Guy Dubuc parle avec fierté des installations des Aliments ACTIV et de sa marque Happy Yak. Le déménagement a débuté il y a un peu plus d’un mois à Cowansville, dans l’incubateur industriel de la rue du Sud.

Déménagement des Aliments ACTIV: le lyophilisé en pleine santé

Les murs d’une vieille usine située à côté du chemin de fer, rue du Sud à Cowansville, cachent ses trésors. Une des quatre entreprises qui s’est établie dans cet édifice transformé en incubateur industriel y a commencé ses activités à la mi-juin.

Les Aliments ACTIV, qui produisent les mets Happy Yak, ont déménagé leurs pénates de Saint-Hyacinthe à Cowansville afin de mettre toutes les chances de leur côté pour obtenir leur certification requise pour exporter à l’international. Une personne travaille à temps plein sur le dossier. Le MAPAQ a déjà accordé ses autorisations pour exploiter les lieux rapidement. La prochaine étape se situe au niveau de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

L’incubateur industriel a permis à l’entreprise, qui se spécialise dans les repas lyophilisés — les amateurs de plein air en sont friands —, de construire les murs de sa nouvelle usine comme elle l’entendait.

Propreté et sécurité

Les représentantes de La Voix de l’Est ont pu visiter ces lieux où on ne badine pas avec la propreté et la sécurité.

Près d’un million de dollars ont été investis pour adapter les lieux et pour se procurer des équipements de la plus haute technologie qui permettront à des aventuriers de se nourrir.

Les opérations de transformation d’aliments, comme la cuisson, le blanchiment des aliments et la lyophilisation, un processus qui consiste à retirer l’humidité dans l’aliment, sont toujours effectuées à St-Hyacinthe. Mais plus pour très longtemps. L’entreprise n’attend plus que la livraison de ses nouveaux lyophilisateurs, qui devraient arriver en septembre, pour déménager l’ensemble de ses opérations dans ses locaux de Cowansville. Cette technologie sauvera temps et argent pour l’usine.

« Il y a cinq ans, la machine prenait 72 heures pour lyophiliser les ingrédients, raconte le copropriétaire des Aliments ACTIV, Guy Dubuc. Elle était très énergivore et coûtait 500 000 $. Aujourd’hui, on est capable de baisser ça à 36 heures avec probablement le quart de l’énergie. Et elles coûtent moins cher. »

Les ingrédients surgelés et frais subissent cette transformation avant d’être ajoutés aux recettes des mets préparés. Certains éléments sont déjà secs, comme les pâtes ou les sauces en poudre. « Le défi de la science est de trouver des ingrédients secs qui vont prendre le même temps de cuisson que les ingrédients lyophilisés pour que ça arrive à un stade wow » lorsque l’eau bouillante est ajoutée.

Sanitaire

Lorsque vient le temps de remplir les sachets repas, une équipe prend les ingrédients dans une salle d’entreposage aux milles arômes et les apporte dans la pièce voisine, blanche et immaculée, où se déroule la production. Les employés travaillent manuellement pour le moment, mais ils pourront très bientôt utiliser une portionneuse multitêtes.

Happy Yak propose des mets lyophilisés, dont les amateurs de plein air sont friands.

« On a des ingrédients de différents poids et de différentes grosseurs. La poudre est lourde, dense et volatile. Les crevettes sont grosses et ne pèsent presque rien et le riz se situe entre les deux, donne en exemple Guy Dubuc en citant trois composantes majeures des Délices de la mer. Si tu mélanges tout ensemble et que tu mets ça dans une portionneuse, qui a un gros entonnoir, et que tu lui demandes 90 grammes, il va te le donner. Mais ça tremble, donc tout ce qui est léger va remonter et la poudre va s’en aller dans le fond. Au final, ça ne sera pas bon. Donc on va avoir une machine qui va avoir quelques entonnoirs de différents ingrédients, une balance pour chaque ingrédient et une balance pour le repas. »

La salle de production a deux portes. La première donne directement sur l’entrepôt d’ingrédients. La deuxième mène notamment à l’entrepôt de produits finis en attente de leur expédition vers la demeure des clients et les boutiques de plein air qui proposent la marque.

Chaque département est séparé et un couloir permet de faire le tour et d’accéder aux pièces sans contaminer les aliments. « Il n’y a jamais de place où ça se croise », souligne M. Dubuc.

L’Équipe

Cette usine est la seule dans ce créneau au Québec. Elle emploie une douzaine de personnes et l’équipe de bureau grandit de plus en plus. Un directeur des ventes de l’Amérique du Nord pourrait d’ailleurs se joindre à elle.

Avec sa partenaire d’affaires Christine Chénard, M. Dubuc voit grand et mise beaucoup sur l’équipe.

« On a des objectifs pour cinq générations d’administrateurs. On va développer notre relève. On n’est pas vieux, mais on peut sortir un peu du front. On a une équipe à bâtir et on ne veut jamais vendre la compagnie », assure-t-il, plaidant du même coup pour que les entrepreneurs québécois arrêtent de bâtir pour vendre ensuite à des investisseurs étrangers.

La relève à l’interne se construit grâce au sentiment d’appartenance que la direction crée. Pour ce faire, chaque membre du personnel passe une journée dans les autres départements par année. Les employés de bureau font de la production et vice versa, par exemple, ce qui leur permet de comprendre le rôle et l’importance de chacun.

« On est en train de créer une entreprise et on fait tous partie de la recette. »

Croissance constante

Les Mets Happy Yak ont eu leur moment de gloire à l’émission Dans l’œil du dragon, en avril dernier. Cependant, les répercussions n’ont pas été aussi importantes qu’espérées. « On ne s’est pas retrouvé avec 800 commandes le lendemain. Au lieu de provoquer une tornade, ça va avoir créé une lame de fond. C’est quelque chose que tu vois tranquillement. »

Malgré tout, le chiffre d’affaires de l’entreprise est plus élevé que l’an dernier. En sept mois, il a atteint celui de 2018.

La croissance ne pourra que se poursuivre avec l’exportation des mets. Les Aliments ACTIV planchent déjà sur un prochain projet d’usine. Déjà à l’étroit dans les nouveaux locaux en cette période de pointe, la direction planchera dans deux ans sur le projet d’une future usine, qui serait alors construite non loin de l’incubateur.