La directrice de la Santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux

Décès lié au carfentanyl: un cas rarissime

Les intoxications au carfentanyl sont rares au Québec. Le Cowansvillois Austin Rutledge est la seule victime en Estrie. Il a succombé à un mélange de plusieurs substances, dont le carfentanyl, l’automne dernier. La Santé publique est vigilante au sujet des drogues de rue qui peuvent s’avérer fatales.

Rappelons que le coroner Gilles Sainton a rendu publiques les conclusions de son enquête, la semaine dernière, à la suite du décès du Cowansvillois âgé de 25 ans. Son investigation a notamment permis d’établir que l’un des sachets découverts chez la victime contenait un mélange de méthamphémine et de carfentanyl, une substance 100 fois plus puissante que le fentanyl et 10 000 fois plus que la morphine.

Austin Rutledge figure parmi les premières victimes recensées dans la province.

« Ce n’est pas le seul cas [au Québec], mais c’est très rare, explique la docteure Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie, qui a pris connaissance du rapport du coroner. Ce qui est arrivé à notre monsieur de Cowansville est là pour nous rappeler qu’il faut toujours être prudent. C’était le premier cas et ça a été un cas fatal parce que le carfentanyl est excessivement dangereux. Un grain de sel est suffisant pour tuer quelqu’un. »

La docteure Généreux précise que des intoxications volontaires au fentanyl ont été signalées, mais aucun autre cas au carfentanyl n’a été rapporté en Estrie. « On n’a pas réussi à mettre en lumière, à part le cas dont on parle, d’autres cas de drogues qui seraient coupées avec du fentanyl ou du carfentanyl », informe-t-elle.

Relayer l’information
Les dirigeants des corps policiers de l’Estrie et de la Montérégie-Est, dont ceux des MRC de La Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi, ont été rencontrés par la direction de la Santé publique, en février dernier, notamment pour les informer de l’importance de transmettre certains renseignements lors du déclenchement d’une enquête épidémiologique concernant une intoxication aux drogues de rue.

« On a besoin qu’ils nous signalent rapidement toute forme d’information [relatives aux] drogues de rue dangereuses qui circulent ou des intoxications liées à l’utilisation de drogues de rue qui ressortent de l’ordinaire [...] », explique la docteure Généreux.

Depuis, des informations ont été relayées aux autorités médicales.

La situation vécue au Québec n’a rien à voir avec la réalité de l’Ouest canadien, où les cas d’intoxication sont nombreux. Toutefois, les autorités restent aux aguets. « C’est difficile de prédire le futur, mais on veut être bien préparés si une situation similaire s’en venait, dit la directrice de la Santé publique. La bonne nouvelle, c’est qu’on va certainement apprendre des façons de faire qu’ils ont développé là-bas pour bien protéger notre population. »

Enquête policière
La Sûreté du Québec a ouvert une enquête à la suite du décès du Cowansvillois. « Rien ne démontre qu’il y aurait eu commission d’une infraction criminelle qui aurait mené au décès », explique la sergente Aurélie Guindon, porte-parole de la SQ en Estrie.

Les policiers enquêtent notamment sur la provenance des stupéfiants. À ce jour, aucune arrestation n’a été effectuée en lien avec la provenance de la drogue.