La circulation sera perturbée sur l’autoroute 10 en direction ouest, entre Bromont et Saint-Alphonse, alors que l’on asphalte la chaussée et les bretelles d’accès.

Déplacements difficiles sur l'autoroute 10

Il n’y a pas qu’à Montréal et en périphérie où les usagers de la route sont aux prises avec les cônes oranges. C’est le cas également dans la région, alors que des travaux d’asphaltage s’échelonnant sur un mois viennent d’être lancés lundi sur l’autoroute 10 en direction ouest, entre Saint-Alphonse et Bromont. Un chantier qui cause bien des maux de tête aux utilisateurs des transports en commun, qui voient les délais pour se rendre de Bromont à Montréal par autobus s’allonger en raison des détours et de la congestion.

Dominique Tremblay prend quotidiennement l’autobus au stationnement incitatif à proximité de la sortie 74 à Bromont. Une façon rapide et plus écoresponsable de se rendre au travail, à Montréal, comme le font des dizaines de personnes de la région. Or, la fermeture de la bretelle d’accès à l’autoroute change la donne. Du moins pour les délais.

« Depuis lundi, l’autobus doit revenir vers Sherbrooke sur plusieurs kilomètres pour ensuite repartir en sens inverse. Ça rallonge le trajet d’une vingtaine de minutes parce qu’on doit repasser en plein dans le bouchon causé par les travaux. Je ne comprends pas que l’on ferme des accès d’autoroute pour une aussi longue période. Le MTQ semble avoir pris une décision unilatérale. On refait l’asphalte et le reste autour, ce n’est pas grave », clame la résidente de Shefford.

Par ailleurs, Mme Tremblay dit avoir été informée de ce nouvel itinéraire le jour du début des travaux. Pas question toutefois de jeter la pierre à Transdev, la compagnie propriétaire de Limocar, qui opère le circuit de transport en commun.

« Même si le chauffeur prenait d’autres voies alternatives, on perdrait certainement autant de temps. »

La situation n’est guère plus reluisante au retour, a déploré Dominique Tremblay.

« Le soir, ça bouchonne pas à peu près avant la zone des travaux. Ceux qui sont de Sherbrooke, c’est le branle-bas de combat. Tout le système d’autobus est perturbé pour un long mois. Et je suis convaincue que le MTQ va nous faire le même coup de l’autre côté de l’autoroute dès qu’ils auront terminé en direction ouest. »

Plan B

Selon la porte-parole de Transdev, Marie-Céline Bourgault, l’entreprise aurait été informée seulement vendredi dernier que des travaux d’asphaltage interféreraient avec leurs opérations dès lundi. « Ça n’a pas donné beaucoup de temps pour faire de l’information à la clientèle », a-t-elle mentionné.

Un plan B aurait toutefois été adopté par le transporteur pour diminuer les délais.

« Le ministère des Transports a proposé un veto pour les autobus de Transdev qui ajoutaient entre 20 à 25 minutes par trajet vers Montréal en raison des travaux. Limocar a demandé l’autorisation d’utiliser le rang Bergeron [comme route alternative pour rejoindre l’autoroute]. Ce qui a été accepté. C’est plus court pour se rendre au terminus de Bromont. »

On parle d’environ 10 minutes supplémentaires que le circuit normal, estime Mme Bourgault. « On est à évaluer ce que [les détours] occasionnent en terme de perte financière pour Transdev », a renchéri la responsable des communications.

Deux phases

Appelée à commenter le dossier, la porte-parole du MTQ en Estrie, Nomba Danielle, a réfuté les propos de la représentante de Transdev voulant qu’un avis de travaux ait été transmis tardivement aux usagers de la route.

« On a pris des mesures pour que les gens soient avertis. On a émis un avis d’entrave autant aux transporteurs qu’aux municipalités 10 jours avant le début du chantier, soit le 17 mai. »

Selon Mme Danielle, des panneaux d’affichage variables indiquant le début des travaux ont aussi été installés en bordure de l’autoroute des Cantons-de-l’Est le 23 mai.

En ce qui concerne le délai d’un mois pour la réalisation des travaux, la porte-parole l’a qualifiée de « très raisonnable ». « Le chantier en cours actuellement concerne 12 km d’autoroute. Ça va de Saint-Alphonse-de-Granby à Bromont. Étant donné l’ampleur du chantier, le Ministère s’est arrangé pour accommoder les usagers de la route dès le départ. »

En ce sens, les travaux ont été scindés en deux phases. L’une au printemps, et la seconde l’automne prochain. « Même si c’est plus avantageux pour nous, on ne travaillera pas l’été pour ne pas créer d’entraves lorsqu’il y a le plus de déplacements sur l’autoroute. »

Le tronçon qui est asphalté actuellement va des kilomètres 72 à 77. À cela s’ajoutent les voies d’accès, pour un total de 7 km de nouveau bitume. « Fermer les bretelles occasionne des détours. Mais on ne pouvait pas les garder ouvertes alors que l’on est en train de les asphalter », a expliqué Mme Danielle.

Le lancement de la deuxième phase des travaux en direction ouest, qui devrait également s’échelonner sur près d’un mois, est prévu « autour de septembre ». On remettra alors la chaussée du kilomètre 68 à 72 en état.

Les usagers de la route devront s’armer de patience, car ils ne seront pas au bout de leur peine. En effet, le MTQ prévoit faire des travaux similaires en 2020 dans le même secteur, en direction est, a confirmé Nomba Danielle, ne voulant toutefois pas s’avancer sur un échéancier précis.

« Il est probable que l’on adopte la même configuration qu’en sens inverse. »