Éric Bédard

Décès subit d’Éric Bédard

Le monde de l’enseignement est sous le choc à la suite du décès subit du président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska. Tôt lundi matin, Éric Bédard a succombé à une embolie pulmonaire. Il avait 51 ans.

« C’est le plus gros choc que j’ai eu de ma vie, et les enseignants et tout le personnel sont assommés », a réagi mardi le 1er vice-président du SEHY, Martin Laboissonnière, la voix encore nouée par l’émotion.

Il raconte que depuis lundi dernier, M. Bédard affirmait ne pas se sentir bien. « Il disait qu’il avait la pression parfois trop haute, parfois trop basse, et il était essoufflé à rien. Tout le monde lui répétait d’aller consulter, mais il n’écoutait pas. Il répondait qu’il allait y aller durant la semaine de relâche... »

M. Laboissonnière connaissait Éric Bédard depuis de nombreuses années, lui qui était en quelque sorte son bras droit au SEHY. Il qualifie son collègue et ami comme « le cœur et l’âme du syndicat », ni plus ni moins. « C’était un guerrier, un homme de grandes convictions, prêt à les défendre à la vie à la mort, comme si sa propre vie en dépendait. L’injustice l’indignait. Il y allait à fond de train, ne ménageait aucun effort pour atteindre ses objectifs. Et il croyait dur comme fer que le devoir de loyauté du professeur était d’abord envers les élèves, pas la direction », témoigne-t-il.

« Un prof passionné »

La majorité des gens qui l’ont côtoyé considéraient également M. Bédard comme un battant, dont Éric Racine, directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC). Malgré leurs divergences d’opinions, celui-ci reconnaît que M. Bédard « était un homme de fortes convictions et qu’il savait défendre vigoureusement ses positions ».

M. Racine a également vanté les qualités d’enseignant d’Éric Bédard, qu’il avait auparavant côtoyé alors qu’il était directeur de l’école secondaire J.-H.-Leclerc de Granby. M. Bédard y a enseigné l’histoire, puis les sciences humaines. « Il était très impliqué auprès des élèves et son type d’enseignement très vivant allait chercher les adolescents. Ceux-ci l’appréciaient beaucoup. »

Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs rapidement exprimé leur stupéfaction et leur tristesse sur les réseaux sociaux. « Un super enseignant. J’en garde un très bon souvenir. » ; « J’ai eu la chance de l’avoir comme enseignant, un prof passionné qui donnait envie de suivre son cours. » ; « Tellement triste, un professeur qui a marqué mon cheminement. Un prof passionné et intéressant à écouter. » ; « Il était un professeur passionné, impliqué et dévoué pour la jeunesse. » ; « Le meilleur que j’ai connu comme prof et tuteur et sachant comment parler à un élève. », peut-on notamment lire sur Facebook.

Le président de la CSVDC, Paul Sarrazin, s’est quant à lui dit « stupéfait, sous le choc, sans mots » à la suite de l’annonce de ce décès soudain. Il salue le courage de M. Bédard, qui a traversé des années difficiles à la commission scolaire, et souligne les qualités de l’homme avant tout. « C’était quelqu’un de direct, franc, sincère et honnête. Quand il parlait, il nous regardait toujours dans les yeux. On avait nos divergences et parfois des échanges musclés, mais ça se faisait toujours dans le respect. Il défendait haut et fort ses positions, mais de façon polie et courtoise. »

Éric Bédard a commencé sa carrière d’enseignant en 1991. Il a occupé la présidence du SEHY de 2003 à 2008, et de façon ininterrompue depuis 2011.

En 2012, il s’était présenté comme candidat aux élections provinciales sous la bannière de Québec solidaire dans Granby.