« Nous avons besoin de votre vote. Pour augmenter le taux de participation, monsieur Mario Côté offre 4 paires de billets de nos Canadiens de Montréal qui seront tiré (sic) entre tous nos campeurs qui viendront voter. » Cet appel à tous, publié sur la page Facebook du Camping terrasse Rougemont vendredi après-midi, a fait réagir au cours des derniers jours.

Des billets de hockey pour des votes

« Nous avons besoin de votre vote. Pour augmenter le taux de participation, monsieur Mario Côté offre 4 paires de billets de nos Canadiens de Montréal qui seront tiré (sic) entre tous nos campeurs qui viendront voter. » Cet appel à tous, publié sur la page Facebook du Camping terrasse Rougemont vendredi après-midi et retiré durant la fin de semaine, a fait réagir au cours des derniers jours.

Les deux adversaires du candidat Côté, dans le district 4, ont vivement dénoncé l’implication de l’ancien conseiller dans l’initiative visant à stimuler­ la participation des électeurs. 

« Ça, c’est du chantage pour avoir des votes. J’aime pas ça ces affaires-là. Si t’es honnête, tu y vas par ta personnalité », a rugi le conseiller sortant Normand Lacroix, qui sollicite un second mandat. Ce dernier avait été élu au début de 2015 pour remplacer M. Côté, qui avait impulsivement démissionné du conseil à la fin de 2014. Le maire sortant, Alain Brière, avait refusé de le nommer promaire et de le déléguer au comité des eaux usées, en plus de lui retirer un autre dossier dont il avait la responsabilité, a lui-même expliqué M. Côté.

« C’est sûr que ça ne passera pas. Tu ne peux pas offrir des billets pour qu’on vote pour toi », dénonce pour sa part le troisième candidat dans la course, Jimmy Bouchard. Celui-ci faisait également partie des six candidats souhaitant prendre la relève de M. Côté en 2015. 

Notons que rien dans l’invitation du camping n’indique que les électeurs du camping doivent voter pour M. Côté pour être admissibles au tirage. N’empêche, « il s’en va chercher des noms pour le scrutin, croit M. Bouchard. C’est de la corruption. On est 2300 à Rougemont et il faut que tu fasses tirer des billets pour te faire élire ! »

Mario Côté affirme que l’imbroglio entourant le tirage est un «malentendu».
Le camping a retiré sa publication, dans laquelle on invitait les gens à voter aux élections municipales pour pouvoir prendre part à un tirage, au cours de la fin de semaine.

Un « malentendu », dit Mario Côté

Mario Côté affirme que l’imbroglio entourant le tirage est un « malentendu ». Il soutient plutôt avoir été approché en septembre par Denis Viau, un des propriétaires du camping, pour obtenir des billets dans le cadre d’un tirage. Ayant déjà offert des billets de la Saint-Flanelle à M. Viau, l’ancien élu ne s’est pas posé de questions.

« Il ne m’a pas dit quand ou dans quel contexte, raconte le candidat qui se trouve en Floride. [...] Ce sont des gens qui sont vraiment méprisés depuis longtemps [par le conseil] et ils m’ont approché pour être candidat parce qu’ils ont confiance en moi. »

Du côté du camping, une des propriétaires, qui n’a pas voulu se nommer, a affirmé pour sa part que c’est M. Côté qui a proposé le tirage des billets de hockey pour mousser le vote, ce qu’a ensuite démenti le principal intéressé.

Il reconnaît avoir déjà fait des dons au camping du temps qu’il était conseiller. Ayant toujours les billets en sa possession, M. Côté a affirmé à La Voix de l’Est, vendredi, qu’il ne les remettrait pas au camping. « Je pourrai [en] faire autre chose plus tard peut-être », a-t-il dit.

Tir corrigé

Le camping a fait savoir au journal qu’il ne voulait pas être associé au tirage si celui-ci était illégal. Devant la controverse, l’entreprise a retiré sa publication au cours de la fin de semaine. 

Lundi, on publiait un autre message sur Facebook pour clarifier la situation. « Nous vous rappelons que vous êtes dans le droit de voter pour le candidat de votre choix, peut-on y lire. Notre objectif est de [se] rassembler et de vous rappeler que tous les saisonniers qui paye [nt] leurs taxes [à] la municipalité ont le droit de s’ajouter [à] la liste [électorale] [à] titre de non domicilié. »

Environ 150 électeurs devant figurer sur la liste ne s’y trouvaient pas, soutient l’administration du camping, qui l’aurait réalisé trop tard. Ce  faisant, on comptait profiter de la fin de semaine pour aider des saisonniers à remplir un formulaire pour être inscrits au vote.

Une plainte pour faire la lumière

Au bureau du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), on refuse de commenter la légalité de ce cas précis. « Chaque situation est un cas d’espèce et il faudrait faire des vérifications plus approfondies avant de pouvoir statuer sur la question. [Une plainte] nous permettra, s’il y a lieu, d’aller chercher toute l’information nécessaire pour évaluer s’il y a une infraction à la loi », a fait savoir la porte-parole, Julie St-Arnaud Drolet.

Jimmy Bouchard a confirmé qu’il avait officiellement déposé une plainte, étant donné que le nom de son adversaire figure dans la publication Facebook dont il est question.

L’article 591 de la loi prévoit qu’une « personne ne peut pas tenter d’influencer le vote d’un électeur en lui promettant ou en lui accordant quelque don, prêt, charge, emploi ou autre avantage ou en lui faisant des menaces. La personne qui commet cette infraction est passible, pour une première infraction, d’une amende de 5000 $ à 20 000 $ dans le cas d’une personne physique ou d’une amende de 10 000 $ à 50 000 $ dans le cas d’une personne morale ».