Le vaccin contre la coqueluche est efficace à 85%. La hausse de ce type d’infection préoccupe la DSP de l’Estrie.

Déjà 24 cas de coqueluche en Estrie depuis le début de l’année

Depuis le début de 2019, 24 cas de coqueluche ont été répertoriés en Estrie, soit deux fois plus qu’au cours des cinq dernières années à pareille date. Les deux tiers des personnes infectées n’étaient pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses nécessaires pour être protégées. Une situation préoccupante pour la direction de la santé publique.

« En Estrie, on a des croûtes à manger en matière de vaccination. On a une couverture en deçà de nos objectifs. Pas juste pour la coqueluche, mais aussi pour plusieurs vaccins de la petite-enfance. Ça fait partie de nos priorités », a indiqué en entrevue la directrice de la santé publique (DSP) en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

La coqueluche est une maladie très contagieuse caractérisée par d’importantes et persistantes quintes de toux. « Elle est causée par une bactérie voyageant dans les gouttelettes projetées dans l’air par une personne infectée, lorsque celle-ci tousse ou éternue. »

Selon la Santé publique, 33 % des cas enregistrés en Estrie depuis le début de l’année proviennent des réseaux locaux de services (RLS) de Sherbrooke et de Memphrémagog. Au cours de cette même période, quatre personnes ont contracté la maladie dans le RLS de la Haute-Yamaska. Les trois quarts des 24 individus infectés ont moins de 15 ans. Un enfant de moins de cinq ans a dû être hospitalisé pour ce type de problème de santé. On ne dénombre aucun décès. « On n’a pas eu d’éclosion. On parle de cas isolés ou des familles touchées », a précisé la DSP.

Or, une majorité des gens infectés en Estrie n’ont pas été vaccinés, accroissant ainsi de façon marquée le risque de développer la coqueluche, a constaté Dre Généreux.

« D’autre part, neuf personnes avaient reçu toutes les doses de vaccin. On doit donc rester prudents même si on est vaccinés », a-t-elle ajouté, précisant que l’efficacité de la protection est de 85 %. Les enfants sont plus à risque d’avoir la coqueluche. Toujours selon les données de la DSP, 80 % de cette clientèle est vaccinée en Estrie.

Mesures

Selon Dre Mélissa Généreux, on ne peut pas uniquement blâmer les parents pour le manque de constance dans la vaccination de leurs enfants.

« Une tranche de la population, environ 5 %, sont anti-vaccination. Il y a tout de même une proportion de parents qui se questionnent, qui ont entendu toutes sortes d’histoires. Ce sont ces gens que l’on cible pour les motiver à faire vacciner leurs enfants. »

Pour y parvenir, la DSP veut mettre en place une série de mesures. Notamment d’offrir des plages horaires de soir dans les cliniques, d’améliorer l’accessibilité, de faciliter les rappels de vaccination et la prise de rendez-vous.

Femmes enceintes

Depuis 2018, la vaccination contre la coqueluche est recommandée officiellement aux femmes enceintes par la Santé publique. Elles doivent s’en prévaloir entre la 26e et la 32e semaine de grossesse.

« Le vaccin sert à protéger principalement le bébé. La femme va développer des anticorps qui seront transférés par le placenta au fœtus. Le nouveau-né aura donc la protection dans son système jusqu’à ce qu’il reçoive les autres doses par la suite », a mentionné Dre Généreux.

Une pratique incontournable, a-t-elle insisté, car « le risque d’hospitalisation et de décès liés à la coqueluche est plus élevé chez les moins de trois mois. »

Par la suite, les vaccins contre la coqueluche sont donnés pendant la petite enfance (2,4,6 et 18 mois). Les jeunes seront à nouveau vaccinés à la maternelle puis en troisième secondaire.