Une table de coordination rassemblant des représentants du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) et de propriétaires de poteaux téléphoniques a été formée afin d’accélérer la délivrance des permis pour le déploiement d’Internet haute vitesse.
Une table de coordination rassemblant des représentants du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) et de propriétaires de poteaux téléphoniques a été formée afin d’accélérer la délivrance des permis pour le déploiement d’Internet haute vitesse.

Démonstration de bonne foi pour le déploiement d’Internet haute vitesse

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Le déploiement de la fibre optique dans Brome-Missisquoi pourrait faire un bond en avant. Une table de coordination a vu le jour afin d’accélérer le processus d’acceptation des demandes de permis dans les régions du Québec. À cette table se trouveront des représentants du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) et de propriétaires de poteaux téléphoniques, soit Bell Canada, Hydro-Québec, Télébec et Telus.

La formation de cette table de coordination a été annoncée jeudi dernier en même temps que le programme Régions branchées, qui permettra de subventionner la réalisation de 66 projets visant à connecter plus de 60 000 adresses à Internet haute vitesse, notamment dans la région de Acton/Haute-Yamaska et de Rouville.

La région de Brome-Missisquoi ne fait pas partie de ce nouveau programme puisqu’elle a déjà obtenu une subvention de 27,6 M$ dans le cadre du programme Québec branché, en 2017, pour le déploiement de la fibre.

Le projet prend cependant du retard. La MRC Brome-Missisquoi doutait, en avril dernier, que le projet se termine comme prévu en avril 2021. Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, reste toutefois optimiste puisque la formation de la table de coordination démontre selon lui une bonne volonté de la part des propriétaires de structures de soutènement.

L’organisme IHR Télécom a maille à partir avec ces propriétaires qui, trop souvent, prennent le maximum du temps imparti par la règlementation pour accepter de délivrer les permis demandés. Dans le cas des réparations à apporter aux poteaux, ces travaux prennent parfois plus d’un an avant d’être réalisés par les propriétaires des infrastructures.

Mettre la pression

« L’idée de la table est d’accélérer le partage de ces infrastructures-là avec les demandeurs pour qu’on puisse avoir un accès à Internet haute vitesse plus rapidement, a expliqué le ministre en entrevue avec La Voix de l’Est. C’est un effort de coopération pour aller plus rapidement dans le déploiement au Québec. Ça fait déjà quelques années qu’on sait que ça peut être très long [pour les demandes de permis]. Alors on a demandé la table et tout le monde a accepté de participer. Les demandeurs vont pouvoir faire une demande formelle à cette table de coordination. On pense que ça va accélérer de beaucoup les ententes bilatérales et, conséquemment, permettre d’avoir des services Internet beaucoup plus rapidement. »

Les demandeurs, comme IHR Télécom, pourront présenter leur liste de demandes de permis à la table pour qu’elles soient étudiées rapidement.

« Ça va mettre un peu de pression sur les entreprises pour aller plus vite. Le fait que les entreprises aient accepté de participer à la table démontre leur bonne foi. Je pense qu’elles réalisent que les gens veulent avoir du service. Internet c’est un moteur économique important. »

« Une bonne nouvelle »

La MRC Brome-Missisquoi ainsi que la Fédération québécoise des municipalités (FQM) se réjouissent de la formation de cette table de coordination.

« Ça nous fait plaisir, a commenté Robert Desmarais, directeur général de la MRC. On a déjà notre subvention, le contrat est donné à IHR Télécom. Ce qui retarde, ce sont les télécommunicateurs comme Bell, qui ralentit le processus. »

« C’est une bonne nouvelle à mes yeux. Plusieurs régions ont eu des subventions, mais la problématique est dans l’application, a pour sa part réagi Jacques Demers, président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog. Faut pas se le cacher, l’accès aux poteaux semble très, très compliqué. On a beau annoncer des bonnes nouvelles, des investissements, de contrats qui vont être signés, mais il faut absolument que ça se déploie, qu’on voit cette fibre-là se dérouler sur le terrain. »

Il remarque lui aussi que la pandémie ajoute un poids de taille dans le dossier. Avec le télétravail et les études à la maison, l’Internet haute vitesse devient la norme. « La vie est rendue qu’on a besoin de ça. »

M. Demers espère que cette table permettra de faire ressortir les endroits problématiques et les raisons qui bloquent le déploiement de la fibre.

Mémoire déposé

Appuyée par des organismes chargés d’installer le réseau dans les régions depuis l’annonce de Québec branché, la FQM a déposé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) un mémoire de plus de 30 pages pour mettre le doigt sur les problèmes rencontrés depuis trois ans. La FQM demande notamment un encadrement pour la réalisation des travaux sur les poteaux téléphoniques. Elle propose plusieurs pistes de solutions pour faciliter le travail, comme d’imposer un délai de trois mois pour faire les travaux préparatoires, de veiller à ce que les propriétaires gardent les structures de soutènement en bon état et de changer l’approche demandeur-payeur pour privilégier celle de propriétaire responsable, ce qui permettrait un partage des coûts.

« On a eu des nouvelles comme quoi le CRTC travaille là-dessus et que ça va s’assouplir. Ce que j’entends, c’est qu’il y a une ouverture et que ça devrait avancer plus rapidement. »

Par contre, M. Demers y croira quand il aura des témoignages d’avancement.

Il ne nous a pas été possible d’obtenir les commentaires du directeur de IHR Télécom, Patrick Bonvouloir.

En plus de Québec branché, en cours depuis quelques années, Régions branchées permettra de raccorder d’autres régions au service haute vitesse, de même qu’un programme en cours par le CRTC. Cet été, les deux paliers gouvernementaux devraient annoncer Québec branché 2. Ensemble, ils permettront de connecter 340 000 foyers, lorsque complétés.