Francis Yergeau, que l’on voit ici lors de sa première comparution, aurait admis sa participation aux meurtres lors de son interrogatoire policier en 2016.

Début du procès pour double meurtre: Francis Yergeau est passé aux aveux

Un homme d’Acton Vale accusé d’avoir participé à un double meurtre commis en 2015 a admis sa culpabilité lors de son interrogatoire policier, un an plus tard.

Me Sandra Bilodeau, procureur aux poursuites criminelles et pénales, a fait cette révélation lors de son exposé d’ouverture, mardi, au procès de Francis Yergeau, 39 ans.

Cette déclaration ne fait toutefois pas preuve, a précisé le juge de la Cour supérieure Daniel Royer aux 12 membres du jury. Le magistrat a aussi rappelé que M. Yergeau, qui a plaidé non coupable, bénéficie de la présomption d’innocence.

L’ex-employé d’une carrière est accusé d’avoir, avec un complice, mis fin aux jours de la Granbyenne Nancy Beaulieu et de Martin Bélair, qui étaient respectivement gérante et propriétaire d’un bar de danseuses nues à Saint-Hyacinthe.

Le mobile du crime reste pour l’instant nébuleux, mais tout indique qu’une transaction de plusieurs kilos de cocaïne est au cœur de l’énigme.

Complice allégué

Deux des quatre témoins appelés à la barre ont relaté que Martin Bélair préparait quelque chose de cet ordre avec le complice allégué de M. Yergeau.

Cet homme, qu’une ordonnance de non-publication interdit d’identifier, doit éventuellement lui aussi subir un procès pour double meurtre prémédité.

On a d’ailleurs parlé davantage de lui que de M. Yergeau au premier jour du procès, mardi. Dans une vidéo de surveillance du bar le Cabaret Flamingo datant du lendemain du crime, soit le 7 janvier 2015, on le voit parler avec un portier de façon nerveuse et préoccupée.

Les victimes, Nancy Beaulieu et Martin Bélair, étaient respectivement gérante­ et propriétaire du bar de danseuses nues le Cabaret Flamingo de Saint-­Hyacinthe.

Quant à Francis Yergeau, les témoins l’ont décrit comme un client assidu de l’endroit, tout comme le coaccusé, mais beaucoup plus discret et subordonné à son camarade.

« Si [le coaccusé] lui disait de sauter, Francis demandait à quelle hauteur », a imagé Jean-Frédéric Martin, disc-jockey du Cabaret Flamingo.

C’était aussi M. Yergeau qui allait quérir des billets de banque dans l’auto de son complice allégué afin que ce dernier règle les frais des consommations qu’ils prenaient au bar, dont des bouteilles de cognac à 500 $ pièce.

Tués par balle

Au lendemain du crime, son coaccusé déclarait à la sœur de Nancy Beaulieu que cette dernière était « comme une sœur » pour lui et que s’il pouvait faire quelque chose pour elle « il le ferait ».

Deux jours plus tard, les corps de Nancy Beaulieu et de Martin Bélair, qui formaient un couple, étaient retrouvés enveloppés d’un drap et ficelés dans la boîte du camion appartenant à M. Bélair. Le véhicule était abandonné dans un stationnement du parc industriel de Mascouche, dans Lanaudière.

Ils ont été tués par balle, a dit Me Bilodeau. « Pourquoi ont-ils été victimes d’un meurtre aussi injuste ? C’est ce que la preuve révèlera. »

La procureure a ajouté qu’un objet retrouvé « a fourni une piste d’enquête » et que des images ont permis de « relier l’accusé et [le complice allégué] aux meurtres ».

Le procès de Francis Yergeau se poursuit mercredi au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Me Pierre Goulet accompagne Me Bilodeau tandis que l’accusé est représenté par Me Mathieu Rondeau-Poissant et Me Rodrigue Beauchesne.

En tout, une quinzaine de témoins doivent être entendus et cinq semaines ont été réservées pour cette cause.