Michaël Jacques est accusé d'avoir voulu s'en prendre à une joggeuse dans un but sexuel à Bromont.

Début du procès pour une tentative d'enlèvement à Bromont

« Toi, tu viens avec moi. » C'est avec ses mots que Michaël Jacques aurait agrippé le bras d'une joggeuse, le soir du 13 mai 2015, sur la piste cyclable près du bureau d'accueil touristique de Bromont.
Selon la police, l'agression était dans un but sexuel. La jeune femme de 24 ans a toutefois réussi à se déprendre, à noter la plaque d'immatriculation de son assaillant allégué et à trouver refuge dans un commerce.
Pendant ce temps, M. Jacques est retourné chez lui, rue Laviolette, pour se raser la tête et la barbe. À l'arrivée des policiers, 20 minutes après l'infraction alléguée, il s'est rendu.
« Je m'excuse, j'ai fait une gaffe », aurait alors dit l'accusé. L'agent Alexandre Ménard, de la police de Bromont, a relaté ces propos au premier jour du procès de l'homme de 37 ans, mercredi. « Il semblait nerveux, regardait pas mal partout et voulait parler à un policier. »
M. Jacques a été arrêté sans heurt puis interrogé au poste de la sûreté municipale. Il aurait dit : « je voulais pas lui faire mal, je voulais juste jaser », a souligné l'agent Ménard. 
« Désolé de ma gaffe, j'aurais dû me prendre autrement », aurait-il aussi dit selon le témoignage du sergent de relève Mathieu Lacroix. « J'aurais dû aller au bar à la place. Je ne lui ai pas fait mal. »
Dépression
L'accusé s'est étonné d'apprendre qu'il serait accusé de tentative d'enlèvement et de voies de fait. « Vous y allez fort », a été sa réaction.
Il a mentionné avoir déjà eu affaire avec la police pour une tentative de suicide, être dépressif et prendre des médicaments à cet effet. Il devait justement revoir son médecin pour en ajuster la dose.
Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, Michaël Jacques ne connaissait pas la présumée victime. Ironie du sort, elle était l'amie de coeur d'un policier de Bromont en devoir ce soir-là.
La poursuite est représentée par Me Valérie Simard-Croteau, tandis que Me Geneviève Cardin est responsable de la défense. La cause doit revenir devant la cour en février devant la juge Julie Beauchesne. À ce moment, les parties débattront de la possibilité d'accepter ou non en preuve le témoignage vidéo livré par l'accusé au moment de son arrestation.
M. Jacques, qui a plaidé non coupable, a déjà fait l'objet d'une accusation de possession de drogue en 2014, pour laquelle il été acquitté.