Nombreux sont ceux qui ont été ébranlés par la mort tragique de la fillette de sept ans, à Granby.

Décès d’une fillette de sept ans à Granby: une histoire bouleversante

Son histoire a bouleversé le Québec tout entier en 2019. Les circonstances entourant son décès dépassent l’entendement. L’onde de choc créée par la mort de cette fillette de sept ans, à la suite de maltraitance parentale, a entraîné la mise sur pied de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Au premier regard, la maison a tout ce qu’il y a de plus banal. Située dans un quartier résidentiel presque anonyme de Granby, elle cache pourtant de terribles histoires.

Les rubans jaunes et rouges des policiers qui encerclaient la propriété laissaient présager le pire en cet après-midi du 29 avril. Derrière les rideaux tirés du salon, on se doutait bien qu’une tragédie était survenue. On ignorait tout de l’histoire à glacer le sang qui se serait déroulée quelques heures plus tôt.

Après quelques appels, La Voix de l’Est a appris des forces policières que la vie d’une enfant était menacée. Une fillette âgée d’à peine sept ans avait été retrouvée gravement blessée dans la résidence familiale. Celle où vivaient son père, sa belle-mère, son frère et son demi-frère. Alors que sa vie ne tenait plus qu’à un fil, des détails troublants entourant les circonstances dans lesquelles elle a été découverte ont commencé à circuler.

Les policiers, en quête de vérité, ont passé de longues heures à fouiller la maison dans ses moindres recoins. L’hypothèse de la maltraitance de la petite par son père et sa belle-mère a été confirmée. Du moins, les éléments recueillis par les policiers permettent de l’avancer.

Moins de 24 heures après avoir été retrouvée, la fillette a succombé à ses blessures. Ce jour-là, sa belle-mère et son père, âgés respectivement de 36 et 30 ans, dont les identités ne peuvent être diffusées en vertu d’ordonnances de non-­publication, ont été arrêtés.

La femme, qui est toujours incarcérée, est accusée de meurtre au 2e degré, de séquestration et de voies de fait graves. Son père, qui a été remis en liberté conditionnellement à plusieurs garanties, fait face à des accusations de négligence criminelle, de séquestration, d’abandon d’enfant et d’omission de fournir les choses nécessaires à sa vie.

L’enquête préliminaire à leur procès se déroulera en février. 

Tristesse et recueillement

Le décès de la fillette a ébranlé toute la communauté, impuissante devant un tel drame. Le terrain de cette maison où elle a vécu ses dernières heures s’est transformé en un lieu de recueillement. Des parents et leurs enfants, des amis, des voisins, de purs étrangers et des politiciens se sont tour à tour recueillis sur les lieux du drame. Ils sont venus par centaines tandis que des fleurs, des peluches et des dessins d’enfants y ont été déposés par dizaines.

Le drame a suscité un élan de générosité au sein de la population qui a donné près de 11 000 $ pour payer les factures du service funéraire. La cérémonie s’est déroulée dans une église bondée où la tristesse et l’incompréhension régnaient.

La générosité des entreprises de la région a permis de couvrir tous les frais. Les sous amassés ont été versés à la Fondation Mission cœur d’amour CM lancée par la grand-mère paternelle de la fillette pour « aider les enfants de la DPJ », a-t-elle expliqué lors d’une entrevue avec La Voix de l’Est, cet automne.

Elle a d’ailleurs raconté à plusieurs occasions s’être battue pour obtenir la garde de l’enfant, mais en vain. Des signalements antérieurs avaient d’ailleurs été faits à la Direction de la protection de la jeunesse. 

Commission spéciale

En réaction à la mort de la fillette, une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a été créée. Les travaux, présidés par Régine Laurent, ont débuté en octobre. Une série de 40 forums à travers le Québec débutera à Granby, le 14 janvier.

Déjà, la présidente a fait savoir que l’aide aux familles, aux enfants et aux organismes communautaires voués à les aider est insuffisante et qu’il manque de services de première ligne au Québec.