Edward Bruce Gendron (au centre), incarcéré depuis le 6 avril 1979, s’est éteint le 20 novembre dernier dans sa cellule. Il purgeait une peine d’une durée indéterminée pour un meurtre au deuxième degré commis une semaine plus tôt et élucidé par les policiers en moins de 24 heures.
Edward Bruce Gendron (au centre), incarcéré depuis le 6 avril 1979, s’est éteint le 20 novembre dernier dans sa cellule. Il purgeait une peine d’une durée indéterminée pour un meurtre au deuxième degré commis une semaine plus tôt et élucidé par les policiers en moins de 24 heures.

Décès d’un meurtrier après 40 ans derrière les barreaux

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Un septuagénaire détenu depuis plus de quarante ans est décédé vendredi dernier à la prison de Cowansville, a annoncé lundi Services Correctionnels du Canada. Edward Bruce Gendron, incarcéré depuis le 6 avril 1979, s’est éteint le 20 novembre dernier dans sa cellule.

L’homme âgé de 37 ans au moment de son incarcération purgeait une peine d'une durée indéterminée pour un meurtre au deuxième degré qui avait été élucidé par les policiers en moins de 24 heures à l’époque.

À la suite d’une bagarre survenue dans un logement de la rue de l’Épée, à Montréal, M. Gendron et son complice Guy Laplante avaient eu le temps de fuir les lieux avant l’arrivée des policiers. Des témoins avaient cependant aperçu les deux hommes faire entrer de force Daniel Roy, âgé de 24 ans, dans le coffre d’un véhicule de marque Mustang et lui faire des menaces de mort. La voiture a été retrouvée incendiée le lendemain sur la rue Saint-Joseph Est.

Malgré cela, les enquêteurs ont réussi à y trouver des traces de sang. Un appel anonyme a également mené les policiers au cadavre de la victime, qui «gisait dans une courbe désaffectée» du boulevard Gouin, nous apprend l’édition du 31 mars 1979 de La Presse. L’examen du corps avait démontré que M. Roy avait été frappé à la tête à plusieurs reprises avec un objet contondant s’étant avéré être un cric, si bien qu’il était «méconnaissable».

Au moment des faits, M. Gendron était en libération conditionnelle jusqu’au 21 février 1981.

Lors de son procès, l’accusé avait allégué avoir tenté de séparer M. Laplante de M. Roy et avoir fait entrer ce dernier dans le coffre pour l’amener faire un tour de voiture «pour rire». Il avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans par le juge Claude Bisson après qu’un jury l’ait reconnu coupable de meurtre au premier degré après huit heures de délibérations.

Trois ans plus tard, la Cour d’appel du Québec a toutefois renversé ce verdict pour un de meurtre au second degré, réduisant du même coup à 10 ans le temps à purger avant de pouvoir faire une demande de libération.

Procédure oblige, Services Correctionnels du Canada enquêtera sur les circonstances du décès. La police et le bureau du coroner seront aussi avisés des conclusions de l’enquête.