Une automobiliste a été horrifiée de voir les carcasses de porcs à moitié sortis d’un bac, près de la route, samedi dernier.
Une automobiliste a été horrifiée de voir les carcasses de porcs à moitié sortis d’un bac, près de la route, samedi dernier.

Des carcasses de porcs à la vue de tous: «Ce n’est pas acceptable»

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Une automobiliste qui se dirigeait vers l’autoroute 20 a été troublée de voir sur sa route un bac contenant des carcasses de porcs sur le bord de la route, dans le secteur de Saint-Valérien-de-Milton, samedi vers 16 h 15. Croyant avoir halluciné, Stéphanie Plante a même fait demi-tour pour être certaine d’avoir bien vu les porcs figés par le froid.

Au moins deux porcs ont été placés dans ce bac, mais l’un d’eux n’entrait pas complètement dans le conteneur, si bien que le couvercle n’était pas refermé.

« Les photos ne sont pas agréables à voir, surtout pour quelqu’un qui est hors production. C’est sûr qu’une situation comme ça, pour l’organisation, n’est pas acceptable, commente d’emblée le président des Éleveurs de porcs de la Montérégie, François Nadeau. Mais je pense que c’est une situation exceptionnelle. La majorité des éleveurs, plus de 99 % d’entre eux, font bien les choses. »

M. Nadeau ne sait pas ce qui s’est passé dans le cas de cet éleveur. Mme Plante était trop stupéfaite pour prendre l’adresse de la ferme, mais une communication sera faite aux membres par l’organisation. « C’est difficile de commenter ce cas, mais est-ce qu’il a fait les choses correctement ? Les photos parlent d’elles-mêmes », croit-il.

Les règles de l’art

Quatre méthodes sont approuvées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec pour se départir de carcasses de porcs.

La première et la plus populaire est la récupération par un équarrisseur. Cette méthode permet la valorisation des matières animales, la diminution des manipulations et la protection de l’environnement. Les carcasses sont déposées dans un bac — refermé —, et sont récupérées par le détenteur d’un permis d’exploitation d’un atelier d’équarrissage ou d’un permis de récupération de viandes non comestibles.

Les carcasses sont généralement déposées dans un local réfrigéré pour limiter les odeurs et mis dans le bac le jour du ramassage, qui se fait sur appel ou une fois par semaine.

Quant au bac, il ne doit pas se trouver près d’un bâtiment pour des raisons de biosécurité, souligne M. Nadeau.

Sur sa ferme, à Saint-Sébastien, ses bacs sont disposés sur une remorque qu’il transporte juste avant le ramassage sur une de ses terres, loin des bâtiments, afin que le camion n’entre pas sur le site pour des raisons de biosécurité. « Pour la plupart des producteurs, c’est comme ça. Ça coûte tellement cher, la maladie dans les bâtiments, qu’on n’a pas le choix de fonctionner comme ça. »

L’hiver, certains éleveurs vont laisser les carcasses à l’extérieur. Elles vont geler et ne prendront pas la forme du bac. À l’éleveur qui a laissé ses porcs à la vue de tous, sur le bord du chemin, il lui suggère de se procurer un deuxième bac pour qu’ils puissent bien se fermer.

La deuxième méthode privilégiée par les éleveurs de porcs est le compostage à la ferme. « Ça permet d’éviter qu’il y ait des camions de récupération qui viennent sur notre site. »

Les éleveurs peuvent aussi choisir d’enfouir les carcasses à la ferme ou de les incinérer, ce qui est moins fréquent, selon M. Nadeau.

Document en préparation

« C’est une préoccupation importante pour nous, soutient le président des Éleveurs de porcs de la Montérégie. On va s’assurer que des communications seront faites avec nos éleveurs. »

Depuis l’été dernier, l’organisation planche sur un document sur les bonnes façons de faire pour se départir de carcasses d’animaux de ferme. Quelques cas similaires avaient été trouvés durant la saison.

L’objectif sera d’outiller les producteurs pour ne pas nuire aux relations avec les citoyens et à leur qualité de vie, mais aussi pour éviter tout problème de biosécurité.

Le document, qui sera remis à tous les membres, devrait être disponible au début de l’été prochain.