Les trois générations ayant dirigé l’entreprise : Jean-Claude, Pierre et Pierre-Marc Paquette.
Les trois générations ayant dirigé l’entreprise : Jean-Claude, Pierre et Pierre-Marc Paquette.

Décès du fondateur de la Pépinière Abbotsford: «Il a eu une belle vie»

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Le bâtisseur qui a fondé la Pépinière Abbotsford en 1962, Jean-Claude Paquette, s’est éteint lundi à l’âge de 87 ans.

« Il a été un bon père et un homme qui aimait beaucoup s’occuper de ses clients et ses clientes. Il a toujours aimé travailler sur la qualité des produits », décrit son fils Pierre Paquette, en entrevue avec La Voix de l’Est.

Jean-Claude Paquette avait 29 ans quand il a acheté la pépinière H.C. Downham, qui s’étendait alors sur quatre hectares, et pour laquelle il travaillait comme vendeur sur la route. Il y a ensuite consacré plus de 50 ans de sa vie, se retirant des jardins à l’âge de 80 ans.

« Il a été entraîné par son père, mon grand-père Albert, à vendre des fruits — surtout des pommes et des fraises — au marché dans les années 1945-1950 », raconte son fils.

Aujourd’hui, une centaine d’employés s’activent sur les 65 hectares de terre afin de produire pas moins de 2000 variétés de plantes, sous la gouverne du petit-fils du fondateur, Pierre-Marc Paquette, qui a lui aussi succédé à son père.

« J’ai eu beaucoup de plaisir à côtoyer mon père durant toutes ces années. Même si ce n’est pas toujours facile de travailler avec nos parents, j’ai apprécié tous ces moments-là », affirme Pierre.


« Mon père, c’était avant tout un excellent vendeur, tout comme son père. Pas un vendeur à pression, comme un vendeur d’automobiles, mais il aimait vendre, bien vendre »
Jean-Claude Paquette

Il décrit son père comme un entrepreneur d’avant-garde qui « laissait de la corde » à son frère et lui afin qu’ils puissent développer leurs projets au sein de l’entreprise. Il a, à titre d’exemple, accepté avec entrain la proposition de ses fils de prendre part aux Floralies internationales de Montréal en 1980.

Jean-Claude Paquette a aussi été l’un des membres fondateurs de la bannière Botanix au début des années 80. En 2000, il est devenu la première personne en horticulture ornementale à recevoir la médaille d’or de l’ordre du mérite agricole et à être nommé commandeur de l’ordre avec la mention très grand mérite exceptionnel.

Bien que moins présent dans la gestion quotidienne des opérations dans les dernières années, c’est avec fierté qu’il a assisté aux développements de multiples projets — dont celui de serres — et à la passation des pouvoirs vers la troisième génération.

Pierre Paquette

Un vendeur hors pair

« Mon père, c’était avant tout un excellent vendeur, tout comme son père. Pas un vendeur à pression, comme un vendeur d’automobiles, mais il aimait vendre, bien vendre », décrit Pierre Paquette. Il aimait partir avec sa valise et aller rencontrer ses clients à travers le Québec.

« Quand il revenait, il était fier de nous montrer qu’il avait pris de bonnes commandes. Vendre, il aimait ça, c’était sa force, mais il tenait à ce que les clients soient bien servis », relate son fils.

Il a aussi voyagé à travers le monde avec sa conjointe et profité des plaisirs de la vie avec ses bons amis. « Il a eu une belle vie, autant personnelle que professionnelle », estime Pierre Paquette.

Le respect prenait une place importante dans ses échanges, autant avec ses nombreux clients et fournisseurs qu’avec ses employés. « C’était sa grande qualité et il nous l’a bien transmise », assure Pierre.

Son défi était de vendre toujours davantage que l’année précédente. « Il nous disait : “regarde l’année passée il a acheté pour 10 000 $ et cette année il a fait une commande pour 15 000 $”. Mais par contre, quand la facture de certains clients diminuait, on en entendait moins parler ! », raconte-t-il en riant.

« On va espérer que les filles de Pierre-Marc seront un jour à la tête de la pépinière, si elles aiment ça et qu’elles sont heureuses dans ce travail », lance-t-il.

Funérailles

La famille accueillera les personnes souhaitant offrir leurs sympathies mercredi prochain de 18 h à 21 h et jeudi de 12 h 30 à 14 h 40 au salon du Complexe funéraire Girardot & Ménard (470, rue Dufferin à Granby). Les funérailles seront célébrées jeudi à 15 h 30 à l’église de Saint-Paul-d’Abbotsford. L’inhumation aura lieu à une date ultérieure au cimetière abbotsfordien.

Masque obligatoire, distanciation physique et lavage des mains seront requis pour la sécurité de tous.

Les gens sont invités à remettre, en guise de sympathie, un don à la Fondation du Centre hospitalier de Granby (CHG) ou à la Fondation Au Diapason. Malade lors des dernières années, Jean-Claude a pu compter sur le personnel soignant du Centre d’hébergement Leclerc, pour qui son fils n’a que des éloges.

« Je suis allé souvent le voir et je lève mon chapeau à toutes les personnes qui travaillent là. Ils méritent beaucoup plus ces gens-là, autant au niveau du salaire que de la reconnaissance. Ce sont de belles personnes », croit Pierre Paquette.