Le soudeur Marcos Antonio Gonzales Osorio, à l’emploi de l’entreprise granbyenne Ezeflow, est décédé après avoir été éjecté de la plateforme élévatrice sur laquelle il travaillait.
Le soudeur Marcos Antonio Gonzales Osorio, à l’emploi de l’entreprise granbyenne Ezeflow, est décédé après avoir été éjecté de la plateforme élévatrice sur laquelle il travaillait.

Décès d’un soudeur: deux causes identifiées par la CNESST

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Deux causes ont été identifiées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour expliquer l’accident qui a coûté la vie à un soudeur de l’entreprise Ezeflow de Granby, en janvier dernier. Une série d’exigences auxquelles l’entreprise s’est conformée a également été imposée par la Commission.

La tragédie s’est déroulée pendant que la victime s’affairait à souder un raccord, une pièce de grande dimension placée en hauteur à l’aide d’un équipement nommé positionneur. 

Le travailleur se trouvait sur une plateforme élévatrice qui était déployée. Celle-ci reposait en partie sur une plaque de métal qui recouvrait une fosse pouvant être ouverte pour réaliser certaines opérations de soudage sur de grandes pièces.

Lors de la rotation du raccord et du plateau du positionneur, une partie de celui-ci a touché à la plaque au sol, ce qui a provoqué son soulèvement, expliquent les inspecteurs dans leur rapport d’enquête rendu public mercredi. C’est à ce moment que la plateforme s’est renversée et que la victime âgée de 50 ans a été éjectée. 

Ses collègues ont rapidement accouru auprès de lui. Traité par les ambulanciers, puis transporté à l’hôpital, Marcos Antonio Gonzales Osorio a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Des exigences

Les inspecteurs de la CNESST chargés de faire la lumière sur ce fatidique accident de travail ont identifié deux causes pour l’expliquer. D’abord, la plateforme élévatrice sur laquelle se trouvait le soudeur s’est renversée lorsqu’elle a été déstabilisée par le soulèvement de la plaque sur laquelle elle reposait partiellement. 

La gestion des travaux de soudage en hauteur était également déficiente par rapport à l’identification des dangers et à l’application de mesures préventives reliées à l’utilisation d’une plateforme de travail élévatrice. 

À la suite de la tragédie, la CNESST a exigé d’Ezeflow la mise en place de mesures nécessaires aux travaux de soudage sécuritaires qui impliquent les plateformes élévatrices, ce qui a été fait, précise la Commission. L’employeur a notamment dû établir des procédures de travail, fournir des attestations de sécurité, réaliser la formation des travailleurs et mettre en place des mesures de contrôle. 

«Suite à l’événement tragique et malheureux du 14 janvier, Ezeflow a rapidement mis en place les mesures correctives pour répondre aux demandes de la CNESST. On a revu l’ensemble de nos procédures et de nos façons de faire. Tout a été mis en place à la satisfaction de la CNESST», affirme Claude Bérard, vice-président aux ressources humaines, affaires juridiques et communications au sein de l’entreprise.

Ces mesures, précise M. Bérard, ont été mises en place rapidement à la suite de l’accident de travail. «Elles ont été prises en janvier, février, mars, et elles se sont continuées pour celles qui étaient plus complexes à mettre en place. On a répondu aux besoins manifestés par la commission dès le départ», assure-t-il. 

La CNESST a remis à Ezeflow un constat d’infraction. Le montant de l’amende peut varier entre 17 505 $ et 70 027 $ pour une première offense et il pourrait atteindre jusqu’à 350 136 $ en cas de récidive. La somme exacte ne peut pas être divulguée pour le moment puisque le processus pénal n’est pas encore terminé.

Prévention

Une série de mesures peuvent être mises en place pour prévenir des accidents lors de travaux qui nécessitent l’utilisation de plateformes élévatrices, rappelle la CNESST, notamment la planification des travaux, tenir compte des conditions et de l’environnement de travail ainsi que s’assurer qu’elles soient placées sur une surface solide et stable.  

À la suite de son investigation, la CNESST transmettra ses conclusions à différentes associations pour prévenir les usagers de tel équipement de travail. Le rapport sera également diffusé dans certains établissements de formation.