«Ce n’est pas l’avenue qu’on privilégie, mais on veut s’ouvrir toutes les portes possibles», dit le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine.

Des élèves du primaire dans les écoles secondaires à Granby ?

Des classes du primaire pourraient être déplacées dans des écoles secondaires de Granby pour la prochaine année scolaire, annonce Val-des-Cerfs, ce qui suscite étonnement et incompréhension.

« Je ne suis pas certaine que les familles d’enfants de 6e année seraient heureuses qu’ils se retrouvent à Joseph-Hermas-Leclerc, à Haute-Ville ou à l’Envolée », indique Chantal Beauchemin, enseignante à l’école primaire Sainte-Famille et ex-candidate péquiste aux dernières élections provinciales.

« C’est mettre des trop jeunes dans une école de plus vieux. Ce n’est pas une bonne idée. »

Un sentiment partagé par les enseignants et parents qu’elle connaît. « Ça fait l’unanimité », dit-elle.

« Déjà que le passage du primaire au secondaire est un choc pour plusieurs élèves, souligne Martin Laboissonnière, 1er vice-président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska. Quand t’as 10 ou 11 ans et que tu te retrouves dans une école de 1000 personnes... »

M. Laboissonnière évoque aussi des problèmes de dénomination des écoles et de gestion des activités et des récréations. « Comment ça va fonctionner ? », demande-t-il.

Dernier recours

La commission scolaire tient à tempérer les ardeurs : ce n’est qu’en dernier recours qu’elle irait de l’avant avec cette proposition.

« C’est vraiment le dernier scénario envisagé, explique le directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine. On en a d’autres à mettre en place. Mais je ne peux pas le sortir du portrait tout de suite. »

La raison est la suivante : globalement, l’est de la Montérégie s’appauvrit et de nombreuses écoles — principalement à Granby — doivent composer avec un indice de défavorisation (aussi appelé indice de milieu socioéconomique) plus élevé. C’est notamment le cas aux écoles de l’Assomption, Avé-Maria et de l’Étincelle.

Ce faisant, les ratios maître-élèves sont appelés à diminuer, ce qui nécessitera des locaux scolaires supplémentaires, une denrée rare à Granby. Cela reste toutefois une éventualité puisque la négociation à cet effet n’est pas terminée, dit M. Racine.

« Il y a beaucoup de points d’interrogation encore », note-t-il.

Autres scénarios

Et si, effectivement, d’autres locaux sont nécessaires à court terme, la commission scolaire privilégiera trois autres scénarios avant de déplacer des élèves du primaire dans des écoles secondaires : louer des unités modulaires (roulottes), trouver des locaux au Cégep ou à la Ville de Granby ou déplacer des élèves dans des écoles où il y a encore de la place, comme à Waterloo.

« En bon gestionnaire, je me dois de parer à toute éventualité, dit Éric Racine. Je veux être certain d’avoir de la place pour tous les élèves et je dois préparer toutes les situations possibles. »

D’où la récente consultation sur la modification des actes d’établissement des écoles secondaires de Granby afin de sonder l’opinion des conseils d’établissement.

Le DG de Val-des-Cerfs est conscient que la proposition est impopulaire. « Je comprends que ça peut en insécuriser plusieurs, dit-il. Les gens sont contre ça, et ce, même si les règles le permettent. Mais je le répète, ce n’est pas l’avenue qu’on privilégie, mais on veut s’ouvrir toutes les portes possibles. »

Le problème du manque de locaux scolaires se fait aussi sentir à Cowansville, mentionne M. Racine. À cet endroit, le pavillon JBH-Larocque, qui n’est pas utilisé à pleine capacité, pourrait être mis davantage à contribution.

À Granby, la commission scolaire est aussi en demande pour cinq écoles supplémentaires compte tenu des besoins appréhendés et de l’éventualité d’aménager de nouvelles classes de maternelles quatre ans.