Les sablières du Petit rang Saint-Charles, à Saint-Paul d'Abbotsford, seraient « très prisées » des adeptes de VTT et de motocross.

Des « partys » de VTT qui dérangent

À Saint-Paul d'Abbotsford, la présence de motocross et de véhicules tout-terrain dans des sablières en retrait du Petit rang St-Charles dérange. Des citoyens du secteur sont venus se plaindre au conseil municipal et ont exigé des élus que des mesures soient prises pour retrouver leur tranquillité d’esprit.

Selon Andra Profir, venu s’exprimer en son nom et celui d’autres citoyens, mardi, la situation cause une problématique de « bruit excessif ». « Depuis plus d’un an, c’est cinq jours par semaine, ou plus, de 14 h à 23 h, sans arrêt. Il est urgent pour le voisinage qu’on puisse retrouver le calme », a-t-il plaidé, alléguant qu’ils étaient plusieurs à craindre pour la sécurité de leurs enfants et à noter une dégradation de leurs propriétés.

Des résidents du secteur sont victimes d’intimidation, a allégué le citoyen, qui a aussi fait état de coups de feu et de feux à ciel ouvert allumés dans les sablières lors de fêtes qui s’étireraient jusqu’au petit matin. « C’est la réputation du village, en termes de quiétude et de sécurité des citoyens, qui est compromise, sans parler que la situation menace la valeur de nos propriétés », a-t-il fait valoir.

Les appels à la police ne donnent pas les résultats escomptés, a poursuivi M. Profir. « On s’est fait recommander d’amener ça à la Ville. »

Problématique cyclique
La problématique est cyclique depuis nombre d’années, a souligné le directeur général Daniel-Éric St-Onge. « Ça va faire bientôt dix ans que je travaille pour la municipalité et c’est quelque chose qui revient régulièrement », a-t-il expliqué.

Interpellé, le maire Robert Vyncke s’est montré sensible à la question. « On a déjà averti les propriétaires qu’on voulait leur collaboration et la SQ doit appliquer le règlement sur les nuisances, a-t-il répondu. J’ai communiqué avec le nouveau chef de la SQ dans Rouville qui va se pencher sur le dossier. »

L’élu a toutefois invité les citoyens mécontents à déposer des plaintes à la police pour faire cesser « cet usage qui n’est pas permis par la réglementation municipale ».

« Souvent, on prend connaissance des événements quelques jours après qu’ils se soient produits », a renchéri M. St-Onge, invitant du même souffle la population à utiliser la ligne d’urgence de la municipalité pour signaler toute nuisance au moment où elle est constatée.

Contrôle difficile
Le propriétaire de l’une des sablières en question, Roger Voghell, se trouvait dans la salle. Un litige concernant entre autres l’exploitation de la sablière l’oppose à la municipalité depuis quelques années devant les tribunaux.

Le ton a monté plus d’une fois entre le maire et l’agriculteur, qui s’est défendu d’exercer des activités illégales sur sa propriété. « Mon pit de sable est fermé », a-t-il dit, avant d’inviter ses concitoyens à communiquer avec lui en cas de problème. « Qu’ils nous appellent et on va régler ça. Je suis un bon payeur de taxes », a-t-il ajouté.

Sa fille Stéphanie a déploré que la municipalité ait invité les gens à déposer des plaintes contre eux pour une situation qui, selon elle, est « difficile » à contrôler. « Je suis fatiguée que vous nous fassiez passer pour le mouton noir », a-t-elle lancé au maire, mentionnant que la sablière voisine était aussi visitée par les motocyclistes.

Dans un courriel qu’elle a fait parvenir à La Voix de l’Est mercredi, la dame a fait valoir que les sites du Petit rang Saint-Charles sont « très prisés » des adeptes de VTT et de motocross, et qu’il est difficile de contrôler leurs allées et venues. « Le problème, ce sont les personnes de l’extérieur qui viennent à n’importe quelle heure et la nuit », souligne-t-elle, ajoutant envisager l’installation d’une barrière pour limiter l’accès au site.

Elle a également tenu à démentir qu’une rémunération est demandée pour permettre l’accès au site, comme il avait été avancé au cours de la séance du conseil.