Les producteurs forestiers peuvent adapter leurs pratiques pour limiter les impacts des changements climatiques sur leurs forêts.

Des impacts sur les forêts

Les changements climatiques ne perturbent pas que les secteurs côtiers. Ils ont également des impacts sur les forêts. Les producteurs forestiers devront adapter leurs pratiques d’exploitation à cette nouvelle réalité s’ils veulent continuer de tirer profit de ces ressources.

Fortes pluies, averses soudaines, cycles de gel-dégel déréglés, les changements climatiques modifient déjà les forêts, signale Caroline Daguet, biologiste à Corridor appalachien. Ne pas en tenir compte pourrait affecter leur valeur économique et écologique, dit-elle. Le sud du Québec, où on compte plusieurs terres privées exploitées à des fins forestières, est directement concerné.

Trois problèmes, créés par les changements climatiques, guettent les forêts : l’essaim d’espèces envahissantes, la dégradation de la qualité de l’eau des ruisseaux et le déplacement de la faune vers le nord.

Une mauvaise planification des coupes peut ouvrir la porte à l’arrivée d’espèces envahissantes, signale Mme Daguet. Elle donne l’exemple de l’agrile du frêne et du nerprun bourdaine. Ces espèces profitent des éclaircies dans les forêts pour s’implanter. Une fois installées, elles se reproduisent rapidement au détriment des espèces natives, rappelle-t-elle.

Les techniques d’exploitation forestière entrainent par ailleurs des problèmes d’érosion du sol qui se répercutent sur la qualité de l’eau des ruisseaux et raison des sédiments qui s’y retrouvent.

Finalement, le réchauffement du climat a pour effet de pousser les animaux à se déplacer sur de plus grandes distances.

Solutions
Des solutions existent pour que les producteurs forestiers réduisent les effets de ces impacts sur leurs forêts. Les coupes d’arbres devraient idéalement se faire l’hiver, lorsque le sol est gelé, pour limiter les dommages, indique Mme Daguet. Les producteurs peuvent également réduire le nombre de passages à gué dans les ruisseaux afin de ne pas provoquer de l’érosion. Il est suggéré de louer des ponts temporaires pour permettre aux équipements de franchir de petits cours d’eau.

Les experts de la faune suggèrent par ailleurs de maintenir des zones de connexion entre les boisés pour permettre aux animaux de circuler. Des coupes forestières peuvent éliminer ces zones, ce qui peut affecter la qualité de la chasse sportive. Les forêts privées sont des lieux recherchés pour la chasse aux cerfs, aux gélinottes et aux dindons.

Ces enjeux seront traités lors d’une matinée d’information. L’évènement, organisé par l’Association forestière du sud du Québec, aura lieu le jeudi 22 mars, de 9h à 12h, au Centre Lac-Brome (270, rue Victoria, dans le secteur de Knowlton), dans la salle Buchanan 2.

Lors de cette activité, deux conférences sont proposées : celle de Mme Daguet et de sa collègue Véronique Thibault, qui portera sur la connectivité des habitats fauniques et forestiers, ainsi que celle de Jean-Claude Thibault, du Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL). Ce dernier traitera de techniques d’aménagement des chemins forestiers pour limiter leurs impacts sur les cours d’eau.

Pour information : pierreb.afsq@videotron.ca