Dans l’après-midi du 13 avril 2018, Christian Garon a été happé par une voiture qui effectuait un virage à droite alors qu’il traversait le chemin Knowlton, à Lac-Brome.

Décès d’un Bromois en 2018: les piliers de pare-brise seraient en cause

L’épaisseur du pilier de pare-brise d’un véhicule pourrait expliquer pourquoi son conducteur n’a pas vu un piéton traverser la rue avant d’entreprendre son virage. C’est du moins la conclusion que tire le coroner Richard Drapeau au terme d’une enquête visant à faire la lumière sur le décès accidentel du Bromois Christian Garon.

Rappelons que dans l’après-midi du 13 avril 2018, M. Garon a été happé par une voiture qui effectuait un virage à droite alors qu’il traversait le chemin Knowlton, à Lac-Brome. Lors de l’accident, le véhicule, un Kia Soul, est passé sur la jambe de la victime qui se frappe la tête sur l’asphalte en tombant sur le sol.

D’abord transporté à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins de Cowansville pour y soigner une fracture multifragmentaire ouverte au tibia gauche et au péroné ainsi qu’un traumatisme cranio-cérébral sévère, le piéton de 63 ans a ensuite été transféré à l’hôpital de Fleurimont, à Sherbrooke, en raison de la gravité de ses blessures.

L’état du Bromois s’est par la suite détérioré et son décès neurologique a été constaté huit jours plus tard, le 21 avril 2018.

L’enquête menée par la Sûreté du Québec avait permis d’emblée d’écarter la cause criminelle.

Le rapport du coroner Drapeau confirme pour sa part que le décès de M. Garon, dû à un polytraumatisme, est accidentel.

Angle mort important

« Le conducteur du véhicule impliqué dans l’accident a vu M. Garon sur le trottoir, mais n’aurait jamais vu ce dernier s’engager dans la rue. Après avoir fait son arrêt obligatoire, le conducteur a fait avancer sa voiture et a heurté M. Garon », relate Me Drapeau dans son rapport récemment rendu public.

L’enquête du coroner amène celui-ci à conclure qu’une pièce bien spécifique du véhicule a pu obstruer la vue de l’automobiliste au moment de la collision.

« Au fil des années, les constructeurs de voitures ont construit des véhicules de plus en plus solides. Pour ce faire, ils ont renforci certaines parties des véhicules, dont les piliers de pare-brise. En se faisant, ils ont créé un angle mort de plus en plus important. Il est donc très difficile de voir un piéton qui se trouve à un certain endroit sur le côté avant d’un véhicule », relève le coroner dans son rapport, ajoutant que cet angle mort se meut avec le véhicule, et donc, peut continuer à cacher un piéton lui aussi en mouvement.

« Il faut donc être très vigilant lors d’un virage à une intersection », recommande le coroner. Selon lui, le conducteur doit s’assurer que rien n’est caché par le pilier de pare-brise avant d’entreprendre la manœuvre de virage.

Recommandations

Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, Richard Drapeau émet deux recommandations à la Société de l’assurance automobile du Québec.

Il suggère dans un premier temps de sensibiliser les conducteurs de véhicules routiers au danger créé par les piliers de pare-brise et à regarder derrière ceux-ci.

Il recommande ensuite d’insérer cette notion dans les cours de conduite afin d’instruire les futurs automobilistes à cet angle mort qu’il considère négligé dans la formation actuellement prodiguée.