Les policiers de Granby ont réalisé 95 interventions avec les défibrillateurs depuis son implantation.

Des dizaines de vies sauvées

L’implantation des défibrillateurs cardiaques dans les voitures de patrouille du Service de police de Granby, il y a cinq ans, est un succès. À ce jour, les policiers l’ont utilisé sur plus de 90 personnes en arrêt cardio-respiratoire­. Et bien sûr, des vies ont été sauvées.

« Ça fonctionne très bien. C’est bien établi », explique Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby. 

Les voitures de patrouille identifiées aux couleurs du corps policier sont équipées des défibrillateurs externes automatisés (DEA) depuis l’automne 2012. Les appareils ont été fournis par l’Agence de santé et de services sociaux de la Montérégie­. Tous les policiers ont reçu une formation initiale pour être prêts à utiliser­ ces appareils.

Le défibrillateur est utilisé auprès des patients en état d’insuffisance cardiaque. Le seul remède pour retrouver un rythme cardiaque normal est alors la défibrillation. Depuis l’ implantation du défibril­lateur dans les voitures de police, dès qu’un appel est acheminé au 911 à Granby et qu’on soupçonne une personne en arrêt cardio-respiratoire­, un policier est affecté. L’appel est basculé systématiquement­ pour déployer les paramédics. 

À ce jour, les policiers de Granby l’ont utilisé auprès de 95 patients, selon les statistiques fournies par le Service de police de Granby. Certaines personnes ont d’ailleurs été réanimées grâce à l’utilisation du DEA, mais le corps policier ne dispose­ d’aucune donnée à cet effet. 

Les policiers qui interviennent dans de telles circonstances restent présents jusqu’à l’arrivée des paramédics. Ces derniers poursuivent les soins et transportent le patient au centre hospitalier. 

Bon pour la population

« Dans une région comme Granby, je suis content que les policiers soient là parce que c’est bon pour la population, estime Stéphan Scalabri, directeur des opérations du secteur Ouest chez Dessercom, l’entreprise ambulancière desservant la population de Granby. Mon équipe voit en la police de Granby des partenaires qui nous aident dans notre mission de sauver des gens au quotidien. »

M. Scalabri affirme que l’implantation de ces nouvelles pratiques a été accompagnée de quelques difficultés au début. « Il n’y avait pas d’arrimage », dit-il. Depuis trois ans, la formation de mise à niveau des policiers pour l’utilisation du défibrillateur est dispensée à la caserne ambulancière de Granby, « ce qui a changé la dynamique », estime M. Scalabrini, en ajoutant que les policiers et les paramédics ont alors pu mieux comprendre la réalité de chacun. 

Les voitures de patrouille sont équipées de défibrillateur depuis l’automne 2012.

Manque de ressources

Les statistiques démontrent que la présence des défibrillateurs dans les voitures de patrouille a toute sa raison d’être. En moyenne, les agents de Granby interviennent entre 12 et 22 fois chaque année, toujours selon les statistiques fournies­ par le corps policier.

Ces chiffres soulèvent toutefois la problématique du manque de ressources ambulancières sur le territoire de Granby à certains moments. « Le policier pallie une déficience que nous avons... que le gouvernement du Québec a, affirme le directeur des opérations. Je reconnais que c’est important ce que font les policiers présentement, mais ça ne devrait pas être à eux de jouer ce rôle-là. »