coulent et du plastique dans nos océans qui tuent les coraux et les animaux marins. Nous achetons des produits suremballés qui viennent de l’autre bout de la Terre plutôt que de se les procurer localement. Des champs de maïs sont arrosés de produits chimiques et les gens ne s’en préoccupent pas. Nous avons des usines qui produisent sans arrêt et qui envoient des déchets dans l’atmosphère. Les personnes qui ont le pouvoir n’agissent pas alors qu’on aurait dû faire demi-tour depuis déjà plusieurs années. Si chaque individu posait un geste concret, on pourrait peut-être changer les choses », a-t-elle affirmé devant la foule, ce qui lui a valu une salve chaleureuse d’applaudissements.

Les enfants à l’avant-plan

Contrairement à de nombreuses autres marches organisées dans la province et dans le monde, celle de Cowansville n’était pas menée de front par des étudiants des niveaux collégial ou secondaire, mais par des parents accompagnés de leurs enfants d’âge primaire.

Un des organisateurs du rassemblement, James Lamoureux, s’est présenté avec ses trois filles. « Nous sommes ici pour les enfants, a-t-il lancé tout de go. Ils ont des choses à dire et les gens les écoutent enfin. »

« On vous a donné une planète écorchée, a-t-il déclaré aux principaux intéressés, quelques minutes avant le départ du cortège. Mais vous n’avez pas besoin d’attendre de grandir pour amorcer le changement. Le pillage et le mépris de la Terre ne peuvent pas continuer ainsi. »

Sylvain Tremblay et sa conjointe n’avaient peut-être pas d’enfant avec eux vendredi, mais cela ne les a pas empêchés de venir marcher avec le groupe dans l’espoir d’offrir un monde meilleur aux générations futures.

« On veut inciter le gouvernement et les gens à prendre des actions concrètes, a clamé M. Tremblay. Il faut plus que des intentions. »

La Bromontoise Francine Moreau s’est pour sa part qualifiée de « grand-mère éco-anxieuse ». « Ma vie à moi est pas mal faite, mais j’ai cinq petits-enfants et je suis inquiète pour l’avenir », a confié celle qui brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Pour la suite du monde », en référence à un film de Pierre Perreault.

Réduire les GES

La moitié de la procession était également composée d’élèves de l’école primaire Curé-A.-Petit, qui ont été accueillis en véritables héros à leur arrivée au point de rassemblement.

« On marche pour que les gens et les usines arrêtent de polluer. Il faut dire aux gens de faire attention à la planète pour l’avenir. Il faut arrêter de rouler avec des voitures qui utilisent le pétrole », a affirmé Raphael Beauvais, élève de sixième année.

Des propos qui rejoignent ceux de Gérald Brady, venu marcher avec son jeune fils. « Dans 10 ans, on aura atteint une production de gaz à effet de serre (GES) qui aura dépassé le 1,5 degré Celcius fatidique [pour que le changement climatique soit irréversible], prévient-il. Tout le monde s’en fout, mais c’est urgent ! Je veux que le gouvernement adopte une loi pour forcer la réduction des GES. »

Un député sur place

Le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, a pris part à l’événement, lui qui ne cache pas ses valeurs environnementales.

« Quand je suis revenu en politique il y a trois ans, j’ai dit que je revenais pour deux lacs, a-t-il confié à La Voix de l’Est. L’avenir de la planète est un enjeu important et c’est formidable que des jeunes prennent tout ça en main. »

L’élu a profité de sa présence pour faire signer une pétition aux participants concernant un projet de loi qu’il a l’intention de déposer pour mettre à jour le traité Canada-États-Unis concernant la protection des cours d’eau limitrophes aux deux pays.

Des centaines d’étudiants de l’école Jean-Jacques-Bertrand ont pris part au mouvement mondial pour le climat.

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LES ÉTUDIANTS MOBILISÉS À FARNHAM

Des centaines d’étudiants de la polyvalente Jean-Jacques-Bertrand de Farnham se sont ralliés au mouvement mondial pour le climat, vendredi. Des membres du personnel et des élus municipaux se sont également joints au groupe en guise d’appui. 

« Ça nous tient à cœur. Et on espère que le gouvernement va entendre ça et qu’il va prendre des mesures concrètes », affirme Fanilou Lariel-Gauld, une étudiante en 2e secondaire qui est l’instigatrice de la marche qui s’est déroulée vendredi après-midi dans les rues de Farnham. 

Ses amies et elle ont rallié des centaines de leurs camarades au mouvement. Des affiches et une immense banderole portant des slogans environnementaux ont été créées par les adolescentes pour appuyer leur message. « On a voulu aider la cause. On s’est dit si on peut aider, si on peut faire que notre planète soit mieux, on fera tout ce qui est de notre possible », dit Joé Boisard, une autre jeune fille impliquée. 

Pendant une quarantaine de minutes, escortés par un camion du service des incendies, ils ont marché pour la cause. Leur message était clair : « On veut l’aide du gouvernement pour apporter un changement, pour faire de notre avenir quelque chose de le fun au lieu d’avoir peur de voir la planète se détruire, dit Fanilou Lariel-Gauld. On n’a plus beaucoup de temps pour faire changer les choses, donc il faudrait prendre des mesures concrètes comme investir plus en environnement que dans les pétrolières par exemple. »

Le maire et le directeur emboîtent le pas

Le maire de Farnham, Patrick Melchior, et le directeur de la polyvalente, Gaétan Brault, ont embarqué dans le projet en aidant les jeunes à concrétiser cette marche. « C’est dans ma nature l’environnement, a dit M. Melchior, quelques minutes avant le départ de la marche. Je ne pouvais pas dire non. »

Il s’est d’ailleurs adressé aux centaines de jeunes : « Je suis fier de l’action que vous faites. Ne cessez jamais de poser ces actions-là. Le monde a besoin de vous ! »

Des conseillers municipaux et des membres du personnel de la polyvalente ont aussi marché avec les adolescents. KARINE BLANCHARD