L'archéologue préhistorien Roland Tremblay et le biologiste du parc de la Yamaska, Alain Mochon, ont présenté l'artefact.
L'archéologue préhistorien Roland Tremblay et le biologiste du parc de la Yamaska, Alain Mochon, ont présenté l'artefact.

Découverte préhistorique au parc de la Yamaska

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Une simple promenade sur les rives du réservoir Choinière a mené Suzie Laliberté à une découverte exceptionnelle, l'été dernier au parc de la Yamaska. En baissant les yeux, la dame a aperçu, à travers les roches, le fragment d'une pointe de projectile datant de 5000 à 6000 ans. Cette trouvaille exceptionnelle vient confirmer une présence amérindienne ancienne sur les berges de la Yamaska Nord, selon l'archéologue préhistorien Roland Tremblay.
L'artefact, qui fait 7 cm de longueur, est en pierre de schiste gris noir poli. Pointu, il possède un pédoncule portant des encoches latérales. Bien qu'il semble complet au premier coup d'oeil, il n'est en fait qu'une partie d'une lance de javelot ou de sagaie qui servait à chasser l'orignal, l'ours noir ou le cerf de Virginie. La cassure est droite et bien visible.
Hier, en point de presse, il a été possible de voir ce que devait être la pointe dans sa forme originale, c'est-à-dire longue d'environ 8 cm et deux fois large comme le morceau découvert.
D'après Roland Tremblay, il s'agit là d'une pièce typique de la période archéologique de l'archaïque laurentien, de la phase Vergennes. «À cette époque, les populations fabriquaient ce genre d'outils avec de la pierre polie. C'était des gens nomades qui se déplaçaient en forêt et qui vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette. On est certains que la pièce date de cette époque. Elle a probablement été échappée dans ce secteur.»
L'archéologue réfute la possibilité qu'on soit en présence d'un objet plus récent, mais fabriqué selon des méthodes anciennes artisanales. «Les indices ne trompent pas. Il y a une patine ancienne même sur la brisure. De plus, on ne trouve aucune trace d'usinage moderne», dit-il.
Cette découverte vient donc révéler que les rives forestières de la Yamaska Nord ont accueilli de façon sporadique des Amérindiens, bien longtemps avant l'arrivée des Européens. À ce jour, aucune autre pièce de l'époque archaïque n'avait été trouvée dans l'est de la Montérégie.
Le caractère imprévu et l'endroit de la trouvaille - une berge exondée du réservoir Choinière, à l'embouchure de la Yamaska - ne permettent pas, cependant, d'en savoir plus sur cette occupation humaine.
Tous les détails dans notre édition de mercredi