Michel Côté, Sylvie Brien Côté, Mélanie Bonneau et Sébastien Côté ont déjà bouilli le résultat de la première coulée de l'année, à l'érablière Côté et fils.

Déjà du sirop d'érable

Le temps doux de la dernière semaine a été favorable aux acériculteurs qui avaient déjà entaillé une partie de leur domaine. Avec les journées et les nuits douces, les érables ont donné suffisamment d'eau sucrée pour que 210 gallons de sirop puissent être produits à l'érablière Côté et fils, à Roxton Pond.
Si la date du 13 janvier peut paraître hâtive, il ne s'agit pourtant pas d'un record pour une première cuvée. En 2016, les fours avaient fonctionné le 11 janvier chez les Côté, mais la production s'était alors limitée à 110 gallons.
L'inauguration annuelle des fours est toujours synonyme d'effervescence chez la famille Côté. Les enfants et petits-enfants de Michel Côté et de Sylvie Brien Côté se réunissent. Des amis débarquent. La grande salle dont, au fil des ans, on a amélioré le confort se remplit et une ambiance festive s'installe. Pendant que les adultes font bouillir­ l'eau, les enfants s'amusent.
« On est la plus grosse érablière dans la région (avec plus de 40 000 entailles) et les autres proches n'ont pas encore entaillé, raconte Mélanie Bonneau, la conjointe de Sébastien Côté. Des gens d'autres érablières viennent pour voir bouillir. »
Entaillé à temps
Avec deux jours et deux nuits de redoux, les érables ont coulé sans répit jusqu'à 2 h du matin, vendredi. « Ce n'est pas toute l'érablière qui est entaillée. On a seulement un petit secteur ; c'est assez pour que ça coule en masse et pour remplir nos bassins, ajoute Mme Bonneau. La nuit, c'est ce qui nous a aidés, ce n'est pas descendu en bas de zéro, donc ça a coulé 24 heures sur 24. » Avec 16 000 entailles à ce jour, l'érablière a déjà livré 13 000 gallons d'eau. L'équipe se prépare à une deuxième coulée, cette semaine, avec le météo clémente annoncée de mercredi à samedi. 
Sylvie Brien Côté a l'expérience des érablières. Au fil des ans, elle a été témoin des changements dans la saisons des sucres. « Ça fait depuis 2013 que c'est de plus en plus de bonne heure », lance-t-elle. Auparavant, les coulées hâtives avaient lieu en... février.
C'est parce que l'érablière de Roxton­ Pond est grande que le travail d'entaille est déjà amorcé. Le sirop de vendredi se retrouvera dans des produits dérivés. Le meilleur, produit pendant la période des sucres, sera vendu à la clientèle.
Plus tôt que la normale à Lac-Brome
Les conséquences positives du premier redoux de la saison ne se sont pas fait sentir dans toutes les érablières des régions de Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi. Tout dépend si les entailles ont été faites, partiellement ou totalement. 
À l'érablière Le murmure du printemps, à Dunham, les érables n'ont pas encore été entaillés, mais pourraient l'être cette semaine, nous dit-on. 
Propriétaire d'une érablière à Dunham, David Hall n'a pas assez d'entailles sur sa terre pour recueillir l'eau d'érable et la faire bouillir. « Cette semaine, peut-être, confie M. Hall, qui est aussi président de la section de Saint-Hyacinthe de la Fédération des acériculteurs du Québec. Mais le taux de sucre n'est pas haut et ça prend beaucoup d'eau. On ne démarre pas la machine pour quelques gallons. On est rendu à 6000 entailles ; peut-être que cette semaine, ça va être une autre histoire. »
L'an dernier, le Bromois a récolté sa première eau d'érable le 4 février. En 2015, on parlait plutôt du 30 mars. Cette année, « c'est plus de bonne heure que la normale­ », constate-t-il.
Performance
La fébrilité a monté d'un cran vendredi soir à l'érablière Côté et fils, où l'on étrennait de nouveaux équipements plus performants.
Les propriétaires sont passés à la bouilleuse et au séparateur à l'huile afin de répondre à l'augmentation de la production des dernières années. Le bouilleuse permet notamment de produire deux fois plus de sirop dans le même laps de temps qu'avec les anciens équipements qui fonctionnaient au bois.
En passant du bois à l'huile, Mélanie Bonneau peut maintenant dormir aux côtés de son conjoint pendant la majeure partie du temps des sucres. Auparavant, le travail requérait une présence à toute heure du jour et de la nuit, indique le couple.