Un document de consultation sera produit, puis des consultations publiques auront lieu de ville en ville, vraisemblablement aux mois de septembre, octobre et novembre. Le rapport final est prévu pour le mois de mars 2013. Un plan d'action devrait ensuite contribuer à l'amélioration de l'état de la rivière Yamaska.
Un document de consultation sera produit, puis des consultations publiques auront lieu de ville en ville, vraisemblablement aux mois de septembre, octobre et novembre. Le rapport final est prévu pour le mois de mars 2013. Un plan d'action devrait ensuite contribuer à l'amélioration de l'état de la rivière Yamaska.

Des états généraux sur la Yamaska à l'automne

Ils étaient réclamés depuis longtemps par les organismes oeuvrant à la sauvegarde de la rivière Yamaska et ils auront finalement lieu. Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a annoncé hier, tel qu'anticipé, que des états généraux sur la rivière Yamaska auront lieu au cours des prochains mois, octroyant du même coup une subvention de 20 000 $ à l'Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska pour l'organisation de ceux-ci. Une somme qui pourrait toutefois bien ne pas suffire, a reconnu le président de l'organisme, Sylvain Michon.
Lors de son passage à Granby hier, le ministre a indiqué que son gouvernement réagissait ainsi « déjà » à la pétition, signée par 3939 personnes, qui a été déposée en novembre dernier à l'Assemblée nationale réclamant la tenue de tels états généraux.
« Le bassin versant de la Yamaska est l'un des plus étudiés au Québec et la surveillance régulière qui y est faite nous permet de bien connaître l'état la situation, a indiqué M. Arcand. Les analyses des données enregistrées au cours des 30 dernières années font état d'une certaine amélioration. Par contre, nous en convenons, c'est encore trop peu et il reste énormément de travail à faire. La Yamaska figure encore en tête d'un bien triste palmarès, celui des rivières les plus polluées. »
Si les problèmes qui affligent la rivière Yamaska, de même que les solutions pour y remédier, sont très bien connus, la tenue des états généraux permettra, selon le ministre, d'identifier les priorités de même que le rôle de chaque intervenant dans la mise en place du plan d'action. « C'est facile d'identifier des problèmes, a-t-il soutenu. Ce qui est difficile, c'est d'élaborer un plan d'action où le rôle de chacun est bien défini. La remise en santé de la rivière ne peut se faire que si l'ensemble des intervenants s'implique et pose des gestes concrets. Nous considérons donc qu'il est important d'ouvrir le débat à la population. Avec un meilleur consensus, on peut faire de plus grands pas. »
Un document de consultation sera donc produit, puis des consultations publiques auront lieu de ville en ville, vraisemblablement aux mois de septembre, octobre et novembre. L'OBV Yamaska espère ainsi être en mesure de produire son rapport final pour le mois de mars 2013.
Accueil mitigé
Si la tenue de ces états généraux a réjoui les intervenants qui oeuvrent depuis des années pour la santé de la rivière, la maigreur du montant alloué pour les organiser ainsi que l'absence d'engagement réel du gouvernement à contribuer à des actions concrètes par la suite les a laissés avec quelques doutes.
Questionné à savoir si le montant de 20 000 $ sera suffisant pour mener à bien un exercice de cette ampleur, le président de l'OBV Yamaska, Sylvain Michon, a ouvertement reconnu que non. « Est-ce suffisant? Non! Mais nous ferons avec. Et nous verrons avec les municipalités et les MRC comment nous pouvons financer tout ça. » Le ministre s'est par ailleurs dit ouvert à allonger quelques milliers de dollars de plus, si le budget s'avérait réellement insuffisant. « On ne commencera pas à s'empêcher de tenir des consultations correctes pour une question de quelques milliers de dollars », a assuré M. Arcand.
Mais pour l'environnementaliste Jean-Luc Nappert, qui travaille à la sauvegarde de la Yamaska depuis des années et qui était de ceux qui militaient pour des états généraux, c'est l'absence d'engagement pour la suite des choses et, surtout, l'absence d'appui de la part des autres ministères, tels que ceux des Affaires municipales, du Transport, de l'Agriculture et des Ressources naturelles, qui le laisse perplexe. D'ailleurs, la pétition lancée l'automne dernier réclamait que ces autres ministères entreprennent conjointement avec le MDDEP les démarches pour la tenue d'états généraux.
« Je suis content pour les états généraux, mais il y a quand même des doutes qui restent, indique-t-il. Le montant d'argent alloué me semble peu. Et le ministre a parlé de l'importance d'impliquer les riverains, les agriculteurs, les municipalités, les industriels, mais il faut aussi que tous les ministères répondent à l'appel. Les solutions, on les connaît, mais il faut que tout le monde travaille de pair. C'est sûr que je vais suivre ça de très près. Je tiens trop à ce que ça marche. »
Le président de la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, dit toutefois avoir confiance que ces états généraux déboucheront sur un plan d'action qui sera « compris de tous et accepté par l'ensemble des intervenants ».
Déjà écrites noir sur blanc
Pour le député caquiste de Shefford, François Bonnardel, qui assistait à la conférence de presse du ministre hier, cette annonce est loin d'être suffisante. Il soutient que les états généraux ne feront que répéter les conclusions et les recommandations du rapport de la Commission des transports et de l'environnement produit en 2010 sur la question des cyanobactéries dans les lacs et les cours d'eau du Québec, un exercice auquel il avait lui-même participé.
« C'est de bonne guerre de venir ici à quelques semaines des élections et d'annoncer des états généraux, lance-t-il. On va applaudir pour ça, mais on ne peut pas être satisfait. On connaît la situation qui existe depuis 40 ans et les solutions, on les connaît. Elles sont écrites noir sur blanc dans ce rapport, mais encore une fois, on l'a tabletté. Ce que ça prend maintenant, ce sont des mesures qui vont pouvoir être appliquées tout de suite. »
Photo alain dion
Comme prévu, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a annoncé la tenue d'états généraux sur la rivière Yamaska, hier. Il était entouré de Paul Sarrazin, président de la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes de la Haute-Yamaska, et de Sylvain Michon, président de l'Organisme de bassin versant Yamaska.