La Ville de Granby souhaite démolir un duplex qu'elle a acquis en 2015, rue Saint-Jacques, en prévision d'un projet qui permettrait la construction de 96 logements sociaux.

Démolition projetée d'un duplex à Granby

Le feu vert au projet de construction de 96 logements sociaux rue Saint-Jacques, à Granby, tarde à être donné. Mais l'administration municipale souhaite procéder dès maintenant à la démolition d'un duplex qu'elle a acquis en 2015 en prévision de ce projet.
Un avis en ce sens a récemment été apposé sur l'immeuble sis au 617, rue Saint-Jacques. Toute personne en désaccord avec cette démolition est invitée à manifester son opposition, par écrit, à la greffière de la Ville. Les oppositions reçues seront analysées par le comité de démolition de Granby lors d'une séance publique prévue le lundi 29 mai à 17 h 45, à l'hôtel de ville.
« L'immeuble est dans un état de décrépitude avancé et il n'y a plus de locataires. (...) On l'aurait fait pareil à un moment ou l'autre. On n'investira pas d'argent en attendant de le démolir. On a l'occasion de le faire là », a fait valoir le maire de Granby, Pascal Bonin. 
La Ville de Granby a déboursé 1 million $ il y a deux ans pour faire l'acquisition d'un grand terrain de la rue Saint-Jacques, qui regroupe le 603 rue Saint-Jacques (où logeait autrefois une compagnie de transport) ainsi que le 617 et 619 rue Saint-Jacques (duplex). L'architecte granbyen Denis Favreau et sa conjointe, Guylaine Choinière, aussi partenaire d'affaires, en étaient propriétaires.
Le but : construire 96 logements sociaux dans plus d'un immeuble afin de réduire la liste d'attente de l'Office municipale d'habitation (OMH), souligne le maire Bonin. La principale clientèle visée est les personnes seules ou en couple de 50 ans et plus. 
Lâche pas le morceau
Le projet tarde à décoller, car il a essuyé un premier refus de la Société d'habitation du Québec, souligne Pascal Bonin. Mais il n'est pas question de « lâcher le morceau », affirme-t-il. « Le conseil municipal tient toujours autant qu'avant à faire des logements sociaux », lance-t-il. 
Selon lui, l'OMH présentera assurément une nouvelle demande au cours des prochains mois. « On va analyser les critères qui ont mené au premier refus. Est-ce que c'est le nombre de logements demandés, la clientèle visée ? Il faut voir quelles sont nos erreurs de la première demande pour s'assurer que la deuxième soit la bonne. Je tiens mordicus à ce que la deuxième demande soit acceptée. La communauté se fie sur nous », estime Pascal Bonin. 
Ce dernier affirme que l'ajout de logements sociaux est un des engagements que le conseil municipal actuel a pris pour le secteur communautaire. « J'entends dire qu'on n'a rien fait pour le communautaire. Je tombe des nues. L'indice des prix à la consommation (IPC) tourne autour de 1 % et on renouvelle à 2,5 % les protocoles d'entente avec les organismes communautaires. On a aussi injecté 1 million $ pour l'achat de ce terrain-là et on s'est engagé à participer aux coûts de construction. On n'a pas changé d'opinion. Pour mettre un frein à la pauvreté, un toit sur la tête et des logements abordables, c'est indispensable. La liste d'attente est encore au-dessus de 300 noms », déclare le maire. 
Selon lui, il n'est pas question pour l'heure de démolir également la bâtisse qui a abrité la compagnie de transport. Le service des travaux publics l'utilise en guise d'entrepôt.