Selon Alain Mochon, responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska, les poissons auraient été frappés par un épisode de « winter fish kills ».

Des dizaines de poissons morts dans le lac Boivin

Depuis quelques jours, des dizaines de poissons morts ont été aperçus par des citoyens de Granby. Les amas de poissons étaient regroupés aux abords du lac Boivin, devant le restaurant McDonald’s et près du pont de la rue Mountain. Le manque d’oxygène pourrait être responsable de cette situation, selon Alain Mochon, responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska.

M. Mochon a remarqué que les poissons étaient déjà morts depuis longtemps, samedi, lorsqu’il a pris part au nettoyage des berges à l’occasion de la Fête de la rivière.

« Plusieurs étaient dans un état avancé de décoloration au niveau de l’épiderme », observe-t-il.

En effet, selon Urgence Environnement, il s’agirait de poissons qui sont morts au cours de l’hiver.

Avec le dégel, les poissons ont remonté à la surface et les vents les ont poussés sur les rives.

Urgence Environnement s’est déplacé samedi pour voir si un déversement était en cours, ce qui n’était pas le cas.

La situation a d’ailleurs touché plusieurs espèces, dont le crapet-soleil, la perchaude et l’achigan.

« Winter fish kills »

Selon M. Mochon, les poissons auraient été frappés par un épisode de « winter fish kills ».

Ce phénomène survient surtout dans les lacs peu profonds et envahis de plantes aquatiques, comme le lac Boivin, dont la profondeur est en moyenne de deux mètres.

« Le lac est couvert de glace pendant tout l’hiver. En plus, il est peu profond, riche en matières nutritives et organiques. Toute cette matière, sous la glace, consomme énormément d’oxygène », indique-t-il.

Un lac peut s’oxygéner avec le contact de l’air libre, des vagues ou encore à l’aide des rivières qui se jettent dans le bassin d’eau.

Toutefois, en saison froide, les sources d’oxygénation sont réduites, mais la « décomposition des matières se poursuit. Donc, il y a un épuisement d’oxygène ».

Les nombreuses accumulations de neige pourraient aussi expliquer l’absence d’oxygène dans le lac.

« Ça empêche la lumière de pénétrer dans le lac. Les algues, par le principe de photosynthèse, fournissent de l’oxygène, mais quand la neige est par-dessus la glace, la lumière ne pénètre plus », explique-t-il.

M. Mochon indique que certaines espèces sont plus résistantes que d’autres aux conditions difficiles.

« Dans le cas du lac Boivin, ce sont des espèces assez tough, qui peuvent supporter des niveaux d’oxygène assez bas, poursuit-il. Mais là, pour qu’on ait une mortalité aussi notable, c’est que le niveau était vraiment bas. »

Bref, il s’agirait d’un phénomène naturel, qui fluctue selon les conditions météorologiques hivernales.

« Des années, c’est quelques dizaines, et d’autres années, c’est plus spectaculaire », remarque Serge Drolet, coordonnateur en environnement à la Ville de Granby.

De 60 à 100 poissons ont été enlevés du lac samedi, indique M. Drolet.

Ce dernier assure que les poissons sont ramassés rapidement afin d’éviter leur décomposition et les mauvaises odeurs qui pourraient incommoder les passants.

« Nous, à la Ville, on se déplace rapidement, on constate et on appelle le ministère de l’Environnement », termine M. Drolet.