L’aréna Guy-Nadeau de Saint-Césaire sera démoli le 10 juin prochain

Démolition de l'aréna Guy-Nadeau: des souvenirs qui s’envolent

Il y a bientôt deux ans que le bruit des lames de patins, des rondelles qui frappent la bande et des parents qui applaudissent les exploits de leurs enfants s’est tu dans l’enceinte de l’aréna Guy-Nadeau de Saint-Césaire. Ce sera plutôt le vacarme du pic des démolisseurs qui se fera entendre à compter du 10 juin prochain.

Si pour plusieurs, la démolition du centre sportif n’est qu’une simple formalité, pour d’autres, il s’agit d’une perte immense. Pour ces derniers, le temps est venu de dire au revoir à ce qu’ils ont longtemps appelé leur « deuxième maison ».

Le patineur artistique de renom Mathieu Ostiguy est du lot. Membre du Club de patinage artistique (CPA) de Saint-Césaire, il doit se résigner à voir disparaître la toute première glace qu’il a foulée. Cette patinoire constitue également l’endroit où il a passé la majeure partie de son enfance. Même s’il n’y patine plus en raison de sa fermeture, l’athlète est en proie à une certaine nostalgie.

« J’ai été témoin de grands moments d’émotions, de passion et de plaisir avec des personnes qui, comme moi, adorent le patinage artistique et qui sont fières de représenter le CPA Saint-Césaire », raconte-t-il. 

Cette patinoire a été son refuge lorsqu’il vivait des moments difficiles. En fait, c’était son lieu préféré puisqu’il pouvait y exercer son sport favori avec ses amis et ses proches. « Je garde des souvenirs impérissables de cet aréna, des gens que j’ai rencontrés à cet endroit avec qui j’ai pu partager ma passion », ajoute le jeune homme.

Un lieu familial

Celui qui détient le titre de champion canadien junior en couple n’est pas seul à vivre ce deuil. D’autres membres du club de patinage artistique sont peinés d’apprendre la destruction du bâtiment ayant une signification importante pour eux. C’est notamment le cas de Judith Ostiguy et Brigitte Beaudry, qui tiennent le même discours nostalgique.

Ce lieu fait partie intégrante de la vie de Judith. Tout comme son frère, elle y a vécu de bons instants. « Voir l’aréna où j’ai passé 20 années de ma vie à créer des souvenirs et vivre tellement de moments magiques se faire démolir me fait beaucoup de peine », déplore-t-elle. 

« Ça fait mal au cœur, je n’irai pas voir ça », lance la présidente du CPA, Brigitte Beaudry. Ayant patiné à cet endroit plus jeune, beaucoup de souvenirs y sont associés. Avant sa fermeture, son fils et sa fille utilisaient l’espace pour y pratiquer quelques sauts acrobatiques. Elle considère le tout comme une histoire de famille. 

En ce qui concerne le hockey mineur, le manque d’heures de glace depuis la fermeture de l’aréna cause certains maux de tête. L’association locale n’est pas indifférente à la situation. « On a plus hâte qu’une nouvelle patinoire soit construite que l’ancienne soit détruite », s’exprime M. Yan Verhoef, responsable du hockey mineur à Saint-Césaire.

Cherchant les mots justes, il croit qu’il s’agit d’une grande perte pour la communauté. Les efforts de ceux qui ont permis la construction de l’aréna en 1973 seront donc détruits avec la perte du bâtiment. Une partie du patrimoine césairois disparaîtra, selon lui, en même temps que l’immeuble.

Long processus

La destruction de l’immeuble survient au terme d’un long processus. L’espoir d’arriver à trouver une solution permettant sa sauvegarde envolé, un contrat de démolition a été accordé en avril dernier à l’entreprise Groupe 132 Construction.

Les travaux dureront entre cinq et six semaines. Quelques incommodités seront évidemment présentes. Le bruit fait notamment partie de ceux-ci. Une présence plus accrue de camions dans la zone pourra aussi être distinguée. Cependant, les usagers du secteur ne vivront pas de congestion.

« Nous sommes loin des échangeurs Turcot », lance à la blague Mme Isabelle François, directrice générale de Saint-Césaire. Elle assure que ce sera des inconvénients normaux. De plus, elle ajoute qu’il n’y a aucune confirmation de projet sur le terrain bientôt inoccupé.