L’ancienne usine Filtex, qui employait jusqu’à 200 personnes à Sutton avant sa fermeture en 2003, pourrait être démolie au printemps si le règlement d’emprunt est accepté par les citoyens.

Démolition de l'ancienne usine Filtex: l’emprunt de 540 915 $ entre les mains des citoyens

La Ville de Sutton saura vendredi soir si elle peut emprunter 540 915 $ pour démolir l’ancienne usine Filtex. Les citoyens ont jusqu’à 19 h pour signer le registre réclamant qu’un référendum soit organisé sur le règlement d’emprunt adopté mardi par le conseil.

Source de maints débats ces derniers mois, l’ancien complexe industriel de la rue Pine cause des soucis de sécurité aux autorités municipales. Une section de la toiture de l’immense bâtiment s’est effondrée durant l’automne et une partie d’un des murs s’est écroulée au début du mois de décembre. « On doit démolir la bâtisse », assure le maire Michel Lafrance. « On a un rapport de nos pompiers qui nous dit que c’est dangereux et qu’on doit procéder à la démolition. Notre compagnie d’assurance nous demande la même chose. »

Les coûts exacts de la démolition restent à déterminer. Les entreprises intéressées par le contrat devront déposer une soumission au terme d’un appel d’offres de la municipalité, a rappelé son directeur général, Pierre Largy. Le montant de 540 915 $ représente une estimation, a-t-il dit, provenant d’une analyse demandée par la précédente administration.

Ce dossier n’est pas nouveau à Sutton. L’avenir de l’ancienne usine de textile, fermée en 2003, est discuté depuis de nombreuses années à la table du conseil. En 2017, la Ville a déboursé 80 000 $ pour acheter les installations, qui couvrent 6503 mètres carrés (70 000 pieds carrés). La transaction prohibe la municipalité à réclamer quoi que ce soit d’autre de l’ancien propriétaire. C’est ce qui explique le faible prix payer pour un terrain au centre-ville. Une caractérisation du sol devra toutefois être faite pour déterminer s’il est contaminé.

Autre particularité de cette affaire : une grande partie de l’usine, près 2416 m2 (26 000 pi2), se trouve sur un terrain appartenant à la compagnie Chemins de fer du Centre du Maine et du Québec. La Ville a l’autorisation de l’entreprise de démolir cette partie de l’usine, soutient M. Lafrance, joint jeudi.

Plusieurs citoyens estiment que la Ville devrait déterminer ce qu’elle entend faire du terrain situé à quelques dizaines de mètres du centre-ville avant de procéder à démolition de l’édifice. Précipiter les choses n’est pas de bon augure, ont-ils indiqué mardi lors d’une rencontre d’information pour parler du processus du règlement d’emprunt.

Gilles Lavoie, coordonnateur du Forum citoyen-Sutton, est d’avis que rien ne presse dans ce dossier. Il a repris l’argumentaire qu’un nouveau citoyen a formulé lors de la rencontre avec les élus et la direction générale. La municipalité n’est pas devant un ultimatum de sa compagnie d’assurance de démolir la bâtisse, a-t-il dit. Cela laisse le temps à la Ville de procéder avec soin, selon lui.

« En nous disant qu’il y a urgence, c’est comme dire qu’il ne reste aucun espace pour la discussion. Ça crée une certaine frustration chez les citoyens quand ils se font demander un chèque en blanc. On veut s’asseoir avec eux et comprendre ce qui se passe. Les gens veulent des explications », a affirmé M. Lavoie en entrevue. « On a une marge de manœuvre pour travailler le projet de démolition pour explorer toutes les possibilités. »

Une consultation publique aura lieu avant que le conseil ne statue de la vocation future du terrain, soutient le maire Lafrance. « On n’a pas d’idées préconçues de ce qui va se faire là. On veut seulement que ça serve à la collectivité. On veut que les gens nous donnent leurs idées, leurs suggestions », a-t-il dit.

Des suggestions ont été lancées avant les Fêtes lors d’une rencontre organisée par Forum citoyen-Sutton. Parmi celles-ci, la création d’un parc, d’une place publique et des cases de stationnement. Le centre-ville en manque cruellement, ont plaidé des citoyens.