Cette pièce en forme de fer à cheval qui se trouve à l’arrière du tracteur de manoeuvre est celle qui a écrasé mortellement le propriétaire de l’entreprise Les Services de mécanique Mécanitec de Granby, en juin dernier.

Décès du propriétaire de Mécanitec: deux causes identifiées par la CNESST

Deux causes ont été identifiées par les inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour expliquer le décès du propriétaire de l’entreprise Les Services de mécanique Mécanitec de Granby, en juin dernier, dans la cour des Aliments Ultima.

L’accident qui a coûté la vie à Mathieu Dupuis Fréchette s’est déroulé le jour de la Fête nationale alors qu’il s’affairait à réparer une fuite d’huile dans le circuit hydraulique d’un tracteur de manœuvre. Celui-ci est utilisé pour déplacer les semi-remorques dans la cour de l’entreprise. 

La première cause identifiée pour expliquer l’accident est la méthode qui a été utilisée pour accéder au système hydraulique de la sellette du tracteur de manœuvre. La méthode employée a exposé le propriétaire de l’entreprise à un danger d’écrasement, rapporte la CNESST. En fait, la victime était positionnée entre l’essieu et la sellette hydraulique. 

Le débranchement d’un boyau alimentant les vérins — des équipements qui permettent de lever ou descendre la sellette — du tracteur de manœuvre a entraîné la descente de la sellette sur le propriétaire, a expliqué Audrey-Ann Lambert, inspectrice à la CNESST, mercredi, lors du dévoilement des conclusions de l’enquête.

M. Dupuis Fréchette n’a pas survécu à l’accident. La victime, qui possédait une formation adéquate pour réaliser ce type de travaux, a été retrouvée le lendemain, écrasée par la charge, lors du retour au travail des employés. 

Les inspecteurs Audrey-Anne Lambert et Luc Lefebvre de la CNESST ont dévoilé les conclusions de leur enquête à la suite du décès d’un sous-traitant survenu dans la cour des Aliments Ultima.

Méthodes sécuritaires

Afin d’effectuer de façon sécuritaire cette opération, le propriétaire aurait dû se référer au guide du fabricant du tracteur de manœuvre. 

Celui-ci prévoyait une procédure pour atteindre les pièces à changer en toute sécurité, c’est-à-dire en retirant un grillage situé entre la cabine du tracteur et la sellette, explique Luc Lefebvre, inspecteur à la CNESST. Cet accès n’a pas été considéré par la victime.

Les travailleurs devraient également effectuer le travail en se tenant hors de la zone où il existe un risque d’écrasement pouvant être causé par la descente de l’appareil. Si le travail ne peut être réalisé dans de telles conditions, ils doivent s’assurer de contrôler l’énergie gravitationnelle pour empêcher la descente de l’appareil de levage, dans ce cas-ci la sellette, en utilisant un système de blocage adéquat ou un autre moyen sécuritaire.

Sensibilisation

Les conclusions de l’enquête menée par la CNESST seront transmises à l’Association des camionneurs artisans, à l’Association du camionnage du Québec ainsi qu’à l’Association des routiers professionnels du Québec pour informer leurs membres. 

Afin de sensibiliser les futurs travailleurs, le rapport sera également diffusé dans les établissements d’enseignement de formation offrant le programme Mécanique de véhicules hourds routiers et celui du Transport par camion.