Le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle (à gauche), rappelle l’importance des jardins de pluie pour assurer la santé du lac.
Le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle (à gauche), rappelle l’importance des jardins de pluie pour assurer la santé du lac.

Des jardins intelligents à créer à Waterloo

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
La Ville de Waterloo donne un coup de barre de plus pour assainir son lac. Les citoyens sont maintenant invités à créer, chez eux, des jardins intelligents pour gérer les eaux de ruissellement. Pour y arriver, de l’aide financière et technique leur sera offerte.

Les Waterlois qui se lanceront dans cette aventure profiteront en effet d’une subvention couvrant 50% de leurs frais d’aménagement, jusqu’à concurrence de 750 $. Des conseils et l’accompagnement gratuit d’un technicien en environnement sont aussi fournis aux participants.

Ce n’est pas la première fois que le concept des jardins de pluie — ou jardins intelligents — est abordé à Waterloo. Il en avait notamment été question en février 2019 au cours d’une soirée d’information à laquelle avaient pris part plusieurs résidants et promoteurs immobiliers.

On sait que de tels aménagements représentent une solution efficace pour éviter que l’eau de pluie et la fonte des neiges se déversent directement dans le plan d’eau, entraînant avec elles de l’azote, du phosphore et des polluants. Ces matières sont responsables de la prolifération des algues bleues, entre autres.

En créant ces plates-bandes écologiques, peu dispendieuses et esthétiques, à partir de plantes vivaces et indigènes, on s’assure de filtrer une bonne partie des eaux de ruissellement. Cela permet également de recharger la nappe phréatique et d’inventer de nouveaux milieux pour la faune et la flore.

Le projet des jardins de pluie est une initiative conjointe des Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW) et la Ville de Waterloo. Un octroi de 60 000 $ de la MRC de la Haute-Yamaska a permis sa mise en oeuvre.

«Nous estimons que c’est une excellente façon de réduire l’apport des sédiments dans le lac», estime le maire Jean-Marie Lachapelle. La présence de tels jardins permet du même coup de réduire les investissements municipaux liés à l’installation d’égouts pluviaux.

Soucieuse de donner l’exemple, la municipalité aménagera elle-même un jardin intelligent au parc des Générations, où on observe des problèmes de ruissellement des eaux de surface. Prévus plus tôt cette année, les travaux devraient s’amorcer cet automne.

Un premier jardin

Marilou Asselin possède déjà, avec son conjoint Étienne, une maison solaire passive qu’ils ont bâtie dans la rue Southern. Leur fibre écologique s’est transposée tout naturellement à l’extérieur de leur résidence. Verte jusqu’au bout des doigts, Mme Asselin souhaitait aménager chez elle un jardin intelligent pour mieux absorber l’eau et réduire la pression des polluants sur le lac Waterloo, situé à proximité.

Elle est maintenant la première Waterloise à avoir un tel aménagement sur son terrain. Pour elle, il s’agit non seulement de la continuité logique à son projet de maison Leed, mais aussi le début de sa prochaine forêt nourricière. Elle y a d’ailleurs planté plusieurs plantes comestibles. Aidée de quelques paires de bras et d’un peu de machinerie, Marilou Asselin a mis une journée à réaliser les travaux.  

Comme tous les citoyens qui décideront d’aller de l’avant, elle peut compter sur un permis gratuit de la Ville, qui fournit aussi du terreau et du paillis aux participants. 

Pour les assister techniquement dans ce projet de réseau de jardins intelligents — on espère qu’une dizaine de jardins de ce type verront le jour cette année et autant l’an prochain —, les ABVLW et la Ville peuvent compter sur l’OBV Yamaska.   

Pour en savoir davantage sur le programme, on consulte le www.jardinsintelligents.org

Le premier jardin de pluie privé de Waterloo, créé sur la propriété de Marilou Asselin, rue Southern.