Jean-Pierre Caron a été surpris par ses collègues vendredi, alors qu’un cortège l’attendait à sa sortie de l’usine d’Albany Internaitonal pour le raccompagner chez lui, après son dernier quart de travail avant la retraite.
Jean-Pierre Caron a été surpris par ses collègues vendredi, alors qu’un cortège l’attendait à sa sortie de l’usine d’Albany Internaitonal pour le raccompagner chez lui, après son dernier quart de travail avant la retraite.

Départ à la retraite hors du commun pour un employé d’Albany International [VIDÉO]

Jean-Pierre Caron a quitté l’usine d’Albany International de Cowansville pour la dernière fois vendredi alors qu’il partait pour la retraite après 43 ans de service. En attendant de pouvoir souligner cette étape avec ses collègues de manière conventionnelle, le superviseur a eu droit à un cortège spécial d’une vingtaine d’entre eux pour le raccompagner chez lui, de l’autre côté de la ville, après son dernier quart de travail.

Sa dernière journée a été émotive. «Ils m’ont fait des grosses surprises, m’ont donné des beaux cadeaux : c’était super. Je suis émotif, avec toutes les années que j’ai passées là, j’ai été surpris de voir comment j’étais apprécié», a-t-il déclaré à La Voix de l’Est, quelques minutes après avoir été escorté à la manière d’un nouveau marié jusqu’à son domicile.

L’usine était encore en fonction puisqu’elle est considérée comme un service essentiel et tous les employés doivent appliquer les mesures de distanciation sociale, même lorsque vient le temps de dire au revoir à un collègue. «On garde toujours notre deux mètres de distance. Donc on était en grand cercle, c’était émouvant», raconte-t-il.

«Je suis entré par la grande porte quand ils m’ont engagé, et je suis ressorti par la grande porte aujourd’hui. Tout le monde m’attendait et m’applaudissait. Ça m’a touché profondément. Je n’oublierai jamais ça», confie M. Caron, l’émotion dans la voix.

La Sûreté du Québec avait donné le feu vert à l’initiative. Lorsqu’on lui demande ce qui va le plus lui manquer, il répond sans hésitation : ses relations avec ses collègues.

«Jean-Pierre préparait sa retraite, et le super party qui allait avec, depuis des semaines quand les contraintes liées à la COVID-19 sont apparues. Ce satané virus ne l’empêchera pas de prendre sa retraite, mais il a coupé court à un party qui s’annonçait légendaire», indique la responsable de l’initiative, Josée Labrecque, qui ne pouvait se résigner à le laisser partir à la retraite sans souligner son implication au sein de l’usine.

«On va se reprendre un petit 5 à 7 quand le confinement sera terminé», assure d’ailleurs le nouveau retraité.