Élysa Boucher, Sébastien Désilets, Natalie Préfontaine et Robert Cabana dénoncent la coupe d’arbres illégale réalisée dans la bande de protection boisée qui devait demeurer en place à l’arrière de leur terrain, selon un PIIA.
Élysa Boucher, Sébastien Désilets, Natalie Préfontaine et Robert Cabana dénoncent la coupe d’arbres illégale réalisée dans la bande de protection boisée qui devait demeurer en place à l’arrière de leur terrain, selon un PIIA.

Déboisement rue de Versailles: «C’est un saccage!»

Des citoyens de la rue de Versailles à Granby sont choqués par l’ampleur du déboisement illégal réalisé le mois dernier par le promoteur Michel Duchesneau dans la bande de protection prévue à l’arrière de leur terrain. Ils demandent maintenant que les lieux soient remis en état.

« On n’est pas contre le développement et le fait d’avoir des voisins, mais est-ce que ça peut se faire dans le respect de la réglementation et des ententes qui sont survenues ?» demande Sébastien Désilets.

Celui-ci et son voisin, Robert Cabana, sont directement affectés par les travaux réalisés par le promoteur dans le prolongement de la rue de Verchères sans avoir les autorisations nécessaires et pour lesquels la Ville de Granby a entrepris des recours juridiques.

La bande boisée de 6 à 20 mètres qui devait demeurer en place à l’arrière de leur terrain dans le cadre d’un Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) adopté en 2016 a été rasée. Pour l’instant, seuls leurs terrains sont touchés.

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Aux yeux de Robert Cabana, ce qui était jusqu’à il y a récemment une forêt à l’arrière de son terrain est aujourd’hui une «zone sinistrée». «C’est un saccage», lance sa conjointe, Natalie Préfontaine.

Bien qu’il ait reconnu avoir lancé ses travaux trop tôt, le promoteur a affirmé la semaine dernière à La Voix de l’Est se trouver dans « une impasse », alors qu’il est impossible, selon lui, de préserver la bande boisée de six mètres de cinq terrains.

Ces travaux de déboisement sont nécessaires pour aménager une ligne électrique, a-t-il fait valoir. Il dit aussi prioriser pour des raisons esthétiques l’aménagement de la ligne électrique en arrière-lot, plutôt que dans la rue.

« Pourquoi s’entêter à mettre les poteaux électriques en arrière-lot et à couper dans la bande de protection ? Pour moi, ça ne fait aucun sens », laisse tomber la conjointe de Sébastien Désilets, Élysa Boucher.

« La bande de protection au bout de notre terrain est devenue un chemin carrossable pour planter des poteaux d’Hydro-Québec », ajoute-t-elle avec dépit.

Remis en état

Robert Cabana ne comprend pas que le promoteur, ex-maire de la Ville de Granby de 1993 à 2000, ait pu poser un tel geste de façon délibérée. « En étant maire, même si ça fait 10 ou 20 ans, tu te tiens au courant de ce qu’il se passe. Et surtout si tu veux te représenter [en politique] », dit-il.

« C’est écrit noir sur blanc dans le PIIA qu’il faut maintenir un couvert boisé dans la cour arrière en assurant son intégrité sur 6 à 20 mètres du fond de la cour arrière, le tout en fonction de la profondeur du terrain » », renchérit Sébastien Désilets.

La Ville de Granby a évalué que 110 arbres ont été coupés dans la bande de protection, mais ce nombre est plus élevé, assurent les quatre citoyens, alors que des souches ont été retirées.

M. Désilets et ses voisins souhaitent que la Ville de Granby exige que les lieux soient remis en état. La présence de roc sur le terrain ne facilite pas la tâche, mais rien n’est impossible, disent-ils.

« On demande que ça soit remis en condition et qu’il [le promoteur] trouve une solution pour la ligne d’Hydro », dit Sébastien Désilets. « Un exemple doit être donné. Il devrait couper sur ses propres terrains pour la ligne électrique », ajoute Natalie Préfontaine.

« Il rit de nous »

L’annonce récente de Michel Duchesneau de son intention de briguer à nouveau la mairie en 2021 fait d’ailleurs réagir les quatre citoyens. « Il rit de nous autres », laisse tomber Mme Préfontaine.

« Avec ce qu’il nous a démontré, on n’est pas emballés par sa candidature », glisse Élysa Boucher.

Sébastien Désilets se fait aussi critique. « J’espère que les gens de Granby se souviennent de ce qu’il a fait. Oui, il a effacé la dette, mais ça a laissé des traces longtemps », dit-il.

Les deux couples affirment que la Ville de Granby a tardé à réagir lorsqu’ils l’ont avisée des travaux en cours, qui s’inscrivent dans le cadre du développement des Jardins Quévillon. Mais ils disent trouver « encourageantes » les démarches qui ont été entreprises à l’endroit de Michel Duchesneau et son entreprise, Jonesco, la semaine dernière.

Les élus ont résolu de s’adresser à la Cour du Québec afin que soit révoquée l’autorisation qui a été donnée au promoteur en 2019 par le conseil municipal dans le cadre du Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA).