La municipalité de Farnham n’a pas encore statué sur l’avenir du bâtiment de la gare de triage.

Déplacement de la gare de triage: un projet de 124 M$ à Farnham

La relocalisation de la gare de triage de Farnham en dehors du centre-ville nécessitera un investissement de 124 millions $, mentionne la plus récente étude sur le projet de liaison ferroviaire entre Montréal et Sherbrooke. Le montage financier prévoit que les promoteurs injecteront 100 millions $ pour construire les milliers d’unités de logement envisagées sur l’immense site de 14 hectares.

Depuis des années, la gare de triage de Farnham, située en plein coeur de la municipalité, soulève de vives inquiétudes sur le plan de la sécurité, notamment en raison de la proximité de wagons remplis de matières dangereuses qui y transitent. Idem pour le blocage d’artères importantes lors du mouvement des convois. « Le transfert de la gare de triage, j’en fais un cheval de bataille », a fait valoir le maire de Farnham, Patrick Melchior.

Selon l’étude réalisée par Bluejay Advisors, la facture de la construction de la nouvelle gare de triage est estimée entre 78 et 118 millions $. Cette somme prévoit 20 % pour « les imprévus ». Un montant de 6 millions $ est envisagé pour la décontamination du site, qui s’étend sur 1,5 million de pieds carrés (139 000 mètres carrés).

« En faisant l’hypothèse que les condos se vendront pendant une période de 10 ans, un investisseur privé pourrait investir 100 millions $ et obtenir 20 % de rendement », peut-on lire dans le document, dont La Voix de l’Est et La Tribune ont obtenu copie. Le plan financier prévoit que le fédéral et le ministère des Transports du Québec (MTQ) contribueront respectivement à hauteur de 12 et 8,4 millions $. La municipalité bouclerait le budget en accordant 3,6 millions $.

Centre-ville 2.0

Un projet « très ambitieux », a concédé Patrick Melchior. « On est rendus là. D’une part, il y a tout l’aspect sécuritaire. D’autre part, on sait que sur le plan du développement durable, on favorise la densification plutôt que l’étalement urbain. [...] On veut faire un beau centre-ville 2.0 en gardant du couvert forestier. »

Une première rencontre a déjà eu lieu avec de potentiels promoteurs, a mentionné le maire. Les pourparlers doivent reprendre au début août pour « asseoir les bases d’un éventuel projet » immobilier, a-t-il précisé.

Le lieu de relocalisation de la gare de triage n’est toutefois pas arrêté. La Ville préconise des sites aux deux sorties de la municipalité aux abords de la route 104. « La Ville doit faire des approches et statuer ultérieurement », a précisé M. Melchior.

Et qu’adviendrait-il du controversé bâtiment de la gare de triage ? « Ça ne suppose pas qu’on le démolit, a indiqué le maire. Au contraire, je pense que la majorité de la population voudrait bien qu’on le garde. On va se pencher sur la question. »

Parmi les options, la bâtisse, jugée patrimoniale selon Ottawa, pourrait être transformée en musée ferroviaire avec un café-boutique, a mentionné Patrick Melchior.

Bedford-Farnham

Le projet « d’actualisation et de bonification » des infrastructures ferroviaires prévoit un budget global de 300 millions $. Cette somme permettrait, selon l’étude, la mise à niveau de la signalisation et des rails pour que les trains de passagers puissent y circuler à une vitesse pouvant atteindre 130 km/h. Le transport de marchandises tient également une place prépondérante dans le projet.

En ce sens, 2 millions $ figurent au budget pour la « réparation de la subdivision » du tronçon Farnham-Bedford. Cet apport financier est réparti à parts égales d’un demi-million de dollars provenant du privé, du fédéral, du MTQ et de la localité.

Cet investissement permettrait notamment à deux entreprises spécialisées dans le calcaire ou des produits connexes, Omyat et Graymont, de « demeurer compétitifs sur le marché », tout en ayant moins recours au camionnage. Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du maire de Bedford, Yves Lévesque, vendredi.

Terminal Brigham

Le budget global du projet du terminal Brigham devrait pour sa part tourner autour de 15 millions $. À ce chapitre, un des points majeurs tient au fait que les propriétaires de Gaz Propane Rainville, dont l’entreprise est établie au centre-ville de Granby, envisagent d’y regrouper leurs activités. On prévoit éloigner à plus de 500 mètres des résidences et de l’artère routière les infrastructures liées au propane. De plus, Bourque Transit, une nouvelle entité de Bourque Métal, y piloterait un éventuel centre de transbordement ferroviaire.

Le dossier a également d’importants liens sur le plan de la sécurité publique à Bromont, a rappelé le maire, Louis Villeneuve. Au cours des dernières années, des dizaines de wagons contenant des produits hautement explosifs, entre autres du propane, stationnés tantôt derrière l’école de la Chantignole à Bromont, tantôt au cœur d’un quartier domiciliaire, ont fait craindre le pire aux résidants du secteur. Le regroupement de ces wagons sur le site de Brigham est envisagé.

Toujours selon l’étude, on attend 5,1 millions $ du privé, 2,6 millions du fédéral, 2,5 millions de Québec et 5 millions $ des villes. Il s’agit toutefois de chiffres préliminaires que les municipalités n’ont pas encore pu évaluer, a précisé Louis Villeneuve.