Une équipe de biologistes a participé à un projet visant à préserver la qualité de l’eau du ruisseau Blanc, cet été, à Rougemont­.

Des actions pour améliorer la qualité de l’eau du ruisseau Blanc à Rougemont

Passages à gué avec un véhicule, présence de plantes envahissantes, amoncellements de déchets : plusieurs problématiques ont été identifiées par une équipe de l’Association du mont Rougemont et de Nature-Action Québec lors d’un projet de préservation de la qualité de l’eau du ruisseau Blanc. Les propriétaires terriens concernés seront ou ont déjà été rencontrés.

Les deux organismes ont reçu une subvention de la Fondation RBC pour réaliser ce projet. Depuis le début de l’été, une équipe de biologistes ont parcouru le sous-bassin versant du ruisseau, qui sillonne le flanc sud de la montagne du sommet à son pied, sur environ 1,5 km, à la recherche de toute source menaçante pour la qualité de l’eau. Plus d’une dizaine de puits d’alimentation en eau se trouve dans le bassin versant du ruisseau.

« Les traverses à gué, c’est l’une des principales choses qu’on observe dans le mont Rougemont, remarque Pierre Pontbriand, coordonnateur de l’association. Les propriétaires ou d’autres usagers passent dans le ruisseau avec un véhicule ou vélo. »

Ces passages brouillent l’eau, ce qui affecte la faune, et pourraient entraîner des pertes de liquides, comme de l’essence, dans l’eau.

Des déchets laissés par des marcheurs, ou des amoncellements de résidus de construction, par exemple, constituent aussi un risque pour le cours d’eau.

Les biologistes ont également observé la présence de plusieurs plantes envahissantes, comme le phragmite. « Ça se pourrait qu’on aille chercher du financement pour éliminer les espèces exotiques envahissantes, envisage M. Pontbriand. Ce sont des opérations qui pourraient être menées pour les contrer. Il y en a quand même pas mal. »

Percolation trop rapide

La composition du sol au pied de la montagne, dans ce secteur, fait par ailleurs en sorte que l’eau est absorbée très rapidement.

« Ce qui est si particulier au mont Rougemont, dans le secteur du ruisseau Blanc, c’est que les dépôts de surface sont friables et perméables, explique Pierre Pontbriand. Ça fait en sorte que l’eau de surface percole et atteint rapidement la nappe phréatique. Ce n’est pas le cas de toute la plaine argileuse qui l’entoure. L’eau qui est en surface dans la plaine percole lentement et arrive relativement filtrée en dessous. »

Avec une absorption rapide, près du ruisseau, l’eau n’est pas autant filtrée que dans la plaine. L’eau polluée risque de se rendre jusqu’à la nappe phréatique. La qualité de l’eau est ainsi vulnérable, ce qui rend la prévention essentielle.

Les propriétaires rencontrés

La quinzaine de propriétaires de terres jouxtant le sous-bassin versant du ruisseau seront contactés dans les prochaines semaines, si ce n’est déjà fait.

Quelques-uns recevront par ailleurs un cahier contenant notamment des recommandations spécifiques. D’autres recevront un fascicule sur les bonnes pratiques reliées à l’eau.

« La plupart sont toujours contents de savoir ce qu’il y a sur leur terrain. Ce n’est pas toujours eux qui ont une mauvaise pratique. Ils sont parfois très contents de savoir ce qui se passe chez eux. Il y en a qui savent déjà, mais manquent de motivation pour adopter de meilleures pratiques. »

Passer dans le ruisseau est plus facile que de construire une passerelle, donne-t-il en exemple. « Mais faire une passerelle, ce n’est pas nécessairement difficile, assure M. Pontbriand. On peut même les aider à la réaliser. »

Si la passerelle ne touche pas au lit du ruisseau, aucun permis du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’est requis, souligne-t-il.