Carmen Campagne

Décès de l’idole des enfants Carmen Campagne

Carmen Campagne, l’idole de plusieurs générations d’enfants, s’est éteinte jeudi matin à la suite d’un cancer. Elle n’avait que 58 ans. La chanteuse de Un bon chocolat chaud aura occupé une place de choix dans le cœur des plus petits de partout au Canada, mais également en Europe.

Bien qu’ils l’aient perdu de vu dans les dernières années, Pierre Gravel et Luc Quintal, de l’agence PGI internationale établie à Granby, ont bien connu l’artiste originaire de Willow Bunch en Saskatchewan puisqu’ils étaient aux premières loges lors de ses années de succès. Succès qu’ils ont contribué à forger puisqu’ils se sont occupés de sa carrière comme impresarios pendant une quinzaine d’années.

Les deux impresarios Luc Quintal et Pierre Gravel ont côtoyé la chanteuse durant toutes ses années de gloire.

« Moi je l’ai vraiment découvert dans la rue en avant d'ici ; quand elle chantait, tout jammait ! », raconte le président de PGI, Pierre Gravel, qui œuvre dans le domaine depuis un bon demi-siècle.

« J’organise chaque année à l’Halloween une remise de bonbons. Il y a eu une année où on faisait jouer de la musique et où il y avait des milliers d’enfants. On avait fait jouer Carmen Campagne et cette mer d’enfants s’arrêtait et écoutait le temps de la chanson. Quand c’était un autre artiste, ça recommençait à bouger. Ce soir-là, j’avais fait exprès pour la remettre plusieurs fois et à chaque fois les enfants s’arrêtaient pour écouter. »

Dès le lendemain, ne faisant ni une ni deux, M. Gravel et son acolyte Luc Quintal, qui œuvre comme agent pour le marché francophone, lance un coup de fil au gérant de Carmen Campagne, Jean Fortier, qui était également son mari.

« On l’a appelé et on lui a dit de venir pour lui dire ce qu’on pouvait faire pour sa carrière. Les disques se vendaient déjà, on l’a signé comme le succès s’en venait », se rappelle Pierre Gravel.

Au Québec et dans le Canada francophone, c’est surtout le disque La vache en Alaska qui l’a fait connaître, en 1995, au grand public des petits et à leurs parents par la force des choses.

« On savait qu’il y avait quelque chose qui se passait, mais on pouvait pas deviner que le petit bout de chou était tombé en amour avec », lance Pierre Gravel.

« C’était une artiste qui avait une très belle voix et qui était aussi une jolie femme. Elle a connu un succès monstre, elle a été pendant des années à se promener de Vancouver à Halifax, d’aréna en aréna en passant par les écoles et les festivals, elle a connu plusieurs grosses années de tournées », se souvient Luc Quintal.

Ce dernier estime que ses vidéoclips ont contribué en bonne partie à son succès.

« Ç’a été la magie du clip véritablement. La chanson La petite vache, les enfants ont accroché pas uniquement sur la chanson, mais sur le symbole de la ferme, de la vache et tout le visuel qui était bien fait pour l’époque », estime l’impresario Luc Quintal.

Années difficiles
Comme bien des Canadiens, Pierre Gravel a eu toute une surprise lorsqu’il a appris le décès de son ancienne protégée jeudi matin. Après sa décennie de succès, Carmen Camapagne avait connu une période plus difficile sur le plan personnel qui l’avait ramené vers sa terre saskatoise d’origine avant de faire un retour au Québec. Même si la dernière collaboration entre l’artiste et l’agence PGI date de février 2015, ce dernier garde d’excellents souvenirs de la chanteuse pour enfant.

« C’était une femme très fiable, aimable, travaillante, qui était dévouée avec les enfants », explique le président de l’agence.

Son complice ajoute : « Elle a bien joué son rôle, si on peut appeler ça un rôle, parce qu’à un moment donné je pense que c’était naturel. Elle passait beaucoup plus de temps après le spectacle à rencontrer le public que sur scène. »