Mario Brouillette, propriétaire de la Bijouterie Brouillette, à Granby, a été victime d'une arnaque en ligne. Il souhaite que les commerçants demeurent alertes.

Des commerçants victimes de fraude

Des entreprises de la région ont été victimes d'une nouvelle vague de fraude. Cette fois, l'arnaque implique des numéros de carte de crédit volés et des commandes en ligne. Mario Brouillette, propriétaire de la Bijouterie Brouillette, à Granby, fait partie des victimes. Il déplore le manque d'appui des institutions financières.
La Bijouterie Brouillette a récemment reçu une commande pour une montre, un bracelet et une paire de boucles d'oreilles. Le paiement a été validé par le site transactionnel. Le propriétaire a donc préparé et envoyé le colis d'une valeur de 398 $. « Quand tu vends sur Internet, tu dois livrer le plus rapidement possible si tu veux avoir un bon nom, explique-t-il. La banque met l'argent sur ton compte, la transaction est faite. Si au bout d'une semaine ou deux ils découvrent que la carte n'est pas bonne, la banque retire l'argent de ton compte. Mais tu as livré ta marchandise­, et tu n'as plus l'argent. »
Réalisant que la première commande avait fonctionné, le ou les fraudeurs ont tenté à nouveau de se faire livrer à la même adresse des produits de luxe atteignant 3500 $. Au moins trois autres tentatives ont été faites en une semaine, estime le commerçant, de moins en moins enclin à vendre en ligne.
La bijouterie n'y a pas donné suite, heureusement. La vigilance de la conjointe de M. Brouillette, retraitée de l'informatique, lui a évité d'autres ventes malheureuses.
Encore mercredi, un internaute a tenté à quatre reprises de faire valider une transaction. Mais le propriétaire se méfie. « On essaie de voir avec la banque s'il y a moyen de savoir si c'est une fraude en les appelant. On nous dit qu'après une journée ou deux, ils vont pouvoir nous dire si l'adresse de livraison concorde avec celle de la carte de crédit, mais pas si la carte est bonne ou non. Au bout de deux jours ! Les banques ne nous appuient pas du tout », déplore-t-il.
Arrêtée puis libérée
Le bijoutier a contacté la police pour signaler la fraude dont il avait été victime. Les policiers ont procédé à l'arrestation d'une femme de 31 ans, de Granby. Les enquêteurs l'ont rencontrée, puis elle a été libérée sans condition.
L'enquête se poursuit, assure Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby, mentionnant que cinq cas similaires ont été rapportés depuis le début du mois. Il pourrait y en avoir d'autres.
Il ajoute que ce ne sont pas les cartes de crédit qui ont été volées, mais plutôt les numéros. Les arnaqueurs passent des commandes en ligne qu'ils font ensuite livrer. Le temps que l'institution financière réalise qu'il s'agit d'une fraude, le colis est déjà arrivé à destination. Les commerçants perdent non seulement leur produit, mais également le paiement, qui est repris par l'institution financière.
M. Brouillette n'a pas réussi à se faire dédommager. Il souhaite cependant que sa mésaventure serve à sensibiliser ses pairs sur ce genre de fraude. 
Les victimes d'une telle tentative de fraude ou les gens qui détiennent des informations pouvant faire avancer l'enquête peuvent contacter le détective Jonathan Lambert au 450-776-8333 poste 3610.
Situations similaires
Dans les dernières années, La Voix de l'Est a rapporté plusieurs cas de fraude impliquant des cartes de crédit volées. En 2012, Le Dr du Matelas avait été victime d'une arnaque lors d'une commande par téléphone. Un Montréalais avait fait la commande d'un ensemble de matelas-sommier. Le commerce avait reçu le numéro d'autorisation de Visa Desjardins et la transaction avait été approuvée. 
En 2013, un commerçant de Farnham avait vendu par téléphone trois téléviseurs à un fraudeur. Une tierce personne était passée, profitant du fait que la transaction était en attente. La fraude s'était élevée à 12 000 $.
En 2014, l'entreprise Restau-web.com déplorait aussi un tel stratagème et le manque de support de son institution financière.