Quatre milieux de travail ont accepté de prendre sous leur aile quelques élèves de la classe DIM (déficience intellectuelle moyenne) de Catherine Côté dans le cadre d’un stage.
Quatre milieux de travail ont accepté de prendre sous leur aile quelques élèves de la classe DIM (déficience intellectuelle moyenne) de Catherine Côté dans le cadre d’un stage.

Des élèves de Wilfrid-Léger plus autonomes grâce à des stages

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Un jeune coupe des légumes chez Subway. L’autre répare des vélos et un troisième prépare des repas. En tout, sept élèves de la classe DIM (déficience intellectuelle moyenne) de l’école Wilfrid-Léger de Waterloo effectuent des stages diversifiés. Une joyeuse façon de se perfectionner et d’apprendre diverses compétences.

Quatre milieux de travail ont accepté de prendre sous leur aile quelques élèves ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme : le Subway de Bromont, la Maison des Jeunes L’Exit et le Café Cha’tees, tous deux situés à Waterloo, et l’organisme Pleins Rayons, à Cowansville.

C’est d’ailleurs avec ce dernier organisme que Clément Guffroy-Querry, 20 ans, répare des vélos, fait de la couture, voit au ménage et effectue différentes tâches, toutes aussi importantes les unes que les autres.

« Clément a vraiment appris à s’ouvrir, à se dégêner. Il s’est beaucoup épanoui », mentionne l’enseignante de la classe DIM à Waterloo, Catherine Côté.

L’organisme Pleins Rayons a d’ailleurs comme mission de favoriser l’inclusion sociale des jeunes adultes en leur offrant la chance d’acquérir des habiletés socioprofessionnelles par des projets d’économie sociale ou d’activités de loisirs thérapeutiques, peut-on lire sur son site web. Mission qui s’exprime également à travers ces stages dans le cadre du programme scolaire, puisque ceux-ci permettent aux jeunes d’acquérir plusieurs outils qui leur seront utiles tout au long de leur vie.

« C’est très valorisant. Ils aiment beaucoup se rendre utiles », indique Mme Côté.

« Le but, c’est de faire en sorte qu’après 21 ans ils puissent avoir développé des capacités et des compétences qui vont leur permettre de continuer à travailler. C’est de les amener à sentir qu’ils ont un rôle à jouer dans la société. »

Parce qu’à partir de 21 ans, cette clientèle pourtant fort dévouée rencontre un « trou de services », déplore l’enseignante. Les jeunes ne sont plus pris en charge. Il n’y a pas de cursus ou de chemin tracé pour eux. Il revient à leurs parents de faire toutes les démarches pour leur trouver un emploi. Ce faisant, il peut être difficile pour eux d’acquérir, par exemple, une autonomie financière.

Certes, en cette période de pénurie de main-d’œuvre dans la région, l’aide de Clément et de ses camarades de classe est plus que bienvenue.

« C’est sûr qu’au début, ça prend une adaptation. Il faut leur montrer beaucoup de choses, mais une fois la routine installée, ça va bien », indique Mme Côté, qui enseigne dans la classe DIM depuis neuf ans.

Cette dernière félicite d’ailleurs les employeurs ayant accepté de prendre ses élèves, puisque ces stages sont très importants pour eux.

« Ça leur donne de l’estime de soi, de la débrouillardise et de l’autonomie », énumère Catherine Côté.

Marianne Fournier-Tremblay, 17 ans, fait la cuisine, le service et souhaite « Bon appétit ! » aux gens de la Maison des Jeunes L’Exit deux avant-midis par semaine.

« J’apprends plein d’affaires et je cuisine », dit-elle, visiblement fière.

L’élève voudrait reprendre son boulot l’an prochain, mais elle souhaite également diversifier ses apprentissages.

Marianne et Clément réalisent également quelques tâches dans leur école, comme la vaisselle, le recyclage, le compost et ils lavent les tables.

« On rend service aux gens des fois aussi », disent-ils.

Puisque plusieurs apprentissages sont offerts à Pleins Rayons, par exemple des ateliers de menuiserie, de l’horticulture, etc., Clément aimerait, lui aussi, y rester et approfondir ses connaissances.