Le maire, Pascal Bonin, est d’avis qu’il est trop tôt pour lever le moratoire décrété l’an dernier sur le déneigement des trottoirs.

Déneigement: le moratoire maintenu à Granby

La Ville de Granby ne lèvera pas le moratoire qu’elle a décrété l’an dernier sur le déneigement des trottoirs, même si une poignée d’élus aurait aimé que la décision soit revue.

Le point a été abordé lundi soir lors de la séance du conseil municipal. La conseillère, Julie Bourdon-, a demandé que le point soit ajouté à l’ordre du jour. Trois de ses homologues — Éric Duchesneau, Jocelyn Dupuis et Jean-Luc Napper-t — l’ont appuyé, mais les six autres membres du conseil s’y sont opposés, ce qui a eu pour effet de rejeter la demande. 

Le maire n’a pas caché qu’il est aussi d’avis qu’il est trop tôt pour lever le moratoire. Celui-ci a été imposé en 2016, car la capacité opérationnelle de la Ville avait été atteinte, a expliqué Pascal Bonin à un citoyen. « Avec les équipements et le personnel qu’on avait, on était au maximum. Ce qui faisait en sorte que le temps de faire le tour était rendu très long », a-t-il fait valoir. En vertu de ce moratoire, aucune nouvelle section de trottoir n’est ajoutée à la liste. 

Un plan d’ensemble a toutefois été demandé au service des travaux publics afin d’avoir un « portrait global » de la question. Mais le rapport n’a pas encore été déposé, dit le maire, notamment parce qu’un nouveau directeur est entré en fonction cette année à la tête du service. La période électorale a aussi retardé l’analyse de certains dossiers. 

« Actuellement, même si on levait le moratoire, on n’a pas de plan d’ensemble », souligne Pascal Bonin. Selon lui, certains élus souhaiteraient ainsi avoir du déneigement de trottoir « à la pièce ». « Il y a eu une époque avec des Stop (panneaux d’arrêt) politiques. Là, il y aurait des trottoirs politiques. Mais je n’en veux pas de ça. Je veux un plan clair », a ajouté le maire aux médias au terme de la séance tout en précisant qu’il ne croit cependant pas que les demandes des élus soient superflues. 

La nuit

Pascal Bonin a par ailleurs souligné que la Ville a mis en œuvre cette année un projet pilote de déneigement, dans lequel elle a investi 300 000 $ notamment pour modifier certains équipements afin de combiner les opérations de tassement et de salage. 

Le conseil pourrait ainsi se pencher sur la question du déneigement des trottoirs au printemps 2018, une fois qu’il aura le rapport en main et les résultats du projet pilote, a avancé le maire. 

Chose certaine, il n’est pas question de modifier à court terme les règles en matière de stationnement de nuit l’hiver, a à nouveau réitéré Pascal Bonin. D’autres villes, comme Trois-Rivières, Bromont et Saint-Jean-sur-Richelieu, ont revu cette question en optant pour des alertes SMS ou d’autres moyens de communication lorsque des interdictions de stationnement sont en vigueur, mais Granby n’est pas prête à suivre cette voie. 

Facebook

Une position qui a donné lieu à une prise de bec lundi soir entre le maire et le candidat conseiller municipal à la dernière élection, Bruno Junior Saint-Amand. Celui-ci avait lancé l’idée durant la campagne électorale que cette réglementation soit revue. « Je pense que la Ville de Granby est rendue là. Si ça fonctionne à Lévis, je ne comprends pas que ça ne se fasse pas à Granby », a-t-il affirmé lors de la période de questions en demandant à combien s’élève le total des contraventions émises par les policiers depuis le 15 novembre dernier, soit depuis que l’interdiction de se garer dans la rue la nuit est en vigueur. 

« Vous êtes peut-être en campagne pour 2021, M. Saint-Amand, mais je ne le suis pas du tout. Je trouve même la question impertinente. Honnêtement, c’est quoi le rapport avec le service aux citoyens ? Ça fait à peu près 30 ans qu’il y a le même règlement dans la Ville. Quand un citoyen laisse son auto dans la rue, il sait à quoi il s’expose. Il ne se donne pas des masses de tickets. De dire qu’on engrange des sommes avec des tickets, ça fait un peu Facebook, sensationnaliste », a réagi le maire. 

« Vous utilisez Facebook en masse. C’est une petite ritournelle un peu simple », a renchéri Bruno Junior Saint-Amand en faisant valoir que certaines familles ont plusieurs voitures à entasser dans leur cour la nuit venue, durant l’hiver.