Les agents de la faune ont saisi 75 kg de viande de cerf lors de la frappe anti-braconnage.

Démantèlement d'un réseau de braconnage à Farnham

Au terme d'une vaste opération anti-braconnage pilotée par les agents de la faune de Granby, six suspects pourraient faire face à pas moins d'une cinquantaine de chefs d'accusation pour avoir abattu illégalement des cerfs de Virginie dans le secteur du chemin Curé-Godbout à Farnham.
L'utilisation de permis de chasse de tierces personnes pour tuer plus de gibier que la limite est monnaie courante chez les braconniers. C'est le subterfuge qu'a utilisé le réseau de contrevenants pour tenter de camoufler ses activités illicites.
Or, des informations du public jumelées à la vigilance des gardes-chasses sur le terrain ont permis d'y mettre un terme, a indiqué en entrevue à La Voix de l'Est le lieutenant Claude Lemay, chef de service à la direction de la protection de la faune de l'Estrie. « L'opération a eu lieu tout le temps de la chasse à partir du mois d'octobre. On a fait de la surveillance sur le terrain durant neuf jours consécutifs en plus de nombreuses filatures. »
Dès que les agents ont amassé assez de preuves, ils sont passés à l'action. Trois perquisitions ont ainsi eu lieu à la fin décembre : deux à Saint-Jean-sur-Richelieu et une dans le secteur de Dolbeau-Mistassini au Lac-Saint-Jean.
En parallèle aux nombreuses frappes, six suspects ont été appréhendés. Quatre d'entre eux sont des hommes d'affaires qui résident à Saint-Jean-sur-Richelieu, a mentionné M. Lemay. Les deux autres individus sont de Delson et de Dolbeau-Mistassini.
Cohésion
Les agents de Granby ont été épaulés, pour les perquisitions et les interrogatoires, par leurs collègues de Saint-Jean-sur-Richelieu, Sorel-Tracy, Salaberry-de-Valleyfield et Dolbeau-Mistassini. « Les gens ont souvent l'impression qu'on travaille en silo. Mais ce n'est pas le cas. On en a la preuve dans ce dossier. Ça a été un beau travail d'équipe et ça a donné de bons résultats », a indiqué M. Lemay. 
Les différentes opérations ont permis de saisir 75 kg de viande, soit « l'équivalent de trois chevreuils », a précisé l'agent de la faune, ajoutant que la chair découlant de ces activités prohibées n'était pas destinée à la vente au public. Les braconniers se partageaient vraisemblablement le gibier abattu entre eux.
Près de 47 chefs d'accusation devraient être déposés sous peu contre les suspects : on parle de possession illégale de cerfs de Virginie, de chasse sans permis, d'avoir tué plus de bêtes que la quantité autorisée et d'avoir fourni de faux renseignements lors de l'enregistrement, entre autres. Les six individus s'exposent à des amendes totalisant près de 30 000 $.
Frappe à Rougemont
Un citoyen de Rougemont fera aussi face à la justice pour avoir tué illégalement un cerf, le 3 janvier, sur un terrain privé à Mont-Saint-Hilaire. « Des témoins ont entendu des coups de feu en dehors de la période de chasse. Ils nous ont contactés et on a pu entamer notre enquête », a expliqué Claude Lemay.
Lorsque les agents de la faune se sont présentés sur les lieux, les braconniers avaient pris la clé des champs. Les gardes-chasses ont donc fait appel à un chien pisteur pour recueillir des preuves sur place, notamment des cartouches de chasse et du sang de l'animal abattu.
L'enquête a mené les agents à perquisitionner dans la résidence d'un des deux suspects dans cette affaire, située dans le rang La Petite-Caroline à Rougemont. Un cerf de Virginie a été saisi sur les lieux. Comme à l'habitude, la carcasse ira à un organisme communautaire. Une série d'accusations devraient être déposées prochainement.