Patricia Voumard estime que le conseil de Stukely-Sud n’a pas géré les pannes de courant de la semaine dernière avec suffisamment de sérieux.

Des citoyens ayant manqué d'électricité mécontents à Stukely-Sud

Des Diligents ayant été privés d’électricité pendant plusieurs jours à la suite des forts vents de vendredi dernier sont venus témoigner de leur mécontentement devant le conseil municipal de Stukely-Sud, mardi soir. Entre autres doléances, les citoyens ont affirmé que les autorités municipales n’ont pas géré la situation avec suffisamment de sérieux.

« Où étiez-vous pendant que nous étions dans le noir, pendant quatre jours ? La mairie de Saint-Étienne [de Bolton] a été ouverte toute la fin de semaine, on publiait des informations sur Facebook à propos des chemins et des arbres cassés. Même le Metro donnait du café, à Waterloo, et les pompiers ont ouvert la caserne pour permettre aux gens de prendre une douche », a plaidé Patricia Voumard.

Le maire Patrick Leblond a fait savoir que « chaque citoyen doit avoir une trousse [d’urgence] de 72 heures. » « Deuxième chose, ce n’était qu’une panne électrique. Les conditions [météorologiques étaient] clémentes, Hydro-Québec donnait de l’information », s’est défendu l’élu.

Il a également été question d’une génératrice acquise par la municipalité il y a quelques mois, mais qui n’a pas encore été branchée. « Quand sera-t-elle branchée ? », a demandé l’ancien conseiller municipal Patrick Binckly, mentionnant avoir perdu l’électricité pendant 104 heures au total, entre vendredi et mardi dernier. « On ne saura jamais quand une autre tempête s’en viendra », a-t-il ajouté.

Le maire s’est contenté de répondre que le tout était « en processus », mais n’a pas été en mesure de donner une date précise. « Tout ça est en branle, il faut avoir le temps. »

« À quoi sert la période de questions ? »

Lors de la seconde période de questions réservée à l’assemblée, en fin de séance, le ton a monté entre Mme Voumard et M. Leblond.

Lasse de ne pas avoir de réponses concrètes à ses interrogations, comme plusieurs citoyens qui l’ont souligné à la séance, la Diligente s’est exclamée : « À quoi sert la période de questions ? »

Le premier magistrat a tôt fait de lui rappeler l’article 6 du règlement régissant la période de questions, qui permet au maire d’expulser de la salle toute personne ne respectant pas le décorum imposé. « Allez-vous vous y conformer ? », a demandé M. Leblond à sa concitoyenne, qui a refusé d’obtempérer.

« Si vous ne vous conformez pas, je vais vous demander de sortir de la salle », l’a averti le maire qui, quand son interlocutrice a rouspété, a décidé d’ajourner la séance sous les protestations des citoyens.

Le tout n’était pas sans rappeler la séance du mois d’août où le maire, n’appréciant pas certains commentaires et questions de citoyens, avait abruptement mis fin à la rencontre.

« Je demande votre démission à tous, vous êtes une bande d’incompétents tous autant que vous êtes ! , a lancé Mme Voumard en quittant les lieux. Quand on est dans le noir, vous n’êtes même pas là ! »

La séance a repris après le départ de la citoyenne. D’autres ont toutefois pris le flambeau en ramenant les pannes d’électricité à l’ordre du jour.

« Est-ce que le conseil va se réunir pour faire un exercice de gestion de crise pour améliorer les choses la prochaine fois ? , a demandé M. Binckly. Les citoyens peuvent-ils s’attendre à un conseil responsable ? »

« Il n’y a pas eu de crise », a rétorqué M. Leblond, ajoutant qu’il avait déjà répondu à la question.

Cette affirmation a fait bondir M. Binckly. « 105 heures sans électricité, pour vous, ce n’est pas une crise ? Pendant la crise du verglas, j’ai perdu le courant pendant une seule journée ! Si ce qui n’est pas une crise à vos yeux, vous n’êtes pas à votre place », a-t-il rugi.

Le maire a tenté de calmer le jeu. « Il ne faisait pas -30 dehors », a-t-il dit.

« Les gens n’avaient pas d’électricité, pas de chauffage... », a poursuivi le citoyen, interrompu par l’élu : « C’est parfait, j’ai compris, bonne journée. »

Dialogue de sourds

« Le conseil est un peu tanné des commentaires désobligeants de certains citoyens », a indiqué le maire en entrevue, mercredi. Il compare l’insistance de certains à la période de questions à de l’intimidation.

« On vient de compléter notre plan de mesures d’urgence et on s’apprête à installer la génératrice, la semaine prochaine, a-t-il finalement confirmé. Mais pour déclencher le plan, il faut des conditions particulières et le feu vert du ministère [de la Sécurité publique]. Sur notre territoire, à part une panne électrique, on n’a rien eu. Il y a eu du vent et des arbres sont tombés, nos employés sont allés ramasser les arbres dans les rues. »

Pour sa part, Patricia Voumard jure qu’elle ne remettra pas les pieds dans la salle du conseil de sitôt. « On n’est pas écouté, on ne nous répond pas. Finalement, ça ne sert à rien de se présenter. La période de questions devrait s’appeler la période de non-réponse, rage la citoyenne. Notre conseil oublie qu’il est au service des citoyens et pas juste là pour dépenser nos sous. »

« Je n’aurais pas dû perdre mon calme, mais la façon [du maire] de ne jamais répondre en donnant des réponses vides de sens est venue me chercher, poursuit-elle. La Ville ne s’est pas mobilisée pour aider ses citoyens. Et quand on dérange avec nos questions, on sort un règlement des boules à mites ou on se cache derrière un mutisme méprisant. »

La section « Sécurité civile » du site Internet de la municipalité propose notamment un dépliant sur la fameuse trousse de 72 heures, un guide de préparation aux urgences et un aide-mémoire en cas de panne de courant.