L’exposition Le chemin de la paix se concentre sur les derniers mois de la Grande Guerre, explique l’historien Jeremy Reeves.

Dépoussiérer la Grande Guerre

Pour redonner une voix aux disparus et permettre aux amateurs d’histoire de revivre l’action militaire du siècle passé, la Société historique du comté de Brome organise Le chemin de la paix. Une toute nouvelle exposition sur l’un des épisodes les plus marquants de la Grande Guerre : l’Offensive des cent jours.

« C’est vraiment un moment passionnant de la guerre, c’est là où l’on sort des tranchées et que l’avancée se fait de plus en plus rapidement », souligne le spécialiste de l’histoire militaire du musée de Lac-Brome, Jeremy Reeves. C’est aussi à partir de ce moment que les forces canadiennes ont commencé à être plus utilisées et à s’illustrer davantage. »

Surprenant

L’exposition comprend des fusils d’époque, des trophées de guerre ou encore des casques pris aux vaincus. Le champ de bataille est dépoussiéré au musée du comté de Brome.

Plusieurs articles surprenants de la collection du musée ont été sélectionnés avec soin, comme ce livre officiel de l’armée canadienne relatant la dernière bataille de ce qui devait être la dernière guerre, soit l’offensive Meuse-Argonne.

« C’est vraiment un objet particulier parce que sa couverture est faite d’une toile de camouflage qui recouvrait un avion allemand. Il n’en existe que 18 exemplaires, dont la plupart ont été donnés à des membres de la royauté britannique », souligne l’historien.

Des items comme des armes, des casques et des lettres permettront aux visiteurs de découvrir cet épisode de l’histoire.

L’exemplaire exposé a été légué à la société historique au même moment que d’autres objets ayant appartenu au brigadier général Dennis C. Draper, le Bromois le plus décoré de la guerre.

Le centenaire de la signature de l’Armistice est également l’occasion d’explorer l’histoire militaire régionale, qui a peu été documentée jusqu’à présent. Selon le spécialiste Jeremy Reeves, une soixantaine d’habitants du comté auraient fait face aux troupes de Guillaume II.

« C’est difficile à déterminer avec exactitude puisqu’il y a des gens qui se sont engagés ici, mais qui étaient nés en Grande-Bretagne », explique-t-il.

Quelques lettres touchantes de ces militaires se retrouvent dans l’exposition.

« Le courrier était une façon pour eux de s’échapper du quotidien et de continuer à faire partie de leur communauté. Ils questionnaient leurs proches sur le temps qu’il faisait ici, sur la pêche ou le Brome Fair », précise Jeremy Reeves.

La pointe de l’iceberg

Le chemin de la paix est en fait un des quatre volets que la Société historique consacre à la célébration du centenaire de l’Armistice. Grâce aux subventions de plusieurs partenaires locaux, le musée du comté de Brome a pu inventorier pour une première fois les centaines d’articles qui composent sa collection. L’équipe a également mis sur pied une tournée dans les écoles de la région, permettant ainsi à 350 élèves d’assister à une conférence sur la Grande Guerre. Une somme a également été réservée pour la création d’un site web.

L’exposition Le chemin de la paix sera présentée au musée du comté de Brome jusqu’au 3 mars. Jeremy Reeves glisse qu’il sera présent en semaine ainsi que deux samedis par mois et qu’il sera « très heureux de répondre aux questions des amateurs d’histoire ».