L’atelier est transformé en véritable fourmilière quand les étudiants procèdent au démantèlement écologique d’appareils électroniques.

Des forces mises en valeur au CRIF

Mettre les forces de chacun en valeur. Voilà ce qui a permis à des étudiants du Service de formation à l’intégration sociale du CRIF de Granby de relever de beaux défis en créant des bracelets et en réalisant du démantèlement écologique. Et la cerise sur le sundae : leurs efforts ont été récompensés à deux occasions lors de concours en entrepreneuriat.

Les étudiants atteints d’une déficience intellectuelle accumulent les trophées ces dernières semaines. Un groupe de sept étudiants supervisé par l’enseignante Lisa Auclair a raflé un prix dans le cadre du volet éducation aux adultes du Défi OSEntreprendre pour leur entreprise de bracelets D.I.fférent. « C’est avec tout le milieu scolaire. C’est le fun de concourir avec des gens qui sont de tous les niveaux, estime l’enseignante. C’est mettre leurs forces à l’avant parce qu’ils en ont plein et c’est le fun de les faire voir. »

Processus complet
Le choix du produit, l’élaboration du plan d’affaires, la recherche du nom et du slogan de l’entreprise, la conception des bracelets et la vente des produits ont été réalisés par les étudiants, qui sont âgés de 21 ans et plus. Et le succès était au rendez-vous. « Ça a donné un bon résultat. On a vendu 280 bracelets en sept semaines. Ça a largement dépassé nos attentes », dit avec fierté Mme Auclair, qui les a épaulés pendant tout le processus.

Une breloque en forme de soleil qui représente la différence et un nuage qui illustre les préjugés était ajoutée à chaque bracelet. « Il fallait tasser les préjugés pour bien accepter la différence qui nous entoure. On passait un message d’intégration et de tolérance dans la société », explique Lisa Auclair.

Ce succès a été accueilli avec beaucoup de fierté par les étudiants. « C’est impressionnant de les voir aussi excités du succès. C’est la fierté que tu as quand un projet que tu fais fonctionne et dépasse les attentes. Cette fierté-là, c’était au quotidien », décrit l’enseignante.

La bourse qui leur a été offerte a permis de récompenser les étudiants par une sortie au cinéma, un dîner au restaurant et bientôt une activité pour souligner la fin de l’année scolaire.

Les étudiants du Service de formation à l’intégration sociale du CRIF ont été récompensés deux fois plutôt qu’une, soit au concours Moi, je coop! et au Défi OSEntreprendre.

Autre projet, autre reconnaissance
Dans un autre local de l’école Saint-Benoit, où le programme est dispensé, 16 étudiants réalisent un projet de « démantèlement écologique ». Cette idée est celle d’un stagiaire qui a récupéré des appareils électroniques à l’écocentre pour les démonter, séparer les pièces et les récupérer. « C’est une portion manuelle qui est très intéressante pour eux », indique leur enseignant, Stéphane Nadon.


«  C’est avec tout le milieu scolaire. C’est le fun de concourir avec des gens qui sont de tous les niveaux. C’est mettre leurs forces à l’avant parce qu’ils en ont plein et c’est le fun de les faire voir.  »
Lisa Auclair, enseignante

Une véritable fourmilière s’active dans cet atelier depuis l’automne dernier. Chaque semaine, l’enseignant récupère des appareils, toujours à l’écocentre, et les étudiants se chargent du démantèlement. « C’est sur une base volontaire, mais j’ai beaucoup de volontaires », mentionne M. Nadon, pour illustrer la popularité de l’activité.

Les étudiants récupèrent l’aluminium et le cuivre. Une fois les appareils démantelés, les pièces sont retournées à l’écocentre.

Minutie, concentration, motricité fine et travail d’équipe sont sollicités chez les étudiants pour réaliser ce boulot. Et ils le font bien. Pas étonnant que le groupe ait récemment reçu une bourse de 1250 $ du concours Moi, je coop! de Desjardins.

Cette somme a permis l’achat d’outils et l’aménagement mieux structuré de leur espace de travail.

Qu’il s’agisse de conception de bracelets ou de démantèlement écologique, le Service de formation à l’intégration sociale est une occasion pour les étudiants de développer des compétences et d’acquérir de l’expérience. « Ça démontre aussi que lorsque les jeunes terminent l’école, il peut y avoir une suite. Ça peut être valorisant. Ça ne s’arrête pas là », estime Rose Desjardins, directrice adjointe à la formation professionnelle au CRIF.