À la direction générale du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin depuis 39 ans, Mario Fortin a pris sa retraite sans tambour ni trompette.

Départ du directeur général du CINLB Mario Fortin

Il a participé à la fondation du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) et en a dirigé les destinées durant 39 ans. Mario Fortin a récemment pris sa retraite sans tambour ni trompette.

Il a complété sa dernière journée de travail il y a une semaine.

M. Fortin a ainsi tourné la page sur « 39 ans de bonheur à la réalisation d’un rêve », a-t-il déclaré vendredi à La Voix de l’Est.

Après s’être absenté quatre mois l’an dernier pour des raisons de santé, Mario Fortin souhaite maintenant prendre du temps pour sa famille et lui.

Des démarches ont été lancées pour lui trouver un successeur à la direction générale. « Le conseil d’administration prend tous les moyens pour assurer la pérennité », affirme le président du C.A., Yvon Lalumière.

Mario Fortin était aux premières loges lorsque les bases du centre ont été jetées, il y a 40 ans cette année. Il était membre du club Natural, auparavant le club des bibittologues. Quelques membres de ce club ont siégé il y a quatre décennies avec des représentants des Loisirs de Granby sur le Comité d’aménagement du lac Boivin, présidé par Gérald Scott et mis sur pied par le maire de l’époque, Paul-O. Trépanier. C’est ce comité qui a décidé de créer le parc Daniel-Johnson pour y permettre la tenue d’activités récréatives et le CINLB pour l’observation de la nature.

Fait méconnu: avant d’accueillir les amants de la nature dans ses sentiers, l’endroit abritait un aéroport.

L’ensemble du Centre d’interprétation de la nature a par ailleurs été construit avec des moyens très limités. « Ça a pris plus de temps pour réaliser le tout. Mais à force d’avoir des bénévoles, des donateurs et des programmes provincial et fédéral, ça nous a permis de faire ce qu’on connaît maintenant. Les bénévoles, les donateurs et les commanditaires ont toujours été la pierre angulaire du centre », avait relevé Mario Fortin à l’occasion d’une entrevue réalisée dans le cadre du 35e anniversaire de la fondation du CINLB.

Développement

Depuis la création de l’endroit, plus de 250 000 arbres ont été plantés sur le territoire de 1114 acres, avait également souligné M. Fortin à cette occasion.

Le programme forestier et le fait que le lac Boivin et ses rives aient été reconnus Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) sont une de ses sources de fierté.

Selon lui, le CINLB est voué à un bel avenir. L’endroit est sur une belle lancée, dit-il. « C’est un milieu exceptionnel. Je pense qu’on a à le protéger jalousement dans notre communauté », dit-il.

Au fil des ans, Mario Fortin a par ailleurs eu à diriger le centre d’interprétation de la nature à travers différentes grandes étapes, dont la signature d’un bail emphytéotique de 50 ans avec la Ville en 2006 et l’imposition en 2012 d’une tarification aux non-résidants de Granby. La lutte aux plantes envahissantes, comme le nerprun bourdaine, a aussi fait l’objet de corvées citoyennes répétées aux cours des dernières années.

Défis

Si tout se déroule comme le souhaite le conseil d’administration du CINLB, le remplaçant ou la remplaçante de M. Fortin pourrait être connu en mars. La date limite pour déposer sa candidature a été fixée au 14 février.

« On espère que le défi va être attractif. C’est un bel environnement et un beau milieu de travail », dit Yvon Lalumière.

La personne recherchée devra être porteuse d’une vision, avoir du leadership et assurer les liens avec les partenaires du centre. Elle devra aussi avoir des valeurs d’intégrité et de saine gestion, relève M. Lalumière.

Selon lui, le prochain directeur général aura de bons défis à relever, notamment la poursuite de la lutte aux espèces envahissantes. « Je souhaite aussi qu’à l’avenir le centre soit plus en arrimage et développe des partenariats étroits avec d’autres joueurs qui sont dans le même secteur », dit le président du C.A.

« On se distingue par notre capacité à recevoir des familles avec des jeunes enfants parce que nos sentiers le permettent et sont accessibles aux poussettes. On espère maintenir le cap en étant une destination parmi d’autres sur le plan régional », conclut-il.