Après la pause, une saveur locale s’est invitée sur scène, sous la forme du Granbyen David Lefrançois et son trio néo-trad La Croisée d’Antan. Le coup de coeur de nombreux spectateurs.

Dernière demi-finale du FICG: des finalistes aux oiseaux!

À l’issue de la quatrième et dernière demi-finale, samedi soir, le jury du Festival international de la chanson de Granby a tranché : la grande finale appartiendra à Classe Mode, le.Panda, Guillaume Bordel et Laurence et les Polygones. Mais aussi à la Croisée d’Antan, que les spectateurs présents aux quatre soirées du concours ont désigné comme leur coup de coeur. Inutile de vous dire que les chanceux ont réagi comme s’ils venaient de remporter le million à la loterie.

Les juges avaient l’embarras du choix parmi les 24 auteurs-compositeurs-interprètes et groupes qui ont défilé sur la scène du Palace cette semaine. Les six derniers concurrents de samedi ayant aussi offert de solides performances, le choix n’a pas dû être facile…

L’ouverture de la soirée a été confiée au trio montréalais Valse Fréquence, qui n’en est pas à ses premières armes dans le milieu. Beaucoup de guitare, de la batterie, des sonorités aériennes, voilà ce qu’ont offert Thomas, Louis et Anne-Marie d’abord sur la pièce Jeté dans le vide, puis avec À rebours. Donnons à César ce qui lui revient; la musique du groupe distille une belle cohérence, des harmonies soignées, la voix de Thomas assure. Mais ça manquait d’énergie, nous a-t-il semblé. Valse Fréquence a terminé son tour de chant par Rouge, la couleur de la passion… et on aurait aimé la sentir.

L’Ontarienne Joëlle Villeneuve s’est ensuite présentée devant l’auditoire en interprétant Cet amour au clavier. Son timbre claironnant (parfois un peu nasillard) a su lui donner une couleur particulière. L’orchestre maison du Festival a fait des petits miracles pour enrober richement ses compositions, dont Canicule. Au piano, elle a interprété Une dernière danse, une pièce mélodieuse mettant surtout en valeur ses talents de musicienne.  

On a ensuite fait la rencontre d’un drôle de numéro, Guillaume Bordel de son (vrai?) nom. Celui qui, sur Facebook, se qualifiait de «moitié de finaliste» s’est d’abord lancé dans Blue Ribbon, une prestation dynamique, où la guitare électrique et le pedal board ont fait grimper la température dans la salle. «Vous êtes des ostis de crinqués!», s’est exclamé le Montréalais, diplômé de l’École de la chanson de Granby.

Un peu plus tranquille, Changer le décor a néanmoins pris de la puissance en cours de route, au grand plaisir de la foule. Il n’a pas la voix la plus juste, mais il sait rocker, Guillaume Bordel, même avec un texte léger comme Au soleil. On n’a pu s’empêcher de voir en lui un petit bout de Dédé Fortin.

Taper du pied

Après la pause, une saveur locale s’est invitée sur scène, sous la forme du Granbyen David Lefrançois et son trio néo-trad La Croisée d’Antan. Sans une once de chauvinisme, avouons que les nombreux spectacles que ces garçons présentent en Amérique du Nord et en Europe ne sont pas étrangers à leur aisance. Jamais de l'eau entre les repas a permis au public de rapidement apprécier leur univers.

Si leurs voix à l’unisson ont légèrement chancelé à l’occasion, les gars ont livré une très bonne performance, que ce soit sur le très traditionnel Le carillon ou en lançant Le vieux d'la vieille, une chanson à répondre endiablée. On a beau ne pas triper sur le trad, force est d’admettre que La Croisée d’Antan déménage. Lorsqu’un bébé de quelques mois se trémousse d’instinct à deux pas de nous et que la foule se lève spontanément, ça ne trompe pas!

Changement de registre complet avec l’arrivée de la Beauceronne Maelydée. Sa chanson Mon amour d’automne a dévoilé une auteure talentueuse, jouant avec les mots avec brio. Sans instrument autre que sa voix, Mélissa Doyon s’est laissée aller avec confiance sur la musique du house band.

Naturelle et assurée, la toute jeune a enchaîné avec la jolie La symbiose des coeurs. Par moment, on aurait cru entendre Pierre Lapointe en version féminine. Celle «qui pense trop» y est ensuite allée de Ruine d’un corps, une chanson sur la mort livrée avec émotion.

Puis, cette 51e édition du grand concours a laissé le dernier mot à un spécimen aussi attachant qu’intrigant. Son nom d’artiste : le.Panda. Sa voix douce comme du miel et ses envolées musicales presque oniriques ont marqué sa première pièce, Le Fleuve. Homme-orchestre, le Québécois colore ses chansons tantôt de guitare, tantôt de flûte ou d’harmonica, comme sur Jennifer, plus faible côté plume, mais forte en personnalité.

Le gars en salopette a mis un terme à la ronde des demi-finales en lançant Relax, une chanson chill tout à fait de circonstance. Et tout à fait à son image.

Prochain rendez-vous : le vendredi 23 août à 19h30 pour la grande finale.