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Francis Lambert (à gauche) et sa copine ont invité deux autres couples d’amis autour d’un feu, dimanche après-midi à Bromont. Ils dénoncent avoir reçu des constats d’infraction d’une valeur d’environ 10 000$.
Francis Lambert (à gauche) et sa copine ont invité deux autres couples d’amis autour d’un feu, dimanche après-midi à Bromont. Ils dénoncent avoir reçu des constats d’infraction d’une valeur d’environ 10 000$.

Des amendes totalisant 10 000$ pour se rassembler autour d’un feu

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
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Trois couples qui ont choisi de profiter de la belle température de dimanche pour se retrouver autour d’un feu de camp à distance dénoncent que l’activité leur ait valu la visite de trois voitures-patrouilles du service de police de Bromont et 10 000$ d’amende.

« Ce matin, avec la belle température, on s’est dit qu’on se ferait un petit feu de camp entre amis sur mon terrain », raconte le résident de Bromont, Francis Lambert. Ses quatre invités se présentent chez lui vers 14h. Une demi-heure plus tard, deux véhicules du Service de police de Bromont passent devant la résidence, suivis quelques instants plus tard d’une troisième auto-patrouille.

Un des policiers, une connaissance du secondaire, s’est présenté dans la cour et lui a demandé de venir le voir. Il lui a alors expliqué que les rassemblements extérieurs étaient interdits en zone rouge.

« J’étais vraiment fâché. On est vraiment tannés, les trois couples... on est vraiment écoeurés d’être pris chez nous», témoigne-t-il, précisant qu’ils étaient au courant des risques, mais que les mesures de confinement minent leur moral et qu’ils n’estimaient pas que de retrouver à l’extérieur ait un impact sur la crise actuelle.

À l’extérieur... à un jet de pierre de la station de ski

Il trouve « ridicule » que trois couples qui gardent une distance de deux mètres à l’extérieur autour d’un feu soient punis de la sorte, alors que des milliers de Québécois sont réunis au même moment dans les espaces publics ou encore à la station de ski de Bromont, à un jet de pierre de sa résidence.

« On était à l’extérieur, je veux dire, comme le monde qui sont à Ski Bromont ou le monde qui glissait ici à Bromont ou au lac Boivin aujourd’hui. C’est inconcevable » lance-t-il.

Il a dénoncé la situation dans une publication Facebook dimanche soir, qui a par la suite été relayée plus de 4000 fois dans les heures qui ont suivi. En entrevue, il dit être «surpris» de l’ampleur de la réaction, puisqu’il compte seulement 293 «amis» sur le réseau social.

Le Service de police n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat dimanche soir et a référé les demandes médiatiques au service des communications, disponible lundi matin.

Tolérance zéro
Au départ, les policiers pensaient remettre un constat d’infraction de 1500$ par famille, mais après discussion d’une quinzaine de minutes avec leurs supérieurs, auraient été contraints d’émettre six constats individuels, affirme le Bromontois.

«Il a dit qu’il allait négocier avec ses supérieurs, parce qu’il ne laissait plus de chance aux contrevenants», rapporte Francis Lambert, qui dit avoir ressenti un énorme malaise lors de la remise des contraventions.

«Ils cherchaient des façons de nous expliquer pourquoi ils étaient obligés de nous donner ça, mais ça s’est terminé en bons termes avec les policiers. On comprend qu’ils ont une job à faire.»

Vont-ils contester les contraventions ? «C’est sûr et certain», répond-il, avec l’intention de savoir ce qui a mené à l’intervention dans sa cour.