Le futur Lab-École de Shefford aura des toits en pente, une abondante fenestration et cinq pavillons qui encercleront une cour centrale verdoyante avec vue sur la montagne.
Le futur Lab-École de Shefford aura des toits en pente, une abondante fenestration et cinq pavillons qui encercleront une cour centrale verdoyante avec vue sur la montagne.

Des airs «de colonie de vacances» pour le Lab-École de Shefford

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Avec son style, ses cinq pavillons disposés en fer à cheval et son emplacement champêtre, le Lab-École de Shefford aura des allures «de colonie de vacances», affirme l’architecte Pierre Thibault. Québec a dévoilé lundi les concepts architecturaux retenus pour les six futurs établissements primaires à bénéficier d’une réflexion visant à «repenser l’école» au chapitre du design, de la mobilité et de l’alimentation.

Du lot, celui de Shefford, oeuvre des firmes Pelletier de Fontenay et Leclerc architectes, de Montréal, se démarque par «un site exceptionnel» et un aspect qui lui donne des airs de «camp villageois ou de colonie de vacances», dit M. Thibault, un des fondateurs du Lab-École en compagnie de Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie. 

Des toits en pente, une abondante fenestration et la prédominance du bois caractérisent les bâtiments qui encercleront une cour centrale verdoyante avec vue sur la montagne. «C’est un espace très intéressant, dit l’architecte et enseignant. C’est comme si l’enfant ira dans sa maison qui compose le village», note M. Thibault.

Un pavillon sera réservé à chaque cycle du primaire, et chacun abritera des gradins et des espaces collaboratifs. Les plans ont été conçus pour augmenter l’espace intérieur, qui sera de 30 % plus grand que dans une école conventionnelle. 

Des zones sont réservées aux vestiaires, par exemple, ce qui libère les traditionnels couloirs empêtrés d’objets. Foi de Pierre Thibault, ces couloirs deviendront des «ruelles d’apprentissage» et ne serviront pas qu’à circuler. 

La «salle à manger» a également été pensée pour rendre le moment des repas «ludique et agréable», entre autres grâce à ses espaces multiples. À l’extérieur, un potager permettra de garnir les menus et un perron bordant chaque pavillon pourra accueillir des classes en plein air.

Finalement, les bâtiments du Lab-École ont été conçus pour réduire le bruit ambiant avec une «acoustique absorbante». «Ça, on y tenait tellement, dit M. Thibault. Ça change complètement l’expérience de l’enfant. Fini la cacophonie!»

La «salle à manger» a été pensée pour rendre le moment des repas «ludique et agréable», entre autres grâce à ses espaces multiples.

Attraction et épanouissement

Toutes ces innovations visent à rendre l’école plus agréable et, à terme, à réduire le décrochage scolaire. Et les travaux menés par l’équipe du Lab-École pourront être utilisés pour les futures constructions scolaires, rappelle Pierre Thibault. «On veut que l’école soit attractive», résume-t-il.

Au centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, on se dit très satisfait du «volumineux travail» fait dans ce dossier, indique le directeur des ressources matérielles, volet projets, Mario Beauvais. «Ça remplit entièrement les critères qu’on avait définis», dit-il, rappelant que le Lab-École de Shefford vise «un épanouissement des élèves à travers le contact avec la nature».

«On n’est plus uniquement dans la classe et les élèves seront davantage stimulés», note-t-il.

Doté d’un budget de 18 M$, l’établissement comprendra 16 classes, dont quatre de niveau préscolaire. Situés près de la route 112 et du chemin Saxby, ses locaux seront, aussi autant que possible, accessibles à la population pour diverses activités.

Shefford y annexera de plus un centre multifonctionnel qui pourrait voir le jour en même temps que le Lab-École, dont l’ouverture est prévue pour la rentrée 2022, dit le maire Éric Chagnon. «On attendait le dévoilement pour agencer le centre à l’architecture du Lab-École, dit-il, parce que les bâtiments communiqueront.»

Le centre accueillera plusieurs loisirs municipaux qui sont présentement offerts à l’hôtel de ville, ainsi que de nouveaux.

Shefford était l’une des rares municipalités de plus de 7000 habitants à ne pas avoir d’école, rappelle M. Chagnon. «On est super contents, c’est un projet qui s’harmonise bien avec la nature. Ça se prête bien à Shefford.» 

Les autres Lab-Écoles seront construits à Gatineau, Maskinongé, Québec, Saguenay et Rimouski. Ils ont fait l’objet du premier concours d’architecture dédié au bâtiment scolaire au Québec en 50 ans.

Le dévoilement des concepts retenus devait avoir lieu en mars, mais la pandémie a retardé les plans.