Une quinzaine d’infirmières du CLSC de Granby se sont réunies, jeudi, pour dénoncer les mesures de délestage imposées qui, croient-elles, mettent la sécurité de la clientèle en péril.
Une quinzaine d’infirmières du CLSC de Granby se sont réunies, jeudi, pour dénoncer les mesures de délestage imposées qui, croient-elles, mettent la sécurité de la clientèle en péril.

Des infirmières du CLSC de Granby sur le qui-vive

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Alors que les besoins en soins à domicile sont criants dans la région, notamment en contexte de pandémie, le spectre de mesures de délestage au CLSC de Granby fait craindre le pire pour la clientèle, déplorent de nombreuses infirmières ainsi que leur syndicat.

«Il y a trois semaines, on nous a imposé des gardes obligatoires de 12h dans des résidences privées à travers Granby lorsqu’il y a des absences de personnel dû à la COVID. C’est un non-sens. D’un côté, ça va causer des bris de service en soins à domicile. Sans compter que ça augmente le risque de transmission du virus parce qu’on nous envoie voir des patients positifs dans des CHSLD, pour ensuite nous envoyer travailler à l’hôpital et dans d’autres résidences. Vraiment, il n’y a aucune logique», déplore une représentante des infirmières du CLSC de Granby, préférant que l’on taise son identité.

La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin.

Selon cette dernière, ces mesures touchent la trentaine d’infirmières qui travaillent au CLSC Yvan-Duquette, établi rue Déragon. De plus, les infirmières travaillent normalement en rotation une fin de semaine sur six. On leur demande maintenant d’accroître la cadence à un week-end sur deux. Une exigence qui va à l’encontre de toute logique, estime la même personne. Un éclaircissement du CIUSSS de l’Estrie s’impose, dit-elle.

Une quinzaine d’infirmières se sont par ailleurs regroupées dans le stationnement du CLSC de Granby, jeudi, afin de dénoncer la situation. «On veut que la haute direction vienne nous rencontrer. Si on nous dit que nos patients sont en danger, on va travailler une fin de semaine sur deux, fait valoir la représentante du groupe. Mais pas pour aller dans d’autres établissements et dégarnir les soins à domicile pour lesquels on répond à la demande avec tout notre personnel.»

Improvisation

Selon la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, l’application «mur à mur» de l’arrêté ministériel permettant de réaffecter du personnel de la santé ressemble davantage à de l’improvisation. Du moins en Estrie.

La chef syndicale est catégorique: «le personnel a raison de s’inquiéter», clame-t-elle. «Si on se met à déplacer les équipes qui donnent des soins à domicile, un service essentiel dans le réseau de la santé, on peut mettre des patients à risque. Lorsqu’on tente d’avoir des explications de l’employeur, on nous dit qu’on se prépare. Mais à quoi et comment? Il faut être à la fois rigoureux et logique avec la COVID. On ne peut pas envoyer du personnel à droite et à gauche en se croisant les doigts que personne ne propage le virus d’un établissement à l’autre. Il faut protéger les patients et notre personnel. C’est primordial.»