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La famille de réfugiés syriens a eu droit à toute une surprise, notamment l’ajout d’un sapin de Noël dans leur nouvel appartement. Voici les membres de la maisonnée: Mahmoud Alhassan et sa conjointe Latifa Aloued, ainsi que leurs huit enfants, Nadine (11 ans), Mohammed (9 ans), Ahmed (8 ans), Malek (6 ans), Fatima (4 ans) puis Ali, Omar et Ola (trois mois).
La famille de réfugiés syriens a eu droit à toute une surprise, notamment l’ajout d’un sapin de Noël dans leur nouvel appartement. Voici les membres de la maisonnée: Mahmoud Alhassan et sa conjointe Latifa Aloued, ainsi que leurs huit enfants, Nadine (11 ans), Mohammed (9 ans), Ahmed (8 ans), Malek (6 ans), Fatima (4 ans) puis Ali, Omar et Ola (trois mois).

Des « anges gardiens » offrent un nouveau départ à une famille dans le besoin

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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De purs inconnus ont laissé une trace indélébile dans la vie d’une famille dans le besoin de Granby. Dans un tourbillon depuis l’arrivée de triplés, les parents de cinq autres enfants ont eu un avant-goût de Noël lorsque de véritables « anges gardiens » ont métamorphosé leur maisonnée.

À la tête de ce groupe de philanthropes, il y a Magalie (nom fictif), une jeune femme qui carbure depuis quelques années aux projets altruistes. Humble malgré l’ampleur des gestes de bonté qu’elle pose dans sa communauté, elle a préféré que l’on ne dévoile pas son identité. En fait, elle a accepté de parler de sa plus récente initiative pour inspirer d’autres gens à suivre ses traces.

Le déclic a eu lieu il y a cinq ans. Magalie travaillait alors dans une pharmacie de la région. « La mère d’un enfant qui avait la leucémie n’avait pas d’argent pour acheter ses médicaments. Avec une collègue, j’ai décidé de payer la facture. Je voyais souvent cette cliente et je savais bien qu’elle avait besoin d’aide. J’ai pris une partie de l’argent que je devais consacrer à mes propres enfants pour le temps des Fêtes et, la veille de Noël, on est débarqués chez elle avec des cadeaux, de la bouffe. Voir la lumière dans les yeux des membres de cette famille, ça m’a vraiment fait du bien, confie-t-elle. Alors, j’ai continué. »

Réseau

Les projets de Magalie se sont rapidement succédé. Leur ampleur a suivi la même tangente puisqu’elle a décidé de faire appel à ses nombreux amis sur les réseaux sociaux. « Je n’ai jamais de budget établi. Il suffit d’un appel à tous et les gens embarquent. C’est incroyable. Seul, on peut faire bien des choses. Mais à plusieurs, ça prend une tout autre dimension. Une année, on a aidé pendant deux mois une maman qui avait perdu son emploi en faisant son épicerie, et en lui donnant toutes sortes de choses pour la maison. On a aussi donné des cadeaux à des personnes âgées en résidence. Chaque projet est unique. »

Cette année, Magalie et ses complices ont fait appel au CLSC de Granby pour trouver des gens dans le besoin. La travailleuse sociale Mélodie Lévesque-Perras fut responsable du dossier. « Dès que [Magalie] m’a approchée en me disant qu’elle voulait aider des gens dans le besoin, j’ai tout de suite pensé à une famille syrienne qui est ici depuis quatre ans. Leur vie a été pas mal chamboulée au cours de la dernière année. En plus d’avoir des revenus modestes, les parents ont une grande charge de travail et sont très épuisés, dit-elle. Avoir des triplés, ça change une vie, surtout quand tu as déjà cinq enfants. »

Sur mesure

Avec l’aide de Mélodie, Magalie a pu avoir un aperçu des besoins de la famille. Des besoins très « terre-à-terre », insiste-t-elle. « La seule demande du papa comme cadeau de Noël est un désodorisant et la maman, une poussette triple. Ça te ramène les deux pieds sur terre quand tu as des ados qui ont presque tout ce qu’ils veulent. »

La mère de Magalie est donc allée sur place avec la travailleuse sociale. « C’est simple, ils n’avaient pratiquement rien. Même pas de jouets pour les enfants. C’était évident qu’ils avaient besoin d’un coup de main. On leur a préparé quelque chose sur mesure. »

La travailleuse sociale Mélodie Lévesque-Perras a été au cœur du projet avec la famille dans le besoin.

À cela s’ajoutait le fait que la famille devait emménager dans un nouvel appartement, l’ancien étant devenu trop exigu pour 10 personnes. En moins de deux, le réseau de philanthropes s’est mis à l’oeuvre. « C’était vraiment beau de les voir aller. Je n’en revenais pas qu’en si peu de temps, tout se mettait en place. L’organisation était parfaite. Toujours dans le respect. Vraiment, je leur lève mon chapeau », indique Mélodie.

Une vingtaine de personnes ont contribué au projet. Plutôt que de laisser le père de famille faire des allers-retours avec sa voiture pour le déménagement, le groupe a loué un camion. Ils ont même réussi à avoir les clés du logement une semaine avant le jour J.

« On a peinturé tout l’appartement et on l’a décoré. On a aménagé les chambres des enfants et on leur a fait une salle de jeu. Et comme la famille est nombreuse, on leur a donné un [deuxième] frigo qui a été rempli. Pour couronner le tout, on a installé un sapin avec une cinquantaine de cadeaux en dessous. Vraiment, ça a été un super projet », lance Magalie.

« On a peinturé tout l’appartement et on l’a décoré. On a aménagé les chambres des enfants et on leur a fait une salle de jeu. Et comme la famille est nombreuse, on leur a donné un [deuxième] frigo qui a été rempli. Pour couronner le tout, on a installé un sapin avec une cinquantaine de cadeaux en dessous. Vraiment, ça a été un super projet », lance Magalie.

« Un cadeau du ciel »

La surprise a été complète dès que la famille a ouvert la porte de leur nouveau chez eux. « Je n’ai jamais vu des enfants aussi émerveillés. La plus vieille (11 ans) pleurait. Ils ne savaient plus où regarder. Les parents étaient aussi très émus. Pour nous, autant que pour eux, ça a été un moment très touchant », se remémore Magalie.

Abdel Kader Belhadj, un ami de la famille, qui a également servi d’interprète pour l’entrevue puisque les parents ne maîtrisent pas le français, voit dans ce geste d’une « grande bonté » un tremplin pour la maisonnée. « C’est à la fois inattendu et très beau de voir des gens prêts à aider comme ça, dit-il. Ça va vraiment aider à consolider l’intégration de la famille ici. »

Avouant être quelque peu « dépassé » par les turbulences que traverse sa famille, le père, Mahmoud Alhassan, s’est dit « infiniment reconnaissant » pour ce qu’il considère comme « un cadeau du ciel ».

« Les vêtements, le frigo, le sapin, les cadeaux. C’est énorme pour nous, confie l’homme de 40 ans. On ne s’attendait pas à autant de générosité. [...] On est extrêmement touchés. »

Après un tel projet couronné de succès, pas question pour Magalie et sa bande de joyeux lurons de mettre la philanthropie en veilleuse. « Il y aura d’autres projets, c’est garanti. »