Le salon des métiers d’art Roche, papier, ciseaux présentait le travail de 38 artisans, dont certains venaient d’aussi loin que Rimouski .

Des heures de route pour Roche, papier, ciseaux

Le salon des métiers d’art contemporain de Bromont, « Roche papier ciseaux », attire à nouveau des artisans d’un peu partout au Québec, charmés par la proposition de ce marché de Noël unique.

Pour cette 8e édition, le salon proposait encore plus d’exposants en ajoutant cette fois-ci l’espace du sous-sol du Centre culturel St-John, ce qui a permis d’accueillir 38 artisans. En effet, « des gens sont arrivés à la dernière minute, mais c’était trop du bon monde pour les refuser, confie l’organisatrice et céramiste Rachel Grenon. J’ai ouvert les “undergrounds” parce qu’ils sont au sous-sol. »

Parmi ces quatre artisans qui se sont joints tardivement, deux ont fait beaucoup de route pour se rendre à Bromont. Pascale Faubert, qui se spécialise dans l’impression textile et la sérigraphie, a ainsi roulé plus de cinq heures pour faire Rimouski-Bromont. « C’est un super bon salon, il y a des artistes de partout, commente Mme Faubert. C’est chaleureux. » Est-ce que faire autant de route pour un salon vaut la peine? « C’est pas juste des ventes, c’est de rencontrer les clients, de parler de notre travail. Je vends en ligne, mais les gens se demandent comment je fais. »

Son métier n’étant pas très connu, elle prend la peine d’en vulgariser les principaux éléments. Elle commence ainsi par dessiner le motif qu’elle veut coucher sur le tissu avant de le scanner et le monter dans un programme. Puis elle développe le cadre de sérigraphie. Son travail est long, si bien qu’elle a besoin d’une assistante. Mais le résultat en vaut la peine puisqu’elle est la seule à vendre des produits avec ces dessins.

Juste à côté d’elle, il y a Martin Marois, de Kamouraska, à quatre heures d’ici. M. Marois travaille avec le bois et collabore avec l’artiste bromontoise Lyse-Anne Roy pour la finition de ses produits, comme un cheval à bascule faussement usé par le temps grâce au travail de Mme Roy. 

Réputation

Ces deux artisans connaissaient déjà Roche papier ciseaux. Au rez-de-chaussée, deux exposantes de Montréal en étaient à leur première expérience. Dans le cas de la joaillière Caroline Savoie, le salon lui a été référé par personnes interposées. Son conjoint travaillant à Bromont, la Montréalaise connaissait déjà un peu la municipalité. 

« J’avais entendu dire qu’il y avait une belle clientèle. À date [samedi en fin d’avant-midi], j’ai une belle réponse. Les gens apprécient le beau et le fait main. »

Flany Nimaga avait entendu parler du salon par des amis et a aussi eu envie de le découvrir. « J’ai eu l’appel d’offres et, en même temps, je ne faisais pas le Salon des métiers d’art de Montréal, alors c’était l’occasion de venir découvrir Bromont. » 

Elle aussi de Montréal, Mme Nimaga­ travaille la laine feutrée avec parfois une touche de soie.

L’organisatrice Rachel Grenon se dit ravie de constater au fil des ans la réputation que s’est forgée son événement. Si par le passé elle devait approcher les artisans, ce sont eux maintenant qui viennent à elle pour faire partie de la programmation.

HOMMAGE AUX SURETTE

Rachel Grenon tente chaque année de rendre hommage à un artiste. Cette année, elle a choisi la famille Surette, qui évolue dans le monde de la céramique depuis près de 40 ans. 

Les parents, Susan et Richard Surette, âgés de 71 et 78 ans, sont les artistes fondateurs du Studio Surette, à Brigham. Leurs enfants Akycha, 39 ans, et Amum, 41 ans, ont suivi leurs traces. 

Leurs murales et sculptures monumentales se retrouvent aujourd’hui dans des galeries un peu partout au Canada, et font aussi partie de collections privées et publiques.

La famille occupait une place de choix sur la scène du centre culturel.